Travail et atteintes de lidentit Philippe Corten ULB
Travail et atteintes de l’identité Philippe Corten ULB 2010
Origine de la souffrance • Ce n’est généralement pas le travail en luimême qui fait souffrir, mais l’organisation du travail. • Même dans le cadre d’une organisation humaine du travail, – « l’organisation du travail c’est toujours l’intrusion de la volonté d’un autre dans l’appareil pyschique » (Christophe Dejours) • Les horaires • Les tâches à faire • Etc…
L’insatisfaction au travail • L’insatisfaction au travail résulte d’une tâche dont le contenu (significatif ou ergonomique) ne peut faire l’objet d’un investissemental
Insatisfaction au travail • Contenu significatif – Sens de la tâche valeurs sociales et idéologiques (laboureur morgue) – Le statut qu’il entraîne (aisance, loisirs…) – Pour qu’il y ait investissement fantasmatique il faut: • Des aptitudes structurales à fantasmer ( alexythymie) • Un libre choix du métier • Une organisation du travail « souple » avec des temps morts
Insatisfaction au travail • Contenu ergonomique – C-à-d les exigences: • Psychomotrices • Psychosensorielles • Intellectuelles ou cognitives • Psychiques • Suivant les individus, il y a différents types de personnalités qui utilisent des voies différentes pour décharger leur excitation • => la tâche est-elle bien congruente avec le mode de décharge de l’individu?
Origine de la souffrance • Atteinte identitaire – « Que faites-vous dans la vie ? » – Le fait de ne pouvoir accomplir sa tâche (ni contribuer à la transformation du monde par l’expression de sa créativité et de son intelligence) barre l’accès à la reconnaissance en même temps qu’il fait émerger un sentiment de honte, de dégradation, de perte du statut d’être humain. – Le détournement du travail de sa finalité provoque des atteintes à l’identité, du fait: • • de la privation de l’épreuve, de la privation du sens, de la confusion des rôles, de la manipulation de la réalité et notamment la confusion du vrai et du faux.
Origine de la souffrance • Situation d’impasse – L’impossibilité de démissionner sous peine de perdre ses droits sociaux génère une situation d’impasse. – La décompensation ou le suicide semble la seule alternative. • Isolement du sujet – Le collectif de travail n’existe pas vraiment où la coopération est absente, à fortiori la solidarité. – La précarité a entraîné l’intensification du travail, neutralisé la mobilisation collective, généré le silence et le chacun pour soi. – La famille et les proches ne comprennent pas
Origine de la souffrance • Contrat social du travail: – Le travailleur abandonne toute prérogative sur la production – En échange, il reçoit de la RECONNAISSANCE • Financière • D’identité: – Lui proposer des jobs qu’il peut réussir – Lui donner un rôle spécifique • Morale (estime, promotion, merci…)
Origine de la souffrance • En échange de la reconnaissance il est demandé, de part et d’autre, une LOYAUTE – Distributive • Suivant le poste qu’on occupe dans une hiérarchie, on n’attend pas les mêmes résultats – Rétributive • A poste égal, la reconnaissance doit être proportionnelle à l’apport fourni. • Apport effort?
Origine de la souffrance • Si la reconnaissance et/ou la loyauté ne sont pas respectées: • Risques => – Réciprocité négative (la vengeance) – La légitimité destructive (faire reporter sur un autre une souffrance légitime)
Origine de la souffrance • Comment en sortir? – La légitimisation constructive • Faire reconnaître sa souffrance quelque part • Faire les démarches pour défendre ses droits même si ça fait mal • Indépendamment du résultat de ces démarches, faire des projets d’avenir (imaginer que ses droits ne seront pas reconnus) • Sans l’excuser, pouvoir, soi , se mettre à la place de l’autre.
- Slides: 11