Runion prpare avec Mireille Rosello et DidierDavid Fernandez














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Réunion préparée avec Mireille Rosello et Didier-David Fernandez. 1. Étymologie / Définitions 2. Citations choisies 3. Notions / Concepts / Prises de vues : Le néant chez Parménide, Platon, Heidegger et Sartre 4. Questions / Discussion : 3 questions, 20 mn environ par question 5. En guise de conclusion
Étymologie et définitions § Étymologie : Néant vient du latin non ens, non étant ou du latin populaire ne gentem, personne. § Définitions : Dictionnaire Larousse sur internet (extrait) : v Le non-être, le fait de ne pas être, de ne plus être. v La non-existence, ce qui précède ou suit l'existence : Retourner au néant. v Le peu de valeur de quelque chose, de quelqu'un : Le néant de la gloire. v Absence totale, vide : Le néant total de sa pensée ne vous a pas frappé ? Synonymes : rien, absence totale, vide, déficience, manque. Dictionnaire La v v philosophie de A à Z (extrait) : Au sens ordinaire : ce qui n’existe pas encore, ou n’existe plus. Au sens métaphysique : non être, ce qui n’a pas d’être ou de réalité, soit absolument, soit relativement.
Citations choisies § Par Mireille : « Le néant se nie s'il se nomme. » Maurice Chapelan § Par Didier-David : « Ce qui peut être dit et pensé doit être car l'être est et le néant n'est pas. » Harry Crews § Par Jean-Paul : « L’homme est l’être par qui le néant vient au monde. » Jean-Paul Sartre
Notions / Concepts / Prises de vues Le néant chez Parménide, Platon, Heidegger et Sartre A. Parménide (fin VI e s / milieu V e s av JC) : Le néant n’existe pas. Dans son poème De la nature, Parménide écrit : « L’être est, le non-être n’est pas. » Chez Parménide, l’être est la seule réalité qui puisse être pensée et dite par opposition au néant dont on ne peut rien penser ni dire. B. Platon (-428 / -348 av JC) : Le néant n’existe qu’en tant que négation de l’être. Comme le fait remarquer Platon dans le Sophiste, il faut bien, en quelque façon, accorder l’existence au non-être si l’on veut penser, parler, philosopher, dès lors que dire ce qu’une chose est, c’est en même temps dire ce qu’elle n’est pas. Chez Platon, si le néant existe, ce n’est qu’en tant que résultat d’une négation, comme relatif, ou en tout cas comme second par rapport à l’être.
Notions / Concepts / Prises de vues (suite) C. Heidegger (1889 -1976) : L’homme se révèle à partir du néant. Dans son livre Qu’est-ce que la métaphysique ? , reprenant l’interrogation de Leibniz Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? , Heidegger montre comment le sentiment de l’angoisse témoigne du fait que le néant se manifeste à l’homme comme abîme originel à partir duquel l’étant peut apparaître [L’homme (l’étant) est le berger de l’être]. Chez Heidegger, l’homme est celui à qui l’être se donne comme « il y a » sur fond originel du « rien » , c'est-à-dire du néant. Le néant est la condition qui rend possible la révélation de l’étant. Le berger de l’être (l’homme) devient « la sentinelle du néant » ! D. Sartre (1905 -1980) : L’homme est l’être par qui le néant arrive. Dans L’être et le néant, Sartre cherche à penser le néant non pas comme Platon sur un plan logique, comme résultat d’une négation, mais sur le plan phénoménologique, comme condition de la négation elle-même. Chez Sartre, si la négation est possible, c’est que l’homme est un être capable de distance et d’interrogation. Autrement dit, l’homme est l’être par qui le néant arrive et non celui qui se révèle à partir du néant comme le voulait Heidegger. Les conceptions de Parménide et Platon ne sont-elles pas empiriques par opposition à celles de Heidegger et Sartre qui seraient à la fois phénoménologiques et anthropocentriques ? Pragmatiques pour les premières, spéculatives pour les secondes ? Leur point de convergence ne serait-il pas que le néant n’existe que chez ou par l’homme ? Notre conception du néant ne serait-elle pas liée à celle que notre ego a de la mort ?
QUESTIONS 1. Qu’est-ce que le néant ? 2. Le néant est-il le propre de l’homme ? 3. Néant : non-être ou paix ?
1. Qu’est-ce que le néant ? Animation Didier-David Fernandez Le néant est-il transcendant à l’être ? Le néant est-il immanent ou émergent à l’être ?
1. Qu’est-ce que le néant ? 1. Le néant est-il transcendant à l’être ? § Si, comme l’estiment la plupart des philosophies idéalistes selon lesquelles le principe directeur de l’être (l’esprit) existe indépendamment de l’être lui-même (dualisme), ne peut-on pas dire que l’esprit est extérieur à l’être et le transcende ? § Si l’être, est l’ensemble de tout ce qui existe, la seule extériorité possible de l’être n’est-elle pas le non-être, autrement dit le néant ? Dans toute philosophie dite idéaliste, le néant, comme l’esprit, ne transcenderait-il pas l’être ? Si l’essence précède l’existence; avant le big-bang quoi, si ce n’est le néant et / ou l’esprit créateur ? 2. Le néant est-il immanent ou émergent à l’être ? Si, comme le pense la plupart des philosophies matérialistes selon lesquelles le principe directeur de l’être (l’esprit) fait partie de l’être lui-même (monisme), ne peut-on pas dire que l’esprit est immanent ou émergent à l’être : ü Immanent, si l’on estime que les lois de l’être sont éternelles, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » . Par conséquent, puisqu’il n’y aurait ni création, ni disparition mais uniquement des transformations, pourquoi le néant existerait-il ? ü Emergent, si l’on estime en revanche que les lois de l’être consistent en l’auto-organisation évolutive d’un grand nombre d’interactions entre particules élémentaires et/ou structures à différents niveaux qui conduirait à l’anéantissement de certaines d’entre elles qui seraient remplacées par d’autres, le néant n’est-il pas nécessaire ? Autrement dit, dès lors qu’il y aurait disparition d’anciennes particules ou structures et émergence de nouvelles, comment le néant pourrait-il ne pas exister ? Dans les philosophies matérialistes selon lesquelles l’existence précède l’essence, si le néant parait incompatible à l’être dans celles de l’immanence, au contraire, n’est-il pas consubstantiel à l’être dans celles de l’émergence ? Comme le Yin l’est au Yang, le néant n’est-il pas consubstantiellement intriqué à l’être ? Cause de l’impermanence des êtres, le néant ne serait-il pas ainsi garant de l’émergence du nouveau ?
2. Le néant est-il le propre de l’homme ? Animation Mireille Rosello Le néant en-soi existe-t-il ? Le néant pour-soi existe-t-il ?
2. Le néant est-il le propre de l’homme ? 1. Le néant en-soi existe-t-il ? § Exister en-soi, n’est-ce pas exister indépendamment de toute autre chose ? § Comme l’explique Sartre dans L’être et le néant, être en-soi n’est-ce pas exister de façon immédiate, opaque et massive, sans autre rapport à soi que l’identité ? § L’être en-soi ne serait-il pas ce qu’il est, indépendamment de toute conscience, pensée ou médiation ? Indépendamment de toute conscience, qui pourrait prétendre que le néant existe ? Sûrement pas lui ! 2. Le néant pour-soi existe-t-il ? § Exister pour soi, n’est-ce pas être en relation avec soi-même, sur un autre mode que la seule identité ? § Comme l’explique Sartre, si l’en-soi est ce qu’il est, le pour-soi n’a-t-il pas à l’être ? § Ce mode d’être de la conscience n’interdirait-il pas à l’être pour-soi d’être en totale coïncidence avec l’être en soi ? § Ce qui permettait à Sartre d’affirmer que « Le pour-soi est un être pour qui son être est en question dans son être en tant que cet être est essentiellement une certaine manière de ne pas être un être qu’il pose du même coup comme autre que lui » ! ? § Autrement dit, peut-être en plus clair, comme dit Sartre par ailleurs dans L’être et le néant, que « L’homme est l’être par qui le néant vient au monde. » Si être, pour le pour-soi, c’est néantiser l’en-soi qu’il est, comment le néant pourrait-il ne pas exister pour-soi dès lors qu’il en est l’essence-même ? Dire non, néantiser sa nature pour la maîtriser, avec pour corolaire la conscience de la mort, l’angoisse, la liberté et la responsabilité, n’est-il pas le propre de l’homme ?
3. Néant : non-être ou paix ? Paix intérieure : indifférence ou sagesse ? La vie n’est-elle pas un conflictuelle par nature ?
3. Néant : non-être ou paix ? 1. Paix intérieure : indifférence ou sagesse ? § L’indifférence n’est-elle pas l’absence de préférences et non l’absence de différences : ü Pour l’indifférent, si tout n’est pas identique, tout ne revient-il pas au même ? ü Si , comme on dit, tout m’est égal, n’est-ce pas parce que pour moi tout se vaut ? ü Or, si tout se vaut, n’est-ce pas que rien ne vaut, pas même la vie ? Si l’indifférence conduit à une pseudo paix, n’est-ce pas par nihilisme de la vie ? § La sagesse ne se reconnaît-elle pas à une certaine sérénité : § « Pour moi, j'aime la vie » disait Montaigne. Parce qu'il n'attendait pas que la vie soit aimable (facile, agréable, ni même réussie) pour l'aimer, n’est-ce pas pour ça qu’il était sage ? § Mais qui pourrait prétendre que l'on puisse aimer absolument la vie, quelle qu’elle soit ? § N'est-ce pas en effet lorsque nous ne l’aimons pas complètement, qu’afin de conserver une relative sérénité, nous avons besoin de philosopher ? Si la sagesse conduit à la paix, n’est-ce pas parce qu’elle permet d’aimer davantage la vie ? Sagesse et indifférence n’aboutissent-elles pas à des paix de natures opposées : Amour de la vie pour l’une et nihilisme de la vie pour l’autre ? 2. La vie n’est-elle pas conflictuelle par nature ? § Bichat ne disait-il pas que « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » . Par cette définition Bichat n’entendait-il pas insister sur le fait que vivre, c’est résister ? § Ce qui rejoignait la conception de Spinoza un siècle auparavant selon laquelle la vie est une occurrence du conatus (effort, tendance, poussée, pulsion) pour un être donné de persévérer dans son être. Vivre, c’est faire l’effort de vivre : le dur désir de durer est le vrai goût en nous de la vie, et le principe de toute vertu, expliquait-il dans l’Ethique. Si vivre c’est résister, la vie ne serait-elle pas un conflit par opposition au non-être qui en serait l’absence ? Toute paix ne suppose-t-elle pas un conflit qu’on surmonte sans le fuir ? Conflit et paix ne seraient-ils pas inhérents à la vie ? Si le néant, le non-être est absence de conflit, comment pourrait-il être une paix ?
Comment pourrait-on définir le Néant si ce n’est par contraste de l’Être et réciproquement ? Si l’on peut définir ce qui est (les étants), comment pourrait-on définir l’Être que tout discours suppose, s’interroge Pascal ? Or, si l’être est condition du discours, donc silence, Être et Néant ne se rejoignent-ils pas ? Comme le Yin l’est au Yang, le Néant n’est-il pas consubstantiel à l’Être de l’Etre-Temps ?
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