Chapitre 10 Les stratgies de dveloppement ECE 1

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Chapitre 10 Les stratégies de développement ECE 1 Camille Vernet N. Danglade 2017 -2018

Chapitre 10 Les stratégies de développement ECE 1 Camille Vernet N. Danglade 2017 -2018

1. Comment combler les écarts de développement économique ? Le débat théorique des années

1. Comment combler les écarts de développement économique ? Le débat théorique des années 1950/60 1. 1 Le sous-développement : un retard dans les étapes du développement économique 1. 2 La critique du modèle de Rostow et l’émergence de l’économie du développement

1. 1 Les étapes du développement économique : le modèle de Rostow • W.

1. 1 Les étapes du développement économique : le modèle de Rostow • W. W. Rostow (conseiller de Kennedy) Les étapes de la croissance, un manifeste non communiste (1960) Il existe une succession d’étapes par lesquelles toute société passe au cours de son développement

Quatrième étape : marche vers la maturité, société de consommation de masse et de

Quatrième étape : marche vers la maturité, société de consommation de masse et de PT Troisième étape : take off (croissance) permis par la hausse de l’épargne et de l’investissement Seconde étape : transformations = transition démographique, révolution commerciale, des transports et des mentalités (rupture avec le fatalisme) Première étape : société traditionnelle dominée par l’agriculture

W. W. Rostow : • Il existe un chemin « unique » du développement

W. W. Rostow : • Il existe un chemin « unique » du développement qui est celui connu par les pays occidentaux • Les pays non développés sont en retard dans la progression le long de ce chemin • Pour se développer, ils devront passer par les mêmes étapes (transformations) que les pays développés • Être développé, c’est suivre la voie des pays occidentaux

1. 2 La critique du modèle de Rostow et l’émergence de l’économie du développement

1. 2 La critique du modèle de Rostow et l’émergence de l’économie du développement • Contre l’idée de retard de développement / de chemin unique • Le sous-développement des économies est une situation spécifique qui n’a rien avoir avec un retard dans les étapes du développement • Conséquence : imaginer des stratégies de développement spécifiques à la situation de ces économies • Quelles sont les particularités et quelles stratégies spécifiques mettre en œuvre ?

1. 2. 2 Les PED ont des structures économiques spécifiques qui sont un obstacle

1. 2. 2 Les PED ont des structures économiques spécifiques qui sont un obstacle à leur développement

Ragnar Nurske (1953) • Il existe un cercle vicieux de la pauvreté et du

Ragnar Nurske (1953) • Il existe un cercle vicieux de la pauvreté et du sous développement • Pauvreté = faiblesse revenus = faiblesse demande = faiblesse investissement et productivité = faiblesse revenu = pauvreté … « Les pays pauvres sont pauvres parce qu’ils sont pauvres »

Paul Rosenstein-Rodan (1943) L’absence d’infrastructure publique (transport, éducation, santé) accentue le cercle vicieux de

Paul Rosenstein-Rodan (1943) L’absence d’infrastructure publique (transport, éducation, santé) accentue le cercle vicieux de la pauvreté

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir des modèles de croissance « équilibrée » :

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir des modèles de croissance « équilibrée » : • Le développement équilibré suppose des investissements en priorité en direction des industries légères et des industries de biens de consommation = des biens directement consommés par les ménages • Agir sur les secteurs de production en lien direct avec la demande des ménages

François Perroux • Les pays sous-développés souffrent d’une désarticulation de leur économie = le

François Perroux • Les pays sous-développés souffrent d’une désarticulation de leur économie = le dualisme • Le secteur moderne (lié aux exportations) n’entraîne pas le reste de l’économie (secteur rural / secteur traditionnel) • « Le sous-développement n’est pas un phénomène conjoncturel, ni un retard, mais un phénomène structurel » (1955)

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir des modèles de croissance déséquilibrée : • Concentrer

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir des modèles de croissance déséquilibrée : • Concentrer les efforts d’investissement sur un nombre restreint de branches industrielles, choisies parmi celles qui sont susceptibles d’avoir des effets d’entraînement • Les industries en amont du processus productif vont tirées celles situées en aval : action en priorité sur les biens d’équipements ou l’industrie lourde qui vont entraîner les secteurs de consommation courante = stratégies des « industries industrialisantes » (G. Destanne de Bernis)

Sortir d’une structure économique qui bloque le développement Sortir du cercle vicieux de la

Sortir d’une structure économique qui bloque le développement Sortir du cercle vicieux de la pauvreté Stratégie de croissance « équilibrée » : les investissements sont orientés vers les secteurs en lien avec la demande des ménages Sortir du dualisme Stratégie de croissance « déséquilibréé » : les investissements sont orientés vers les secteurs à effet d’entraînement situés en amont Stratégie « Industries industrialisantes »

 1. 2. 3 Les économies sous-développées sont des économies dominées Commission économique pour

1. 2. 3 Les économies sous-développées sont des économies dominées Commission économique pour l’Amérique latine des Nations unies (CEPAL) • Les relations entre pays riches (centre) et pays pauvres (périphérie) = à l’origine du sous -développement • Division internationale du travail qui se fait au détriment des pays de la périphérie car ils se spécialisent dans des productions où le PT est faible (produits primaires) : quelle conséquence ?

 • Des spécialisations dans des produits primaires dont les prix ont tendance à

• Des spécialisations dans des produits primaires dont les prix ont tendance à baisser sur le marché mondial • Ces pays sont victimes d’une détérioration des termes de l’échange : le prix des exportations croît moins vite que celui des importations = thèse Prebish-Singer • Conséquence, il faut exporter des quantités toujours plus importantes pour maintenir l’équilibre de la balance des paiements • Le sous développement n’est pas un retard mais le résultat d’un échange qui renforce l’écart entre les pays riches et pauvres

Insertion dans le commerce mondial Spécialisation produits primaires Détérioration des termes de l’échange :

Insertion dans le commerce mondial Spécialisation produits primaires Détérioration des termes de l’échange : thèse Prebish-Singer Il faut exporter des quantités toujours plus grandes pour compenser l’écart en valeur des importations et des exportations Sortir de cette situation ? Développer l’industrie pour changer la spécialisation et réduire les besoins en importations (exporter des biens qui ne connaissent pas la DTE et moins importer)

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir l’industrialisation par substitution des importations (ISI) : •

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir l’industrialisation par substitution des importations (ISI) : • remplacer des biens importés par des biens produits localement pour diminuer la dépendance; • diversifier l’appareil productif par étapes en remontant la filière de production. La séquence se décompose théoriquement en 4 étapes : - biens de consommation simples : textile … - biens intermédiaires : chimie, acier … - biens d’équipement : imprimerie, construction électrique … - biens de consommation durables

Les théories marxistes de la domination : • Lénine, dans L’Impérialisme, stade suprême du

Les théories marxistes de la domination : • Lénine, dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme en 1916 • Néocolonialisme des pays avancés qui explique « le développement du sous-développement » (André Gunder Frank) • Samir Amin: le Nord exploite le Sud comme les capitalistes exploitent les travailleurs. • Arghiri Emmanuel (L’échange inégal, 1969) : le sous développement n’est pas un retard mais le résultat d’un échange inégal (écart de contenu en VA)

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir un modèle de développement autocentré : • La

Quelle stratégie de développement ? Promouvoir un modèle de développement autocentré : • La mise en œuvre d’un modèle de développement « cohérent, autonome » et autocentré n’est possible qu’au moyen d’une rupture avec le marché mondial. • C’est le thème de la déconnexion développé par Samir Amin.

 « Économie du développement » Un ensemble de réponses théoriques au sousdéveloppement qui

« Économie du développement » Un ensemble de réponses théoriques au sousdéveloppement qui s’appuie sur la mise en avant d’une spécificité de la situation des pays sous-développés = critique du sous-développement comme retard (Rostow) La structure des pays sousdéveloppés empêche leur décollage économique Dualisme Cercle vicieux de la pauvreté L’échange international avec les pays développés est un frein au développement Détérioration des termes de l’échange Stratégie de Modifier la spécialisation et Stratégie de croissance remplacer les importations croissance déséquilibrée : équilibrée par une production locale « Industries industrialisantes » Stratégie d’ISI Echange inégal Le développement ne peut se faire dans le cadre du capitalisme mondialisé Développement autocentré

Un point commun à toutes ces stratégies de développement : rôle de l’Etat •

Un point commun à toutes ces stratégies de développement : rôle de l’Etat • Etat interventionniste = politique industrielle « verticale » • Etat protectionniste = faciliter le développement des industries locales ou permettre le développement autocentré

2. Des exemples de politiques de développement des années 1950 au début des années

2. Des exemples de politiques de développement des années 1950 au début des années 1980 2. 1 Les stratégies de développement autocentré 2. 2 Les stratégies fondées sur les industrialisantes 2. 3 Les stratégies de développement extraverti

2. 1 Les stratégies de développement autocentré 2. 1. 1 L’industrialisation par substitution des

2. 1 Les stratégies de développement autocentré 2. 1. 1 L’industrialisation par substitution des importations : l’exemple du Brésil (1930 -1960)

2. 1. 1 L’industrialisation par substitution des importations : l’exemple du Brésil • Jusque

2. 1. 1 L’industrialisation par substitution des importations : l’exemple du Brésil • Jusque dans les années 1930 : exportateur de produits primaires, notamment café Conséquence de la crise de 1929 : effondrement des cours = baisse des recettes d’exportation = baisse entrée de devises = baisse capacité à importer • Mise en place d’une stratégie d’ISI: Années 1940 = industrie légère Années 1950 = industrie lourde + biens d’équipement + biens durables Politique industrielle verticale : l’Etat fixe les grandes orientations (planification), création d’entreprises publiques (Petrobas), création de la Banque nationale de développement économique (1952), financement des infrastructures Exemple programme « 50 ans d’industrialisation en 5 ans » Gvt Kubitschek (1955 -1961)

Stimule la croissance économique mais limites de cette stratégie d’ISI • Déséquilibre « externe

Stimule la croissance économique mais limites de cette stratégie d’ISI • Déséquilibre « externe » : pour développer l’industrie de biens d’équipement et l’industrie lourde = des technologies et un capital humain absents au Brésil = importations de biens d’équipement = détérioration croissante de la balance commerciale • Déséquilibre « interne » : les secteurs qui se développent n’entraîne pas les autres = la grande majorité de la population ne s’enrichie pas

2. 1. 2 Les stratégies fondées sur les « industries industrialisantes » : l’exemple

2. 1. 2 Les stratégies fondées sur les « industries industrialisantes » : l’exemple de l’Algérie • Mise en place d’une politique industrielle verticale sous influence soviétique même si le modèle des « industries industrialisantes » est élaboré par G. Destanne de Bernis (l'Institut de Recherche Economique et de Planification de Grenoble) • Objectif : Stimuler l’activité industrielle en amont des filières de production • Recher des effets d’entraînement pour stimuler la production de biens de consommation et l’agriculture • En Algérie, la priorité = secteurs hydrocarbure et sidérurgie

2. 1. 2 Les stratégies fondées sur les « industries industrialisantes » : l’exemple

2. 1. 2 Les stratégies fondées sur les « industries industrialisantes » : l’exemple de l’Algérie • Mise en place d’une politique industrielle verticale sous influence soviétique : - Planification (7 ans) ; - création de la Société nationale de transport et de commercialisation des hydrocarbures Sonatrach (1963) ; - création de la Société nationale de sidérurgie (SNS) ; nationalisation des richesses minières en 1966; - nationalisation (1971) des participations françaises dans la production d'hydrocarbures qui passent sous le contrôle de l'Etat algérien à concurrence de 51% pour le pétrole et 100% pour le gaz

Cette stratégie stimule la croissance mais des limites : • L’effet d’entraînement n’a pas

Cette stratégie stimule la croissance mais des limites : • L’effet d’entraînement n’a pas lieu + sous-développement de l’agriculture = importations = déficit croissant de la balance commerciale • L’absence de coordination par le marché = certains secteurs sont sur-dimensionnés (stocks d’invendus et sous-utilisation des moyens de production) tandis que d’autres restent sousdéveloppés (agriculture) • La majorité de la population reste pauvre

 • Point commun à la stratégie brésilienne (ISI) et algérienne (II) : un

• Point commun à la stratégie brésilienne (ISI) et algérienne (II) : un déficit croissant du commerce extérieur • Une économie en besoin de financement = la dépense interne dépend de la capacité à être financé par capitaux étrangers • Lorsque ce financement n’est plus possible = crise = années 1980 : crise de la dette des PVD • 1980: période de remise en cause de ces stratégies

Influence des théories de l’économie du développement Stratégie de développement autocentrée Développer l’industrie pour

Influence des théories de l’économie du développement Stratégie de développement autocentrée Développer l’industrie pour satisfaire la demande domestique Soutenir des secteurs industriels qui remplacent les importations Soutenir des secteurs industriels qui entraînent le reste de l’économie Stratégie d’industrialisation par substitution des importations : Brésil 1940/1980 Stratégie d’industries industrialisantes Algérie depuis 1960

 • D’autres stratégies de développement que celles influencée par les théories de l’économie

• D’autres stratégies de développement que celles influencée par les théories de l’économie du développement ?

2. 2 Les stratégies de développement extraverti 2. 2. 1 Sur quels avantages comparatifs

2. 2 Les stratégies de développement extraverti 2. 2. 1 Sur quels avantages comparatifs faire reposer l’insertion dans les échanges internationaux ? • Ressources naturelles : promotion des produits primaires • Substitutions des exportations : passer des produits primaires à de nouvelles spécialisations (produits manufacturés)

2. 2. 2 Les risques d’une mono-spécialisation dans les matières premières Premier risque :

2. 2. 2 Les risques d’une mono-spécialisation dans les matières premières Premier risque : La détérioration des termes de l’échange Seconde risque : La maladie hollandaise ? • La mono-spécialisation dans un produit primaire = exportation • Balance commerciale excédentaire = appréciation de la devise • Favorise les importations de produits manufacturés • Empêche le développement industries locales • Ceux qui détiennent les ressources naturelles s’enrichissent, les autres s’appauvrissent • Exemple le Nigeria : au cours de la décennie 1974 -1981, les exportations non pétrolières du Nigéria ont chuté en termes nominaux de près de 90%,

Exportation d’un produit primaire Si produit primaire dont prix mondial augmente (pétrole par exemple)

Exportation d’un produit primaire Si produit primaire dont prix mondial augmente (pétrole par exemple) = hausse recettes exportations Appréciation devise Baisse coût relatif des importations Désavantage les industries manufacturières locales qui ne se développent pas

Les dangers d’une mono-spécialisation en matière première Si détérioration des termes de l’échange (ex:

Les dangers d’une mono-spécialisation en matière première Si détérioration des termes de l’échange (ex: baisse prix du café) Si maladie hollandaise Appauvrissement Disparition des autres industries

2. 2. 3 Substitution des exportations et remontée de filière : le Japon et

2. 2. 3 Substitution des exportations et remontée de filière : le Japon et les dragons asiatiques Le cas du Japon : • Première étape : une économie relativement fermée aux importations / développement du marché intérieur qui s’appuie sur une classe moyenne importantes (inégalités faibles) = développement autocentré • Lien Etat / Kereitsu • Conglomérats rassemblant des firmes industrielles, des maisons de commerce et des banques / marchés oligopolistiques • Seconde étape : développement des exportations et des IDE japonais

Le cas de la Corée du Sud : • Lien Etat / les Chaebols

Le cas de la Corée du Sud : • Lien Etat / les Chaebols (équivalent coréen des Kereitsu) • Planification et politique industrielle verticale • Soutien aux exportations pour renforcer la compétitivité-prix : subvention, aide fiscale, sousévaluation de la monnaie • Remonté de filière • Rapprochement de la frontière technologique : R&D et innovation

Les trois autres dragons: Taiwan, Singapour, Hong Kong • rôle déterminant des exportations car

Les trois autres dragons: Taiwan, Singapour, Hong Kong • rôle déterminant des exportations car marché intérieur de petite taille • rôle des PME et de la diaspora chinoise

Modèle du « vol d’oies sauvages » (Kaname Akamatsu) • Décrit la montée en

Modèle du « vol d’oies sauvages » (Kaname Akamatsu) • Décrit la montée en gamme de la production d’une économie sous-développée à travers l’exploitation et la transformation de ses avantages comparatifs, qui permet une transition entre des activités intensives en main d’oeuvre vers des activités plus intensives en capital • Ce modèle suggère que des mouvements d’intégration régionale ou mondiale peuvent déboucher sur des dynamiques de rattrapage rapide = la participation aux échanges permet le développement

Comparaison réussites et échecs de développement Etat interventionniste Frein au Brésil, Positif au Japon,

Comparaison réussites et échecs de développement Etat interventionniste Frein au Brésil, Positif au Japon, Corée Algérie Promotion du marché intérieur (développement autocentré) Rôle de l’insertion dans le commerce mondial Mono. Dualisme, Consommation exportation et importation et de masse : maladie Japon, Corée pauvreté: Brésil, Algérie (dans premier hollandaise : Nigéria temps) (échec relatif des stratégies d’ISI et II) Réussite de remontée de filière : Japon, Corée

Comparaison réussites et échecs de développement Etat interventionniste Frein au Brésil, Positif au Japon,

Comparaison réussites et échecs de développement Etat interventionniste Frein au Brésil, Positif au Japon, Corée Algérie Promotion du marché intérieur (développement autocentré) Rôle de l’insertion dans le commerce mondial Mono. Dualisme, Consommation exportation et importation et de masse : maladie Japon, Corée pauvreté: Brésil, Algérie (dans premier hollandaise : Nigéria temps) (échec relatif des stratégies d’ISI et II) Réussite de remontée de filière : Japon, Corée Réussite de certains late comers (Gershenkron) est une combinaison : • Etat interventionniste • Une première étape marquée par l’essor du marché intérieur (à l’abri de la concurrence étrangère = protectionnisme) • Une seconde étape marquée par l’essor des exportations et des IDE

S’il y a des exemples de réussite de late comers, est-ce que : •

S’il y a des exemples de réussite de late comers, est-ce que : • L’Etat interventionniste est toujours un atout ? • Le développement autocentré autour d’un grand marché intérieur est toujours une bonne stratégie ? • Est-ce que l’insertion dans le commerce mondial est toujours une bonne stratégie ? • Diversité de ces expériences de développement : impossible de mettre à jour un modèle unique de développement

3. Le années 1980 : une rupture dans les stratégies de développement 3. 1

3. Le années 1980 : une rupture dans les stratégies de développement 3. 1 Le consensus de Washington : des recommandations diamétralement opposées aux modèles des années 1950/1980 3. 2 Les expériences peu concluantes des plans d’ajustements structurels 3. 2. 1 Les conséquences de la libéralisation des mouvements de capitaux : la multiplication des sudden stop 3. 2. 2 Les coûts économiques et sociaux des PAS

3. 1 Le consensus de Washington : des recommandations diamétralement opposées aux modèles des

3. 1 Le consensus de Washington : des recommandations diamétralement opposées aux modèles des années 1950/1980 • Fin des années 1970 : constat d’échec des politiques d’II (ex: Algérie) et de ISI (ex: Brésil) - Dualisme économique perdure - Pauvreté d’une grande majorité de la population - Problème démocratique - Déclenchement crise de la balance des paiements

 • Point de départ de l’analyse qui va forger le Consensus de Washington

• Point de départ de l’analyse qui va forger le Consensus de Washington Effets pervers Stratégie autocentrée : protéger des unités de production surdimensionnées et non compétitives Priorité donnée à l’industrie : sacrifier l’agriculture Interventionnisme public : entretenir les comportements rentiers (collusion Etat/entreprises) et la corruption

Mise en œuvre du Consensus de Washington • Crise de la balance des paiements

Mise en œuvre du Consensus de Washington • Crise de la balance des paiements = les PVD font appel au FMI et à la BM pour assurer un financement extérieur • La contrepartie de cette aide = mise en œuvre de politique d’ajustement structurel (PAS) • 3 axes : - Libéralisation interne des marchés - Libéralisation externe des marchés - Lutte contre les déséquilibres macro

 • • - Libéralisation interne des marchés : Libéralisation du système financier Privatisation

• • - Libéralisation interne des marchés : Libéralisation du système financier Privatisation des entreprises publiques Déréglementation des marchés Libéralisation externe des marchés : Ouverture commerce international Ouverture IDE (mouvements de capitaux)

 • Stabilisation macroéconomique - Réforme intervention Etat (réorienter les dépenses en capital public)

• Stabilisation macroéconomique - Réforme intervention Etat (réorienter les dépenses en capital public) - Discipline budgétaire ; baisse de la fiscalité; baisse des subventions - Lutte contre l’inflation (politique monétaire restrictive = hausse taux d’intérêt) - Dévaluation du taux de change pour stimuler les exportations

En résumé Politique monétaire restrictive (éviter inflation) Politique budgétaire restrictive (éviter dette publique) Libéralisation

En résumé Politique monétaire restrictive (éviter inflation) Politique budgétaire restrictive (éviter dette publique) Libéralisation externe Participation aux échanges commerciaux mondiaux Libéralisation des mouvements de capitaux (entrées IDE) Moins d’Etat + Politique restrictive + Plus de marché / plus de concurrence Pourquoi ? Objectifs ? Libéralisation interne Déréglementation des marchés Privatisation des entreprises

Objectif : gagner en compétitivité-prix afin d’augmenter les exportations = • Réaliser un développement

Objectif : gagner en compétitivité-prix afin d’augmenter les exportations = • Réaliser un développement extraverti mais sans politique industrielle verticale • La hausse des exportations = rétablir le solde extérieur = plus besoin de financement externe = plus de crise dette

Comment rétablir la compétitivité-prix ? • Une dévaluation externe : baisse tx de change

Comment rétablir la compétitivité-prix ? • Une dévaluation externe : baisse tx de change • Une dévaluation interne - Politique monétaire restrictive et baisse de l’inflation - Baisse des dépenses publiques - Ralentissement demande interne : baisse des salaires - Hausse de la concurrence

Politiques Rôle Etat Rôle du marché intérieur Rôle de l’insertion dans le commerce international

Politiques Rôle Etat Rôle du marché intérieur Rôle de l’insertion dans le commerce international inspirées par les théories de l’économie du développement Inspirées par le Consensus de Washington

Politiques inspirées par les théories de l’économie du développement Inspirées par le Consensus de

Politiques inspirées par les théories de l’économie du développement Inspirées par le Consensus de Washington Rôle Etat Fort Faible Rôle du marché intérieur Fort Faible Rôle de l’insertion dans le commerce international Faible Fort

Politiques inspirées par les théories de l’économie du développement Japon et dragons asiatiques Inspirées

Politiques inspirées par les théories de l’économie du développement Japon et dragons asiatiques Inspirées par le Consensus de Washington Rôle Etat fort Faible Rôle du marché intérieur Fort (pour Japon ou Faible Corée) Rôle de l’insertion dans le commerce international Faible Fort Un mélange de politiques « conventionnelles » et de politiques « non conventionnelles »

3. 2 Les expériences peu concluantes des plans d’ajustements structurels 3. 2. 1 Les

3. 2 Les expériences peu concluantes des plans d’ajustements structurels 3. 2. 1 Les conséquences de la libéralisation des mouvements de capitaux : la multiplication des sudden stop Sudden stop : arrêt brutal du financement extérieur = les capitaux ne rent plus / fuient l’économie 1994 Mexique 1995 Effet Tequila : Argentine 1997 Asie (Thailande, Malaisie) 2002 Argentine

 • Multiplication des crises de change - Crise de change de première génération

• Multiplication des crises de change - Crise de change de première génération : ex Mexique Les investisseurs ne trouvent pas crédible la politique monétaire; ils anticipent une dévaluation et fuient avant - Crise de change de troisième génération : ex Asie Les investisseurs sont déçus des résultats, ils fuient et cela provoque une crise de change + crise bancaire (crise jumelle) • Risque de contagion et effet domino des crises de change • Conclusion : il ne faut pas libéraliser le compte de capital si le système financier et bancaire ne peut pas résister à un sudden stop (P. Krugman) • Les PED ne devraient donc s’ouvrir aux flux internationaux de capitaux qu’à partir du moment où le système bancaire et financier domestique est suffisamment solide.

Dani Rodrik « Nations et mondialisation » (2008) • « L’élément paradoxale, ici, est

Dani Rodrik « Nations et mondialisation » (2008) • « L’élément paradoxale, ici, est que la mondialisation financière supposée permettre aux pays en développement d’augmenter leur épargne, d’accroître leur niveau d’investissement et de croître plus rapidement, n’a en réalité abouti à rien de tout cela. »

3. 2. 2 Les coûts économiques et sociaux des PAS Joseph Stiglitz, La grande

3. 2. 2 Les coûts économiques et sociaux des PAS Joseph Stiglitz, La grande désillusion (2002) « Les résultats ont été très éloignés des objectifs. L’austérité budgétaire poussée trop loin, dans une situation qui ne s’y prête pas, peut provoquer des récessions, et les taux d’intérêt élevés peuvent bloquer des entreprises encore frêles. Le FMI a étendu vigoureusement la privatisation et la libéralisation, à un rythme et dans un style qui ont souvent imposé des coûts très réels à des pays mal équipés pour les subir. »

4. Les réussites de développement depuis les années 1990 : une diversité de stratégies

4. Les réussites de développement depuis les années 1990 : une diversité de stratégies 4. 1 La Chine 4. 2 L’Inde 4. 3 Le Brésil 4. 4 La Russie

4. 1 La Chine • Deng Xiaoping lance en 1978 les « quatre modernisations

4. 1 La Chine • Deng Xiaoping lance en 1978 les « quatre modernisations » : qui concernent l’agriculture, l’industrie, la science et la technologie, et la défense. • Première grande réforme : La réforme du « système de responsabilité des ménages » : attribuer les terres à des familles en fonction de leur taille. La famille s’engage à livrer des quotas de production prévus par le Plan, mais au-delà de ces montants, toute production ou richesse supplémentaire reste propriété des ménages, qui peut l’écouler sur les marchés locaux = le Dual Track Regime, régime dual de régulation agricole, qui crée un marché des produits agricoles décentralisé et libéralisé à côté du système centralisé de planification agricole.

 • Seconde grande réforme : Les communautés villageoises sont autorisées à créer de

• Seconde grande réforme : Les communautés villageoises sont autorisées à créer de petites entreprises locales indépendantes ou développer les entreprises existantes : Ces « entreprises de bourgs et de villages » , spécialisées dans des industries légères et traditionnelles qui incorporent peu de capital et beaucoup de travail, assurent localement une activité, des emplois et une source de revenus pour la main d’œuvre libérée par l’augmentation de la productivité agricole.

 • Troisième grande réforme : de nouvelles incitations pour les entreprise publiques et

• Troisième grande réforme : de nouvelles incitations pour les entreprise publiques et les pouvoirs publics locaux - Rendre les entreprises publiques détenues par l’Etat ou la province, responsables de leurs résultats - Nouvelle compétence en matière fiscale, qui incite les autorités administratives locales stimuler l’efficacité des entreprises situées sur leur territoire • A partir de 1985, les entreprises publiques peuvent non seulement fixer leur propres prix, sélectionner leurs fournisseurs, fixer et répartir les salaires de manière autonomie, mais également diversifier leur gamme de produit, créer des entreprises conjointes, innover, et s’engager dans de nouvelles activités en fonction de la demande qui leur est adressée.

 • Quatrième grande réforme qui concerne les entreprises - les entreprises peuvent librement

• Quatrième grande réforme qui concerne les entreprises - les entreprises peuvent librement procéder à leurs ventes et leurs achats hors plan. - transformation du cadre financier. (…) Un système financier plus complexe est mis en place, articulant une banque centrale, qui détient le monopole de l’émission monétaire et des banques de second rang. (…) Ces transformations permettent de drainer l’épargne qui se développe alors et de l’affecter au financement de l’investissement des entreprises.

Conséquence de ces réformes entreprises période 1980/1990 : • affaiblissement du pouvoir de régulation

Conséquence de ces réformes entreprises période 1980/1990 : • affaiblissement du pouvoir de régulation du Plan • mise en place d’une première dynamique de croissance autocentrée, reposant sur la capacité de développement hors Plan de l’industrie légère. • Le deuxième souffle a été donné dans les années 1990 par l’ouverture aux IDE, d’abord fournis par les investisseurs du monde chinois: Dès 1978, la création de « zones économiques spéciales » permet à la Chine d’accueillir des entreprises étrangères en leur proposant des conditions fiscales avantageuses et la possibilité de réaliser des échanges avec le reste du monde.

Conséquences sur le développement • 600 millions de Chinois sortent de la pauvreté et

Conséquences sur le développement • 600 millions de Chinois sortent de la pauvreté et de la malnutrition en moins d’une génération • le pays est passé du statut de PMA au statut de 2ème puissance économique mondiale.

Politiques de développement en Chine Conventionnelles : proche des recommandations du consensus de Washington

Politiques de développement en Chine Conventionnelles : proche des recommandations du consensus de Washington Libéralisation des activités économiques : DT, EBV Recul du Plan Logique d’extraversion Accueil des IDE dans les ZES Non-conventionnelles : éloignées/opposées aux recommandations du consensus de Washington Rôle toujours dominant des autorités administratives Contrôle des entrées et sorties de capitaux IDE étrangers associés à des entrepreneurs chinois Contrôle du taux de change Protection du marché intérieur

4. 2 L’Inde Une émergence « à pas comptés » • S’appuie sur un

4. 2 L’Inde Une émergence « à pas comptés » • S’appuie sur un grand marché intérieur • Un recul progressif du protectionnisme commercial • Une ouverture progressive et toujours contrôlé des marchés des capitaux (IDE) • Privatisations Des formes non-conventionnelles sont toujours présentes

4. 3 La Russie • Période 1992 : aide du FMI, mise en place

4. 3 La Russie • Période 1992 : aide du FMI, mise en place PAS « la thérapie de choc » • Période 1992 -1995: échec des PAS, le Parlement russe refuse d’appliquer les mesures de lutte contre l’inflation; or, l’inflation fait fuir les capitaux et dégrade la balance commerciale • Période 1995 -1998 : nouvelles réformes menées par le FMI ; baisse de l’inflation et équilibre budgétaire mais hausse de la pauvreté et des inégalités + sudden stop provoqué par la diffusion de la crise asiatique; la crise de change = crise de la dette et défaut de l’Etat • Depuis 1999: une émergence par le pétrole • Croissance mais maladie hollandaise

4. 4 Le Brésil • 1960/1980 : dictature militaire + stratégie ISI • 1985

4. 4 Le Brésil • 1960/1980 : dictature militaire + stratégie ISI • 1985 : démocratie • Politique « conventionnelle » : lutte contre l’hyperinflation, privatisation, insertion dans le commerce mondial • Mesures « non conventionnelles » : ouverture commerciale progressive, contrôle des capitaux, politiques sociales

En résumé des spécificités Un point commun : mélanger Pays dotés de Pays dotés

En résumé des spécificités Un point commun : mélanger Pays dotés de Pays dotés d’une MO secteurs à haute abondantes et peu Stratégies nontechnologie = qualifiée = stratégie conventionnelles : Etat innovation (BRIC) interventionniste, contrôle de montée de filière (Chine, Inde) capitaux, développement Pays dotés de matières marché intérieur premières dont prix mondial Stratégies conventionnelles : augmente = insertion Ouverture du marché intérieur opportuniste dans le et IDE (= apport de nouvelles commerce mondial mais technologique = copie = risque maladie hollandaise impact sur PGF) (Russie, Brésil)

 • Diversité de ces expériences de développement : impossible de mettre à jour

• Diversité de ces expériences de développement : impossible de mettre à jour un modèle unique de développement • Mais ces économies ont un point commun : La combinaison de stratégies conventionnelles et de stratégies non conventionnelles comme les réussites des pays asiatiques Japon + Dragons

 • Stratégies conventionnelles : Développement extraverti (exportations); maîtrise des coûts de production; stabilisation

• Stratégies conventionnelles : Développement extraverti (exportations); maîtrise des coûts de production; stabilisation inflation • Stratégies non conventionnelles : Etat interventionniste et protecteur; contrôle des mouvements de capitaux ; manipulation du taux de change ; essor marché intérieur protégé

5. L’émergence d’un nouveau consensus de Washington depuis la décennie 2000 • L’approche théorique

5. L’émergence d’un nouveau consensus de Washington depuis la décennie 2000 • L’approche théorique défendue par le FMI et la BM change depuis une quinzaine d’années • Partir d’un constat : comment faire le tri dans les différentes expériences de développement entre ce que stimule le développement et ce qui le freine ?

5. 1 La primauté des institutions sur les autres déterminants du développement économique •

5. 1 La primauté des institutions sur les autres déterminants du développement économique • Les pays qui ont choisi une croissance extraverti = une participation aux échanges = intégration au commerce mondial • Les pays tire des avantages comparatifs de leur situation géographique : ressources naturelles, éloignement, … • Les pays développent leurs propres institutions • De ces 3 facteurs, lequel est le plus déterminants dans le développement ?

 • Dani Rodrik et Arvind Subramanian « la qualité des institutions prime sur

• Dani Rodrik et Arvind Subramanian « la qualité des institutions prime sur tout le reste » « Si la Bolivie disposait d’institutions de la qualité de celles de la Corée du Sud, son PIB avoisinerait 18 000 $ contre 2 700 $ aujourd’hui. Ce n’est pas tout à fait un hasard si cela correspond grosso modo à l’écart de revenu entre les deux pays. » (Rodrik & Subramanian)

5. 2 Les fonctions des institutions dans le développement économique Douglass North (Prix Nobel

5. 2 Les fonctions des institutions dans le développement économique Douglass North (Prix Nobel 1993) • « Les institutions sont les contraintes humaines formelles et informelles qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales. » • « Les institutions fournissent la structure des incitations d’une économie. Au fur et à mesure que cette structure évolue, elle détermine l’orientation du changement économique : vers la croissance, la stagnation ou le déclin. » • Lien institutions / incitations / performances : pourquoi ?

 • Dani Rodrik et Arvind Subramanian, « La primauté des institutions » in

• Dani Rodrik et Arvind Subramanian, « La primauté des institutions » in FMI, Finances et Développement, Juin 2003 Pourquoi ce rôle centrale des institutions dans le développement ? Les institutions ont 4 grandes fonctions • La première fonction : des institutions créatrices de marchés : protègent les droits de propriété et garantissent l’exécution des contrats = elles incitent à l’investissement et l’innovation

 • Un exemple : le brevet et la protection de la propriété intellectuelle

• Un exemple : le brevet et la protection de la propriété intellectuelle

Daron Acemoglu, James A. Robinson, Prospérité, puissance et pauvreté Pourquoi certains pays réussissent mieux

Daron Acemoglu, James A. Robinson, Prospérité, puissance et pauvreté Pourquoi certains pays réussissent mieux que d’autres (2015) • Le système des brevets qui protège les droits de propriété intellectuelle est organisé par le « Statut des monopoles » voté en 1623 par le Parlement anglais ; celui-ci vise notamment à empêcher le roi d’accorder des « lettre patentes » selon son bon plaisir, ce qui revient à réserver certaines activités et certains commerces aux seuls détenteurs d’un tel monopole. • Le plus frappant, quand on observe les documents d’archives relatifs aux brevets aux Etats-Unis, c’est que ceux-ci sont accordés à des inventeurs de toute origine sociale et professionnelle et pas seulement aux riches ou aux notables. Beaucoup ont fait fortune grâce à un brevet. C’est le cas de Thomas Edison : inventeur du phonographe et de l’ampoule électrique, il est également le fondateur de General Electric, qui reste l’une des plus grandes entreprises mondiales.

 • Entre 1820 et 1945, seuls 19 % des détenteurs de brevets aux

• Entre 1820 et 1945, seuls 19 % des détenteurs de brevets aux Etats-Unis sont issus d’employés qualifiés ou de grands propriétaires terriens. Sur la même période, 40 % d’entre eux ont une éducation qui se limite, au mieux, à l’école primaire, tout comme Edison. De plus, ils exploitent souvent leur brevet en créant une entreprise, comme Edison là encore. • Si les Etats-Unis du 19ème siècle sont plus démocratiques que la plupart des autres pays du monde sur un plan politique, ils le sont aussi en matière d’innovation.

 • Condition pour que le brevet fonctionne comme une institution incitative = Etat

• Condition pour que le brevet fonctionne comme une institution incitative = Etat de droit (contre l’arbitraire du pouvoir royal) • Mais créer le marché ne suffit pas, le marché connaît aussi des défaillances • Développer les relations de marché (créer des marchés) sans lutter contre les défaillances de marché = échec de la stratégie de développement

 • Dani Rodrik « Nations et mondialisation » (2008) « Le paradoxe est

• Dani Rodrik « Nations et mondialisation » (2008) « Le paradoxe est que le développement va de pair avec la mondialisation mais pas avec des politiques de mondialisation élaborée par les économistes d’Amérique du nord » « Les échecs des marchés dans la création et l’expansion d’activités économiques non traditionnelles sont tout aussi importants que les échecs des gouvernements, sur lesquels se focalise le consensus de Washington. Cela explique aussi pourquoi, dans les économies qui réussissent, la politique industrielle constitue la norme et non l’exception »

 • Joseph Stiglitz, La grande désillusion (2002) « Chaque fois que l’information est

• Joseph Stiglitz, La grande désillusion (2002) « Chaque fois que l’information est imparfaite et que les marchés sont incomplets, c’est-à-dire toujours et tout particulièrement dans les pays en développement, la main invisible fonctionne très imparfaitement. Conclusion essentielle, il existe des interventions de l’Etat souhaitables, qui, en principe, peuvent améliorer l’efficacité du marché »

 • La seconde fonction des institutions Des institutions qui assurent la réglementation des

• La seconde fonction des institutions Des institutions qui assurent la réglementation des marchés: s’occupent des effets externes, des économies d’échelle et des informations imparfaites = elles agissent sur les défaillances de marché et stimulent la croissance potentielle • Mais une économie ne peut se développer si elle n’arrive pas à répondre à des chocs négatifs ou si les inégalités viennent freiner son développement = nécessite deux autres fonctions

 • La troisième fonction des institutions : Les institutions de stabilisation des marchés

• La troisième fonction des institutions : Les institutions de stabilisation des marchés : garantissent une inflation faible, réduisent au minimum l’instabilité macroéconomique et évitent les crises financières = elles permettent au système économique de résister aux chocs négatifs - Mais une économie de marché ne peut se développer si la répartition primaire des revenus est jugée illégitime (pauvreté / inégalités)

 • La quatrième fonction des institutions : Les institutions de légitimation des marchés:

• La quatrième fonction des institutions : Les institutions de légitimation des marchés: fournissent une protection et une assurance sociales, organisent la redistribution et gèrent les conflits = elles régulent les inégalités suivant des critères de justice sociale

Les 4 grandes fonctions des institutions pour assurer le développement économique Pour inciter l’initiative

Les 4 grandes fonctions des institutions pour assurer le développement économique Pour inciter l’initiative privée et l’innovation Création des marchés : respect des droits de propriété et bonne exécution des contrats Pour légitimer les marchés Institutions qui permettent de lutter contre la pauvreté et les inégalités Pour augmenter la croissance potentielle Pour réguler les effets chocs conjoncturels Institutions qui permettent de lutter contre les défaillances de marché Institutions qui permettent de lutter contre l’instabilité de la croissance

Les 4 grandes fonctions des institutions pour assurer le développement économique Création des marchés

Les 4 grandes fonctions des institutions pour assurer le développement économique Création des marchés : respect des droits de propriété et bonne exécution des contrats Pour inciter l’initiative privée et l’innovation Institutions qui permettent de lutter contre les défaillances de marché Institutions qui légitimes les marchés Les inégalités n’empêchent pas l’amélioration des situations du plus grand nombre Institutions qui permettent de lutter contre l’instabilité de la croissance Réduire les conflits autour des inégalités et de la pauvreté Réduire l’output gap; empêcher que les chocs conjoncturels ne détruisent les capacités de production stabilité politique Permettre une croissance soutenue sur le long terme Pour augmenter la croissance potentielle

 • Si ces 4 fonctions sont mises en œuvre alors elles permettent aux

• Si ces 4 fonctions sont mises en œuvre alors elles permettent aux sociétés de réaliser une croissance soutenue sur le long terme qui permet la prospérité pour le plus grand nombre

 5. 3 La qualité des institutions compte : les « bonnes » et

5. 3 La qualité des institutions compte : les « bonnes » et les « mauvaises » institutions ont des fonctions opposées • Daron Acemoglu « Causes profondes de la pauvreté » in FMI, Finances et développement, Juin 2003 • Il existe des bonnes institutions : celle qui permettent la prospérité de masse = institutions « inclusives » • Mais aussi des mauvaises institutions : les institutions « extractives » qui permettent la prospérité d’une élite

 • Comment éviter les institutions extractives ? • Quelle différence de nature entre

• Comment éviter les institutions extractives ? • Quelle différence de nature entre institutions inclusives et institutions extractives ?

Institutions inclusives Institutions extractives L’Etat intervient pour établir des institutions qui permettent la prospérité

Institutions inclusives Institutions extractives L’Etat intervient pour établir des institutions qui permettent la prospérité de masse L’Etat intervient pour établir des institutions qui permettent la prospérité d’une minorité La démocratie permet de lutter contre la la corruption, la capture de la richesse au profit d’une élite Elle permet la mise en oeuvre des 4 fonctions nécessaires au développement Collusion entre Elites économiques et politiques Société ploutocratique Les élites captent l’intégralité de la richesse créée

Comment éviter les institutions extractives ? Quelle différence de nature entre institutions inclusives et

Comment éviter les institutions extractives ? Quelle différence de nature entre institutions inclusives et institutions extractives ? • Les institutions sont inclusives si la société est démocratique • La démocratie politique est une métainstitution : elle assure la réalisation des quatre grandes fonctions des institutions dans les pays développés

Dani Rodrik et Arvind Subramanian, « La primauté des institutions » in FMI, Finances

Dani Rodrik et Arvind Subramanian, « La primauté des institutions » in FMI, Finances et Développement, Juin 2003 • En fait, la démocratie politique peut être perçue comme une métainstitution qui aide les sociétés à choisir les institutions qu’elles désirent. • Si les mesures de la démocratie ne permettent pas toujours d’établir quels pays se développent plus vite ou plus lentement sur une période donnée, elles expliquent les revenus à long terme.

 • Un exemple de lien entre démocratie et « bonnes » institutions :

• Un exemple de lien entre démocratie et « bonnes » institutions : le fonctionnement du système financier • Daron Acemoglu, James A. Robinson, Prospérité, puissance et pauvreté Pourquoi certains pays réussissent mieux que d’autres (2015)

 • Si l’on dénombre 338 banques en activité aux Etats-Unis en 1818, pour

• Si l’on dénombre 338 banques en activité aux Etats-Unis en 1818, pour un actif total de 160 millions de dollars, on en compte 27 864 en 1914 pour un actif total de 27, 3 milliards de dollars. Un inventeur potentiel peut donc accéder facilement aux capitaux qui lui permettront de créer son entreprise.

 • Au Mexique, la situation est tout autre. En 1910, (…) le pays

• Au Mexique, la situation est tout autre. En 1910, (…) le pays ne compte que 42 banques, dont les deux principales contrôlent 60 % du total des actifs bancaires. • La concurrence bancaire, féroce aux Etats-Unis, est quasiment inexistante au Mexique. Du coup, les banques peuvent imposer à leurs clients des taux d’intérêt élevés, et elles ne prêtent le plus souvent qu’à des clients privilégiés ou déjà riches qui profitent de cet avantage pour renforcer leur emprise sur divers secteurs économiques.

 • Si le secteur bancaire mexicain est motivé par le profit, il en

• Si le secteur bancaire mexicain est motivé par le profit, il en va de même aux Etats-Unis. Mais les institutions américaines étant radicalement différentes, cette motivation financière s’exprime d’une toute autre manière. Les banquiers doivent tenir comptent d’institutions économiques qui les soumettent à une concurrence bien plus marquée.

 • Aux Etats-Unis (mais non au Mexique), les électeurs sont en mesure de

• Aux Etats-Unis (mais non au Mexique), les électeurs sont en mesure de surveiller leurs élus et d’écarter ceux qui, profitant de leur poste, voudraient s’enrichir ou créer des monopoles pour leurs affidés. C’est pourquoi les monopoles bancaires ont fait long feu. • La large distribution de droits politiques aux Etats. Unis, surtout par rapport au Mexique, garantit un accès équitable à la finance et aux prêts, qui peuvent donc profiter aux personnes souhaitant promouvoir une idée ou une invention.

 • Condition pour que l’accès au financement soit le plus ouvert possible :

• Condition pour que l’accès au financement soit le plus ouvert possible : - la concurrence entre banques - la démocratie politique limite la constitution de monopole octroyée par le pouvoir politique (donc limite le pouvoir du politique) et elle permet d’éviter les situations de corruption

L’impact de la démocratie sur la présence d’institutions de qualité La démocratie : •

L’impact de la démocratie sur la présence d’institutions de qualité La démocratie : • Etat de droit = respect des droits de propriété, dont la propriété intellectuelle = stimule l’activité des individus = positions sociales ouvertes à tous • un frein aux situations de capture de l’Etat par les élites économiques afin de conserver leurs intérêts/position monopolistique • Permet l’expression des choix sociaux sur la manière de lutter contre les inégalités et la pauvreté = définir l’utilisation des richesses produites collectivement et sa répartition

Démocratie et économies rentières

Démocratie et économies rentières

 • Au Kazakhstan : les revenus de la rente sont captés par une

• Au Kazakhstan : les revenus de la rente sont captés par une minorité • En Norvège : les revenus de la rente sont captés par un Etat démocratique et alimentent un fonds souverains qui permet de financer les retraites

 • En résumé: - Il existe des institutions de meilleures qualités que d’autres

• En résumé: - Il existe des institutions de meilleures qualités que d’autres = celles qui permettent la mise en œuvre des institutions favorables à la croissance long terme et à la prospérité du plus grand nombre - La condition d’émergence de ces institutions = la présence d’un régime démocratique

5. 4 Les transformations institutionnelles : poids du passé et frein au changement •

5. 4 Les transformations institutionnelles : poids du passé et frein au changement • Il n’y a pas de déterminisme vers l’émergence de « bonnes » institutions : - Le passé institutionnel peut être un frein à l’application de « meilleures » institutions - Les changements provoqués par les transformations institutionnelles peuvent provoquer des résistances

Le poids du passé • Acemoglu analyse différentes expériences de colonisation et en distingue

Le poids du passé • Acemoglu analyse différentes expériences de colonisation et en distingue deux types : - la colonisation fondée sur un pillage des ressources (Congo, Caraïbes, Amérique centrale…) qui n’a pas donné naissance à des institutions protégeant les droits de propriété et limitant le pouvoir des élites ; - la société de colons (USA, Canada, Nouvelle-Zélande, Australie…) qui a donné naissance à des institutions protégeant les droits de propriété et limitant le pouvoir des élites. • Conséquence : la compréhension de la pauvreté actuelle d’un pays est à recher avant tout du côté des institutions et de leur histoire. Il n’existe pas un chemin qui mène spontanément vers les bonnes institutions

 • Le poids de l’histoire institutionnelle a des conséquences sur la qualité des

• Le poids de l’histoire institutionnelle a des conséquences sur la qualité des institutions • Chemin de dépendance institutionnelle marqué par l’éloignement/rapprochement avec l’exercice de la démocratie

Les freins au changement • Le changement dans les institutions peut augmenter le niveau

Les freins au changement • Le changement dans les institutions peut augmenter le niveau de bien-être et de richesse globale, les élites (qui détiennent le pouvoir du changement) peuvent s’y opposer car elles pourraient voir leurs intérêts personnels (la part de la richesse qu’elles captent) se réduire. • Cette absence de gravitation naturelle vers les bonnes institutions est parfaitement illustré dans l’histoire par l’attitude des élites russes et austro-hongroises au 19ème siècle qui ont fait obstacle à l’industrialisation et au chemin de fer parce qu’ils avaient peur que cela réduisent leur pouvoir et leurs privilèges

Daron Acemoglu « Tout changement majeur crée des gagnants et des perdants, et que

Daron Acemoglu « Tout changement majeur crée des gagnants et des perdants, et que ces derniers ont souvent des moyens de s’opposer au changement »

 • La croissance ne requiert pas seulement une instruction plus universelle et des

• La croissance ne requiert pas seulement une instruction plus universelle et des machines plus ingénieuses et plus nombreuses, mais aussi un processus de transformation et de déstabilisation, associé à une destruction créatrice à grande échelle. • Pour se prolonger, la croissance doit éviter d’être bloquée par les perdants économiques (qui prévoient la perte de leurs privilèges) et par les perdants politiques (qui craignent l’érosion de leur pouvoir). (…) Si les groupes hostiles à la croissance l’emportent, ils peuvent arriver à bloquer la croissance – ce qui entraînera la stagnation de l’économie.

 • Comme la croissance transforme les économies (perdants/gagnants), les institutions qui supportent la

• Comme la croissance transforme les économies (perdants/gagnants), les institutions qui supportent la croissance doivent s’imposer et être acceptées • Elles peuvent être freiner par les minorités qui ont beaucoup à perdre d’une transformation du fonctionnement de l’économie

Il existe une différence entre Institutions extractives Elles mettent en œuvre des institutions qui

Il existe une différence entre Institutions extractives Elles mettent en œuvre des institutions qui permettent à une élite de capter des rentes Institutions inclusives Elles mettent en œuvre des institutions qui assurent une croissance de long terme au bénéficie du plus grand nombre Passage de l’un à l’autre ? Il n’existe pas de gravitation naturelle des institutions vers les « bonnes » institutions Les institutions nationales sont marquées par l’histoire : chemin de dépendance institutionnelle qui freine ou facilite l’adoption d’institutions propices à la croissance Le passage à des institutions inclusives remet en question la position d’élites dominantes qui vont agir pour empêcher les transformations institutionnelles (maintenir des institutions extractives)

5. 5 La diversité des formes institutionnelles • Il ne faut pas confondre la

5. 5 La diversité des formes institutionnelles • Il ne faut pas confondre la fonction d’une institution et ses formes • Par exemple dans les institutions dont la fonction est de légitimer les marchés = des formes institutionnelles très variées • G. Esping-Andersen : plusieurs formes institutionnelles de l’Etat-Providence • Les formes institutionnelles font système : copier une forme institutionnelle dans un autre cadre peut ne pas produire les mêmes effets • Diversité des formes car diversité des régimes politiques démocratiques

 • Exemple : la question de la flexicurité en France • Peut-on avoir

• Exemple : la question de la flexicurité en France • Peut-on avoir les mêmes résultats qu’au Danemark avec des organismes de placement et de formation qui ne fonctionnent pas comme au Danemark ? • « Les innovations institutionnelles ne s’exportent pas nécessairement bien » Dani Rodrik et Arvind Subramanian

 • Constat d’une diversité dans l’espace des institutions (cf diversité des capitalismes) •

• Constat d’une diversité dans l’espace des institutions (cf diversité des capitalismes) • Mais dans le temps : est-ce que les formes institutionnelles sont amenées à évoluer ? • Travaux de D. Acemoglu, Ph. Aghion et F. Zilibotti (2006)

 • D. Acemoglu, Ph. Aghion et F. Zilibotti (2006) : les formes institutionnelles

• D. Acemoglu, Ph. Aghion et F. Zilibotti (2006) : les formes institutionnelles n’ont pas la même efficacité suivant la distance de l’économie à la frontière technologique

Relation pour les économies proches de la FP Relation pour les économies éloignées de

Relation pour les économies proches de la FP Relation pour les économies éloignées de la FP

 • Le rôle de la concurrence n’est pas le même quand l’économie est

• Le rôle de la concurrence n’est pas le même quand l’économie est : - Éloignée de la frontière technologique (rôle -) - Proche de la frontière technologique (rôle +)

 • Éloignée de la frontière technologique ? - La croissance de la PGF

• Éloignée de la frontière technologique ? - La croissance de la PGF est tirée par le développement de grandes entreprises qui copient les technologies des pays leaders - Intervention publique : politique industrielle verticale • Proche de la frontière technologique ? - La croissance de la PGF est tirée par les innovations et l’émergence de start-up qui cassent les positions acquises - Intervention publique : politique industrielle horizontale Conclusion Aghion : lorsqu’une économie rattrape la frontière les institutions qui étaient efficaces perdent leur efficacité = nécessité de changer les institutions (notamment la politique industrielle et la politique de la concurrence)

Cas de la politique industrielle : France • Durant décennies 1960/début 1980 - L’Etat

Cas de la politique industrielle : France • Durant décennies 1960/début 1980 - L’Etat orientent les investissements vers les secteurs jugés stratégiques : aides directes aux entreprises, soutien aux champions nationaux, encadrement du crédit, réglementation des marchés = émergence de grandes entreprises (économies d’échelle) • L’Etat interventionniste devient un frein à la croissance à partir des années 1980 : pourquoi ? - L’Etat investisseur commet des erreurs, Plan calcul par exemple - Le manque de concurrence et les défaillances de financement freinent l’apparition de nouvelles firmes - Les relations Etat/grandes entreprises = collusion d’intérêt (corruption)

Diversité des formes que prennent les « bonnes » institutions dans les économies •

Diversité des formes que prennent les « bonnes » institutions dans les économies • Diversité nationale : une déclinaison nationale des économies de marché = les institutions forment un système cohérent, ce qui rend la copie d’institutions problématique • Position par rapport à la frontière technologique : l’impact du rôle de l’Etat et de la concurrence n’est pas le même = le rattrapage économique implique un changement d’institutions en se rapprochant de la frontière

Régime démocratique Mise en œuvre des 4 grandes fonctions des institutions Diversité des formes

Régime démocratique Mise en œuvre des 4 grandes fonctions des institutions Diversité des formes que prennent les « bonnes » institutions Elles s’inscrivent dans un système institutionnel Influencé par l’histoire institutionnelle du pays Chemin de dépendance institutionnel Qui a sa propre cohérence Peu d’efficacité à copier les institutions des autres La distance à la frontière implique des formes différentes Loin de la frontière : importance d’un Etat interventionniste A de la frontière : plutôt que de la importance de la concurrence plutôt que d’un Etat interventionniste

Les institutions Facteur déterminant du développement Des institutions de meilleures qualités que d’autres :

Les institutions Facteur déterminant du développement Des institutions de meilleures qualités que d’autres : institutions inclusives vs institutions extractives Expliquer l’évolution et les transformations des institutions Présenter les fonctions réalisées par les « bonnes » institutions Présenter la diversité des formes que prennent les bonnes institutions Expliquer le rôle de la démocratie comme « institution des institutions » (métainstitution) Il existe un modèle institutionnel = celui « les institutions inclusives » Mais l’application concrète de ce modèle = une diversité de formes prises par les institutions

Stratégies de développement Premiers modèles : Économie du développement Consensus de Washington Application =

Stratégies de développement Premiers modèles : Économie du développement Consensus de Washington Application = résultats décevants Ne permettent pas d’expliquer les réussites de développement (qui combinent politique conventionnelle et politique non conventionnelle) et la diversité des parcours utilisés Nouveaux modèles : mise en avant du rôle des institutions Permettent d’expliquer les réussites et les échecs (en fonction de la qualité des institutions) La diversité des formes institutionnelles rend la copie des formes institutionnelles qui marche difficile = chaque économie construit ses propres institutions

6. L’aide au développement : quel bilan ? 6. 1 L’aide au développement :

6. L’aide au développement : quel bilan ? 6. 1 L’aide au développement : définition • Aide Publique au Développement + dons privés (ONG) • Le Comité d’aide au développement (CAD crée en 1961 au sein de l’OCDE) a pour objectif que chaque Etat membre fournisse une APD d’un montant égal à 0, 7% de son RNB • France : 0, 39% ; Norvège 0, 95 ; CAD : 0, 28% • Le total de l’aide officielle versée par tous les pays riches en 2011 était de 133, 5 milliards (le principal composant de l’aide internationale est ce qu’on appelle l’aide publique au développement (APD)). (…) Cela ne tient pas compte des sommes collectées par le ONG privées (30 milliards)

6. 2 L’APD : une nécessité La position de Jeffrey Sachs L’ADP est nécessaire

6. 2 L’APD : une nécessité La position de Jeffrey Sachs L’ADP est nécessaire pour deux raisons : - Ce n’est pas parce que certains pays ont des « mauvaises » institutions que les pays riches doivent abandonner à leurs sorts des populations de la terre - Certains territoires souffrent d’une géographie : qui les éloignent des échanges mondiaux (ex: l’Afrique subsaharienne); associée à certaines maladies (paludisme); pose des problème de ressources naturelles. La taille des marchés domestiques est trop petite et les diplômés quittent ces territoires (fuite des cerveaux)

6. 3 La critique de l’aide au développement • Angus Deaton dans « La

6. 3 La critique de l’aide au développement • Angus Deaton dans « La Grande Evasion » (2016) a un regard très critique sur l’APD • « Le flux d’aide de l’APD est plus que suffisant pour éliminer la pauvreté mondiale, du moins si l’argent était transféré directement depuis les habitants des pays riches vers ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. On ne peut rien dire de sensé au sujet de l’aide tant que l’on ne comprend pas pourquoi ce n’est pas le cas »

 • A. Deaton fait référence à : - William Easterly : augmenter l’aide

• A. Deaton fait référence à : - William Easterly : augmenter l’aide dans les pays où les institutions sont « mauvaises » ne fonctionne pas - Dambisa Moyo « Dead Aid » (2009) : l’APD alimente la corruption, la mauvaise gouvernance, les institutions extractives

 • Pour Deaton, il existe un dilemme de l’aide international : « Quand

• Pour Deaton, il existe un dilemme de l’aide international : « Quand les conditions du développement sont présentes, l’aide n’est pas nécessaire. Quand les conditions locales sont hostiles au développement, l’aide n’est pas utile, et elle sera nuisible si elle perpétue ces conditions »

 • Pour A. Deaton : « L’une des raisons pour lesquelles l’aide actuelle

• Pour A. Deaton : « L’une des raisons pour lesquelles l’aide actuelle n’élimine pas la pauvreté mondiale est qu’elle tente rarement de le faire » Pourquoi? L’aide publique passe par les pays sous la forme « d’aide bilatérale » = effets pervers Conséquences : - les pays à revenu moyen touchent plus de la moitié de l’APD - près de la moitié des pauvres de la planète (48%) habitent en Inde ou en Chine, et pourtant ces deux pays n’ont reçu en 2010 que 3, 5 milliards en APD, soit seulement 2, 6% de l’aide totale - les principaux bénéficiaires en dollars par tête de étaient en 2010 Samoa (802$), les îles Tonga (677$) et le Cap-Vert (664$),

 • En résumé, APD néfastes : - Elle alimente les « mauvaises »

• En résumé, APD néfastes : - Elle alimente les « mauvaises » institutions - Elle passe par des arrangements bilatéraux et pas par des institutions internationales dédiées

6. 4 Une approche micro du développement : les travaux d’Esther Duflo • Mise

6. 4 Une approche micro du développement : les travaux d’Esther Duflo • Mise en œuvre de travaux visant à mesurer l’efficacité de projets « micro » • Méthode expérimentale : inspirée des essais cliniques en médecine, consiste à comparer deux groupes constitués de façon aléatoire, l’un étant soumis à une politique et l’autre ne l’étant pas. • Exemple : étudier pour augmenter la scolarisation d’une année supplémentaire, quelle est la politique la moins coûteuse ?

Etude des effets du microcrédit • un microcrédit sur six conduit au lancement d’une

Etude des effets du microcrédit • un microcrédit sur six conduit au lancement d’une nouvelle activité. Si certains microcrédits contribuent à créer de nouvelles activités, d’autres participent au développement d’une entreprise existante. Les emprunts restants sont utilisés pour financer une consommation plus importante ou rembourser une dette antérieure. (…) • Aucun effet n’a été constaté sur l’éducation, la santé, le pouvoir de décision des femmes • « Le microcrédit a des effets réels mais modestes sur la création d’entreprises et le bien-être » • « La microfinance ne peut pas non plus se substituer à des politiques publiques garantissant l’accès à l’éducation, organisant des infrastructures et des services de santé de qualité. Nous ne pouvons pas attendre que les pauvres s’enrichissent suffisamment pour s’offrir eux-mêmes tous ces services. »

 • Débat sur la généralisation de ce type de projet : - Deaton

• Débat sur la généralisation de ce type de projet : - Deaton considère qu’il y a sophisme de composition : exemple, pousser à la hausse de la productivité dans l’agriculture permet à un fermier de s’enrichir, mais si tous les fermiers appliquent la même méthode, les prix vont baisser - Duflo considère qu’il est possible de mener des projets d’abord tester à un niveau micro à une plus grande échelle

En résumé: qu’attendre de l’APD ? Compenser les handicaps d’une position géographique J. Sachs

En résumé: qu’attendre de l’APD ? Compenser les handicaps d’une position géographique J. Sachs Renforcer les mauvaises institutions : A. Deaton W. Easterly D. Moyo Permettre la mise en œuvre de programmes tester par la méthode expérimentale E. Duflo