Yves Klein 1928 1962 Rfrences 4 Klein et


















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Yves Klein 1928 -1962 Références 4 Klein et la remise en cause de l’œuvre en Art. Opportunisme ou sincérité ? Chercheurs d’absolus et vrais mystiques ? Ou bien simples opportunistes habiles, ayant pour principal génie celui de communication dans le cercle étroit des faiseurs de cotes et de décotes ? L’art est bien un marché. Fascinant ou amusant le public plus large de ceux qui sautent dans le train du nouveau, par souci de distinction sociale ? La question reste ouverte et touche d’une manière radicale aux question du statut de l’artiste : est-il créateur ou médium ? de l’œuvre : renvoie-t-elle à autre chose qu’elle-même (représentation de… ou simple présence) De la réception de l’ouvre par son public : comment s’apprécie-t-elle ? Rapport à une vérité, à une émotion, à une expérience ? L’œuvre elle-même est-elle un vécu (happening ? performance ? promis à l’effacement) ou un objet qui demeure ? Un acte poétique, un geste politique ? 14 dia. Version Travail : toute suggestion pour compléter ou amender cette présentation sont bienvenues. Certaines diapositives ont un texte complémentaire. Il suffit de quitter l’affichage diaporama et de passer en affichage/page de commentaire. maltern 25@gmail. com
1 / des happenings aux monochromes 2 / L’art peut-il n’être qu’un discours sur l’art : l’œuvre en son absence… 3 / De l’art au commerce
1 / des happenings aux monochromes
Yves Klein 1928 -1962 Malgré une carrière courte (1954 -1962) un des chefs de file de l’avant-garde artistique d’aprèsguerre. « Yves le Monochrome » construit en 8 ans une véritable saga - « l’aventure monochrome » et devient un mythe Il commence par ouvrir une école de judo, après un séjour au Japon, passionné par cette méthode d’éducation intellectuelle et morale. Découvre en 1947 la mystique des Rose-Croix dont il devient membre. Les monochromes qu’il peint sont pour lui des objets de culte. Il se qualifie lui-même « peintre du vide » et ne présente plus au départ que des toiles réduites à la couleur bleue : un espace-couleur infini. . « Le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel : ce qu’il y a après tout de plus abstrait dans la nature tangible et visible » . « Mes peintures ne sont que les cendres de mon art » . L’œuvre d’Yves Klein révèle une conception nouvelle de la fonction de l’artiste. Celui-ci n’est jamais à proprement parler l’auteur d’une œuvre puisque, selon Klein, la beauté existe déjà, à l’état invisible. Sa tâche consiste à la saisir partout où elle est, dans l’air, dans la matière ou à la surface du corps de ses modèles, pour la faire voir aux autres hommes. La fonction qu’Yves Klein assigne à la peinture : rendre l’espace sensible, faire sortir le tableau de son cadre ce qui l’amène à faire des « performances » ou actions artistiques éphémères qui n’ont plus la matérialité du tableau.
Empruntes humaines La « technique des pinceaux vivants » , ou « anthropométrie » , revient à laisser au corps humain le soin de faire le tableau, mettant ainsi l’artiste en retrait. Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960 Pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile 1960 – Fameux happening, tenue de soirée, orchestre et trois modèles enduits d’IKB se traînent ou se plaquent sur des supports en papiers qu’elles marquent ainsi de leur emprunte. D’où le nom d’Anthropométrie qui signifie « mesure du corps humain » .
« Yves le Monochrome » (surnom qu’on lui donna) utilisait un rouleau pour peindre ses œuvres, afin, disait-il, de couper court à tout épanchement de la subjectivité à la surface du tableau. Le recours aux « pinceaux vivants » permettait aussi de maintenir une distance entre l'artiste et son œuvre. Anthropométrie sans titre (ANT 7) vers 1960, pigment pur et résine synthétique
IKB = International Klein Blue La sculpture en éponge est un des dérivés du Monochrome. L’objet est autonome dans l’espace alors que la peinture était liée au mur. Grâce à elle l’espace sera mieux imprégné des qualités du bleu… A la vue des monochromes les spectateurs doivent être « imprégnés en sensibilité comme des éponges » (Sic). Les sculptures en éponge sont comme des portraits de visiteurs qui s’imprègnent de la peinture imprégnée ! Elles transmettent une sensibilité artistique. Monochrome bleu (IKB 3), 1960 1957 : Les Monochromes bleus, baptisés « propositions monochromes » sont exposés à Milan. Onze tableaux vendus à des prix différents. Klein en conclut que chaque tableau, en plus de sa réalité matérielle, est imprégné d’une qualité immatérielle qui le distingue des autres. Le « IKB » (International Klein Blue ) est né en 1956, un bleu outremer pour lequel il introduit une demande de brevet jamais obtenue. Ses œuvres monochromes se vendent à des prix ahurissants.
Yves Klein : Monochrome doré, 1962 Yves Klein : La victoire de Samothrace, 1962 Yves Klein : Monobleu IKB 77, 1960 (IKB = International Klein Blue)
Yves Klein : Anthropométrie, 1960 Yves Klein, Vénus bleue, 1961 -62, Plâtre et Pigment 120/300 Retour sommaire
2 / L’art peut-il n’être qu’un discours sur l’art : l’œuvre en son absence…
Sa recherche est cependant celle de l’immatériel et de l’éphémère. « Mes peintures ne sont que les cendres de mon art » . Alors que les Monochromes sont encore des peintures sur toile pourvue d’une matérialité, qui sont une trace de l’invisible qui est la quête fondamentale… Première étape d’un travail qui prend appui sur le visible pour franchir le seuil de l’invisible. D’où certaines actions : un lâcher de mille et un ballons bleus dans le ciel de Paris en 1957, une exposition qui n’est qu’une galerie vide en 1958, ou la vente de « zone de sensibilité picturale immatérielle » en 1959. Sculpture aérostatique B(2007) 1959 : Maquette de chèque, pour une vente de zone de sensibilité picturale immatérielle, 1959 Encre et peinture dorée sur papier collé support de papier gouaché 15, 5 x 37 cm
La dématérialisation de l’œuvre ! 1958 galerie Iris Clert à Paris : l’Exposition du vide un événement légendaire de l’art du 20ème s. « La galerie, dont les murs avaient été repeints en blanc, paraissait absolument vide. Le dispositif global était cependant articulé en deux volets : à l'intérieur régnait la « sensibilité picturale immatérielle » , mais à l'extérieur, des rappels de la monochromie avaient été ménagés. L'invitation fut affranchie avec un timbre bleu, évocation des tableaux monochromes que les amateurs d'art avaient pu voir quelques mois auparavant. La vitrine de la petite galerie était peinte en bleu. Le public devait entrer par le portail de l'immeuble, encadré d'une draperie - bleue, bien sûr. Inscrit dans le souvenir, réactivé par sa présence périphérique, le bleu était aussi incorporé : avant qu'ils ne pénètrent à l'intérieur de la galerie, les visiteurs étaient invités à ingérer un cocktail bleu (gin, cointreau et bleu de méthylène). Cette communion préparatoire avec la couleur emblématique de l'artiste, lui-même incarnation de la monochromie, constituait le dernier jalon du parcours propédeutique mis en place. Klein le dit sans aucune ambiguïté : « Ainsi, le bleu tangible et visible sera dehors, à l'extérieur, dans la rue, et, à l'intérieur, ce sera l'immatérialisation du Bleu. » La galerie, habitée par un « état pictural invisible mais présent » , n'était donc nullement « vide » , en dépit des apparences. L'artiste s'appuie sur la mémoire du tableau, « cendre » de son art, pour promouvoir des constructions spéculatives qui articulent dans un geste poétique le visible, le bleu, à la périphérie, et l'invisible présence de son rayonnement, accessible aux seuls yeux de l'esprit. Le mode d'existence des œuvres invisibles requiert une saisie indirecte. Elle est rendue possible par un système de désignations : lieux d'inscription, images de l'absence, déclarations et textes qui manifestent l'existence du geste et de la pensée qui le sous-tend. […] alors que ses prédécesseurs usaient du visible pour manifester l'invisible, Klein restitue l'invisible comme tel » .
1960 : « Le Saut dans le vide » , Action artistique d’Yves Klein Titre de l’œuvre d’Yves Klein d’après son journal « Dimanche 27 novembre 1960 » : « Un homme dans l’espace ! Le peintre de l’espace se jette dans le vide ! » , 1960 Mais le travail d’Yves Klein sur le vide le plus « célèbre » reste sans doute celui du « Saut dans le vide » . Il présente une photographie dans une fausse édition du « Journal du Dimanche » en première page. Ton sensationnel : « Un homme dans l’espace ! Le peintre de l’espace se jette dans le vide!» . Il explique dans la légende : « Pour peindre l’espace, je me dois de me rendre sur place, dans cet espace même. . . sans trucs ni supercheries, ni non plus en avion ni en parachute ou en fusée : [le peintre de l’espace] doit y aller par lui-même, avec une force individuelle autonome, en un mot il doit être capable de léviter » . L’image est bien entendu un trucage. Klein a bien sauté mais sur une bâche tendue, remplacée par une image de la rue. Mai l’objectif est atteint : Klein a sauté dans le vide, pour s’imprégner des qualités immatérielles du vide, et les transmettre à ses œuvres ! Retour sommaire
3 / De l’art au commerce
L’art et la distinction sociale… Coffret Yves Klein Sephora et le Centre Pompidou rendent hommage à Yves Klein. A l’occasion de l’exposition "Yves Klein. Corps, couleur, immatériel" du 5 octobre au 5 février 2007, présentée au Centre Pompidou, Sephora propose, en étroite association avec le centre Pompidou, un coffret spécialement créé en hommage à l’un des plus grands artistes du XXe siècle et s’inspirant de l’International Klein Blue inventé par Yves Klein, ce bleu profond comme la nuit, sombre comme l’espace et dans lequel il voulait voir l’expérience d’un infini. L’artiste est-il une marque ? Sephora, l’expert en couleur, a souhaité témoigner du génie de l’artiste en créant un coffret s’inspirant du bleu Klein et décoré d’une de ses œuvres. A l’intérieur, trois produits de la marque Sephora au parfum "fleur du paradis" rappellent les couleurs du coffret : un bain douche (200 ml), un gommage pour le corps (200 ml) et un sucre effervescent.
« Ce qu’Yves Klein met en place est destiné à s’effacer devant le dialogue que le regardeur établit avec un au-delà, qui reste pour chacun à définir, et dont l’artiste se contente de proposer le principe, le moteur » résume Camille Morineau critique d’art. L’œuvre de Klein peut donc s’interpréter comme une ouverture généreuse vers l’audelà dont chacun rêve. Pierre Restany, critique d'art est le mentor de Klein il collabore avec lui, lui ouvre les portes d’une galerie réputée celle de Colette Allendy. C’est lui qui invente le terme de « Propositions monochromes » qui lance Klein. Exemple type d’une œuvre inséparable du commentaire que l’on fait sur elle. Alors que l’on peut concevoir qu’une œuvre parle pour ellemême et que l’artiste s’efface derrière le/les sens qu’elle dégage…
Alphonse Allais (1854 -1905) dans son album « Album Primo-avrilesque » (1897 rééd. 2005), aurait pu selon les esprits chagrins être un précurseur de Klein lorsqu’il explique sa conversion au Monochromisme ! « Et moi aussi je serai peintre ! (…). Et quand je disais peintre, je m’entendais : je ne voulais parler des peintres à la façon dont on les entend le plus généralement, de ridicules artisans qui ont besoin de mille couleurs différentes pour exprimer leurs pénibles conceptions. Non ! Le peintre en qui je m’idéalisais, c’était celui génial à qui suffit pour une toile une couleur : l’artiste, oserais-je dire, monochroïdal » . L’album est illustré de plusieurs œuvres monochrome au titre savoureux… «Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge. Alph. Allais, 1882 » (toile entièrement rouge) ; « Stupeur de jeunes recrues en apercevant pour la première fois ton azur, ô Méditerranée Alph. Allais, 1887 » (toile entièrement bleue) etc… Portrait-charge d’Alphonse Allais par Sem, vers 1900 Pourvu d’une exceptionnelle aptitude à aimanter les anticonformistes les plus inventifs parmi ceux qui hantaient les bistros du quartier latin, Alphonse Allais fut à l’origine de la création du Club des hydropathes – dont Charles Cros composa l’hymne – lequel, après avoir donné naissance au « Salon des incohérents » , devait se scinder en deux groupes : « Les Fumistes » et les « Hirsutes » . Mais c’est avec la création du « Chat noir » , de Rodolphe Salis, qu’Allais atteint la maîtrise de son art d’écrivain.
http: //www. archipope. net Merci de votre visite ! Retour sommaire Version 05/08 Présentation conçue et réalisée par C. Merlant Toutes les suggestions seront les bienvenues pour compléter ou améliorer la présentation. Usage strictement pédagogique