LE PROJET DE RUSSITE DUCATIVE ETAT DES LIEUX

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LE PROJET DE RÉUSSITE ÉDUCATIVE ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES JUSTINE LEHRMANN – 11

LE PROJET DE RÉUSSITE ÉDUCATIVE ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES JUSTINE LEHRMANN – 11 DÉCEMBRE 20

INTRODUCTION La politique de la ville : des territoires socio-économiquement fragiles Rapport de l’ONZUS,

INTRODUCTION La politique de la ville : des territoires socio-économiquement fragiles Rapport de l’ONZUS, 2014 Dans les ZUS : § Le taux de pauvreté est près de 3 fois plus élevé que hors ZUS § 50% des moins de 18 ans vivent sous le seuil de pauvreté

INTRODUCTION Un constat unanime : l’école ne permet pas de bousculer la structure des

INTRODUCTION Un constat unanime : l’école ne permet pas de bousculer la structure des inégalités § 17% des élèves sortent sans diplôme du système scolaire (parmi eux, 34% ont un père ouvrier, 31% ont un père employé) § 72 % des élèves de SEGPA qui ne relèvent pas d’un handicap avéré sont issus de « milieux défavorisés » Enquête PISA, 2012 « En France, les élèves issus d’un milieu socio-économique défavorisé n’obtiennent pas seulement des résultats nettement inférieurs, ils sont aussi moins impliqués, attachés à leur école, persévérants, et beaucoup plus anxieux par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE » Sources : Note d’informations n° 12 -15, DEPP (Education nationale) et rapport n° 2013 -085 des Inspections générales de l’Education nationale relatif et traitement de la grande difficulté scolaire

INTRODUCTION Grande pauvreté et réussite scolaire, J. -P. Delahaye 2015 « Un enfant de

INTRODUCTION Grande pauvreté et réussite scolaire, J. -P. Delahaye 2015 « Un enfant de famille pauvre est un enfant qui vit dans d’importantes fragilités financières, sociales, culturelles. Comment entrer sereinement dans les apprentissages quand on rencontre des difficultés pour se loger, pour se nourrir, pour s’habiller, pour se cultiver ? » Le PRE : proposer une intervention innovante et renforcée, « hors institution » pour impacter la trajectoire de vie des enfants.

INTRODUCTION Loi de programmation pour la cohésion sociale, juin 2005 « L’objectif de ces

INTRODUCTION Loi de programmation pour la cohésion sociale, juin 2005 « L’objectif de ces programmes dits de « réussite éducative » est d’accompagner dès les premières années de l’école maternelle et jusqu’au terme de la scolarité, des enfants et des adolescents qui présentent des signes de fragilité, en prenant en compte la globalité de leur environnement et de leurs difficultés » En 2015 : -493 PRE actifs -100, 7 millions d’euros dédiés au financement (73% de l’Etat) -79% d’individualisation des parcours et 104 279 enfants suivis Source : enquête annuelle de suivi des PRE 2014 -2015

PLAN DE L’INTERVENTION 1. L’organisation des PRE aujourd’hui 1. Les enfants qui bénéficient du

PLAN DE L’INTERVENTION 1. L’organisation des PRE aujourd’hui 1. Les enfants qui bénéficient du dispositif et leurs parcours personnalisés 1. Effets, plus-values et limites du dispositif

1. L’organisation des PRE aujourd’h

1. L’organisation des PRE aujourd’h

és O rie nt at v s R E ille P m le fa

és O rie nt at v s R E ille P m le fa er la à E io n R P du n tio ta en • Un enseignant, directeur d’école • Un animateur du centre social • Un professionnel de santé en libéral • Etc. Pr 1 – Repérage de l’enfant par un partenaire éducatif 5 – Sortie du PRE • Proposition de sortie par le référent : objectifs atteints, relai pris par le droit commun, échec du parcours. • Validation de l’EPS 61% des PRE déclarent une durée moyenne de parcours supérieure à un 1 an En 2014 -2015 493 projets de réussite éducative 104 279 enfants bénéficiaires dont 82 145 en parcours individuel Une contribution financière totale de 100, 7 millions d’euros, dont 73% financés par l’Etat Délai moyen de 20 jours entre le repérage et l’EPS 3 – L’EPS 4 – Mise en œuvre du parcours individuel • Actions • Accompagnement par le référent • Points réguliers sur l’évolution de l’enfant, évocation en EPS et évolution du parcours si besoin 2 – Diagnostic de la situation • 1ère rencontre avec un référent de parcours • Accord de la famille pour évoquer sa situation en EPS • Prise de contact par le référent avec les acteurs qui connaissent l’enfant et la famille (orthophoniste, travailleurs sociaux, etc. ) Information de la famille et accord sur le parcours proposé • Diagnostic partagé entre l’équipe PRE et les professionnels de champs variés (scolaire, santé, social, socio-culturel, etc. ) • Définition du parcours individuel : objectifs, actions, etc.

1. 1 L’équipe de réussite éducative, une pluralité d’organisations • Les professions des référents

1. 1 L’équipe de réussite éducative, une pluralité d’organisations • Les professions des référents et coordonnateurs • L’intégration d’autres professionnels (psychologues, orthophonistes, etc. ) • L’intervention des référents

1. 2 Qui oriente et pourquoi ? • L’Education nationale comme partenaire principal :

1. 2 Qui oriente et pourquoi ? • L’Education nationale comme partenaire principal : repère 68% des enfants en 2015 (enquête annuelle de suivi des PRE, 2014 -2015) • D’autres repérants sur les territoires : CMP, centres-sociaux, services municipaux, etc. Des critères déclinés sous formes de « signes de fragilité » pour aiguiller les partenaires de terrain.

1. 2 Les enfants orientés vers le dispositif Directrice d’une école élémentaire « Quand

1. 2 Les enfants orientés vers le dispositif Directrice d’une école élémentaire « Quand je vois les élèves du dispositif, il y a souvent des problématiques familiales énormes pour lesquelles nous, l’Education nationale, on n’a aucun levier. Vu le contexte social, économique de plus en plus difficile, il faut mettre en place du lien entre les gens. Le PRE permet ça, c’est fondamental pour nous » . Directrice d’un Centre Médico-Psychologique « Souvent, lorsqu’on sollicite le PRE, c’est pour des familles où on se dit qu’il y a peu de lien social, qu’il faut une ouverture. Ou alors, lorsqu’il y a besoin d’un travail sur la parentalité qu’on a du mal à faire ici. Par rapport aux autres familles que l’on suit, la difficulté sociale distingue les familles du PRE» .

1. 3 Les Equipes Pluridisciplinaires de Soutien § Des instances qui mobilisent les partenaires

1. 3 Les Equipes Pluridisciplinaires de Soutien § Des instances qui mobilisent les partenaires de terrain : En 2014 -2015, selon l’enquête nationale de suivi des PRE, les membres des EPS sont : - 34% des personnels de l’Education nationale - 25% des professionnels du travail social - 40% restant sont répartis entre des professionnels des champs médico-social, socio-culturel ou éducatif § Qui se distinguent, à la marge, par leur organisation et le choix des situations évoquées

2. Les enfants qui bénéficient du dispositif et leurs parcours personnalisés

2. Les enfants qui bénéficient du dispositif et leurs parcours personnalisés

2. 1 Les enfants orientés vers le dispositif § Des symptômes communs : des

2. 1 Les enfants orientés vers le dispositif § Des symptômes communs : des difficultés d’apprentissage scolaire et/ou de comportement à l’origine de l’orientation vers le PRE § Un cumul plus ou moins important de « signes de fragilité » § Des fragilités repérées qui s’insèrent le plus souvent dans un contexte socio-économique et/ou familial complexe

2. 1 Les enfants orientés vers le dispositif Au-delà des situations individuelles, des éléments

2. 1 Les enfants orientés vers le dispositif Au-delà des situations individuelles, des éléments communs pour expliquer ces fragilités §Isolement, ouverture sur l’extérieur §Santé (soins, alimentation, hygiène) §Situation familiale (conflits entre parents, violence) §Situation de logement

2. 1 Les enfants orientés vers le dispositif Grande pauvreté et réussite scolaire, J.

2. 1 Les enfants orientés vers le dispositif Grande pauvreté et réussite scolaire, J. -P. Delahaye, 2015 « La pauvreté vécue par ses familles, et la précarité qui en résulte limitent considérablement leur capacité d’actions. L’absence de travail ou un emploi précaire, le manque d’argent pour se nourrir, sortir, tout simplement vivre, les difficultés pour se loger, pour se chauffer ou se soigner, l’isolement, le sentiment d’être exclu, voire invisible, ont évidemment des conséquences sur leur disponibilité en tant que parents »

2. 2 Les parcours personnalisés de réussite éducative Les thématiques principales traitées par les

2. 2 Les parcours personnalisés de réussite éducative Les thématiques principales traitées par les PRE sont : § Scolaire (42 %) § Soutien aux parents (23%) § Veille éducative/décrochage scolaire (13%) § Santé (11%) § Loisirs (sportifs et socio-culturels) (11%) Une évolution qui montre la diminution de la place de la scolarité et des acteurs de terrain qui soulignent les besoins en matière de santé. Source : enquête annuelle 2014 -2015 « 1ère thématique d’intervention déclarée »

2. 3 La place de la question « scolaire » dans les projets de

2. 3 La place de la question « scolaire » dans les projets de réussite éducative Directeur d’un collège en REP+ « Je ne suis pas convaincu que le PRE puisse impacter directement la réussite scolaire. Il contribue plutôt à favoriser les conditions de la réussite car le jeune va mieux appréhender ses intérêts, va trouver du sens à sa scolarité, retrouver une motivation et ça va impacter la réussite scolaire. Il contribue à lutter contre l’autocensure qu’on connaît : « je suis né dans ce quartier, donc je ne réussirai pas ma vie » . Le PRE permet de revaloriser le jeune, de dire que pour ne pas subir il faut aussi agir et de donner les clés pour agir. »

2. 3 La place de la question « scolaire » dans les projets de

2. 3 La place de la question « scolaire » dans les projets de réussite éducative Ø Enjeu initial du PRE : dépasser le champ scolaire dans l’intervention auprès des enfants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Aujourd’hui, la prise en compte de la question scolaire dans le PRE est diversifiée §Une absence de pris en compte (intervention laissée à l’Education nationale) §Une prise en compte partielle (centrée sur les aspects de méthode, de confiance face aux apprentissages, mais qui ne porte pas sur l’aide aux devoirs)

3. Effets, plus-values et limites du dispositif

3. Effets, plus-values et limites du dispositif

3. 1 Les effets du PRE (pour les enfants) Un impact positif, différencié selon

3. 1 Les effets du PRE (pour les enfants) Un impact positif, différencié selon les fragilités initiales §Sur la santé : la mise en place et la réalisation des soins adaptés §Une évolution en matière d’estime et de confiance en soi, un dispositif qui valorise les enfants §Un rapport à l’école qui s’améliore, même s’il n’y a pas nécessairement de progression en matière de résultats scolaires à court terme

3. 1 Les effets du PRE Des effets transversaux, quelque soit les fragilités de

3. 1 Les effets du PRE Des effets transversaux, quelque soit les fragilités de dépa § Un rôle de médiation au sein de la famille de l’enfant // entre la famille et les institutions (notamment l’école) § Un soutien global aux familles ET aux partenaires § L’animation du partenariat local entre les acteurs éducatifs du territoire

3. 2 Les principaux leviers des projets § L’accompagnement par le référent de parcours

3. 2 Les principaux leviers des projets § L’accompagnement par le référent de parcours § La mobilisation et l’implication de la famille § Le lien avec l’enseignant de l’enfant

3. 2 Les principales limites du PRE § Un dispositif réactif et fortement sollicité,

3. 2 Les principales limites du PRE § Un dispositif réactif et fortement sollicité, mais qui ne peut pas agir directement sur les conditions de vie des enfants (logement, etc. ) § Une complémentarité parfois difficile avec les services et institutions de droit commun : alerter ou prendre en charge ? § Des partenariats qui dépendent fortement de relations interindividuelles et du « turn-over » des professionnels

CONCLUSION §Le PRE : un outil pertinent, opérationnel et innovant pour accompagner les enfants

CONCLUSION §Le PRE : un outil pertinent, opérationnel et innovant pour accompagner les enfants et leur famille dans la proximité §Des diversités qui assurent la souplesse du dispositif, sa réactivité et son adaptation au territoire §Un dispositif reconnu et jugé légitime par les partenaires de terrain

CONCLUSION Des pistes possibles de réflexions partenariales et locales à mener : üComment répondre

CONCLUSION Des pistes possibles de réflexions partenariales et locales à mener : üComment répondre aux enjeux et besoins du territoire (nouvelles actions, partenariats, etc. ) ? üComment « évaluer » le dispositif (construire des indicateurs, suivis de cohortes, etc. ) ?