Soudage RISQUES POUR LA SANTE Docteur J P


























































































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Soudage RISQUES POUR LA SANTE Docteur J. P. BAUD BTP Santé au Travail O. P. P. B. T. P. CR Centre-Est P. REBAUD O. P. P. B. T. P. CR Centre-Est
FUMEES DE SOUDAGE
Lors du soudage, des fumées, dont l’importance varie selon le procédé utilisé, sont dégagées. Cette production de fumées est très importante lors du soudage à l’arc à l’électrode enrobée, du soudage à l’arc plasma et lors des procédés M. A. G. et fils fourrés. Ces fumées ont une composition complexe, comprenant deux fractions distinctes: une phase gazeuse et une phase particulaire.
LA PHASE GAZEUSE
Ces gaz proviennent: de la décomposition de l’air. de l’enrobage des électrodes ou des flux de protection de la soudure. du traitement subi par les pièces à souder.
GAZ ISSUS DE LA DECOMPOSITION DE L’AIR
OXYDES D’AZOTE (Vapeurs Nitreuses) Ils résultent de l’hyper-oxydation de l’azote atmosphérique sous l’influence de la chaleur et des rayons U. V. Il s’agit de NO peu irritant (V. M. E. =25 ppm soit 30 mg/m 3) et surtout de NO 2 responsable d’irritation oculaire, nasale et respiratoire avec risque d’O. A. P. retardée (V. L. E. = 3 ppm soit 6 mg/m 3) Des concentrations non négligeables de vapeurs nitreuses peuvent se voir lors de l’oxycoupage au chalumeau en milieu confiné.
OZONE (O 3) L’ozone provient de l’hyper-oxydation de l’oxygène de l’air sous l’influence des rayons U. V. V. L. E. : 0, 2 ppm (0, 4 mg/m 3) V. M. E. : 0, 1 ppm (0, 2 mg/m 3) A partir de 0, 1 ppm : picotements des yeux et irritation des V. A. S. Risque de sub-O. A. P. lésionnel d’apparition retardée lors de concentrations importantes (4 à 5 ppm pendant une heure).
MONOXYDE DE CARBONE (CO) Du CO peut se dégager lors du soudage au chalumeau en cas de mauvais réglage, dans les procédés M. A. G. et fils fourrés avec gaz (CO 2) par décomposition du CO 2 en CO + O 2 par combustion incomplète. V. M. E. = 50 ppm soit 55 mg /m 3 La toxicité du CO est lié à l’affinité de l’hémoglobine pour ce gaz avec formation de carboxyhémoglobine (Hb. CO) impropre au transport de l’oxygène vers les tissus de l’organisme.
MONOXYDE DE CARBONE (CO) • Formes graves (% Hb. CO ≥ 30%): rares: coma oxycarboné pouvant être mortel. • Formes modérées (% Hb. CO compris entre 15 et 30%): les plus courantes: céphalées, vertiges, asthénie avec parfois nausées et vomissements. L’intoxication par le CO est reconnue en maladie professionnelle dans le cadre du tableau n° 64 du Régime Général de Sécurité Sociale
GAZ PROVENANT DE L’ENROBAGE DES ELECTRODES OU DES FLUX DE SOUDURE
COMPOSES FLUORES Ils se rencontrent dans le soudage a l’arc avec électrodes enrobées de type basique (B) pouvant contenir jusqu’à 20% de spath-fluor. Des manifestations irritatives des V. A. S. et des broncho-pneumopathies aigues ont été rapportées. Elles sont réparées, en maladie professionnelle, dans le cadre du tableau n° 32 du Régime Général de Sécurité Sociale avec un délai de prise en charge de cinq jours.
COLOPHANE Lors du brasage avec métal d’apport sous forme d’alliage étainplomb (plombiers), le film protecteur contient souvent de la colophane. La pyrolyse de la colophane, intervenant dès 200°C, libère des acides abiétiques et déhydro-abiétiques ainsi que des aldéhydes aliphatiques irritants et potentiellement sensibilisants pouvant être responsables d’asthme. Ces asthmes peuvent être reconnus en maladie professionnelle dans le cadre du tableau n° 66 du Régime Général de Sécurité Sociale
GAZ LIE A LA DECOMPOSITION DES SOLVANTS CHLORES AYANT SERVI AU DEGRAISSAGE DES PIECES SOUDEES
PHOSGENE (COCl 2) Du phosgène se dégage lors du soudage a l’arc par oxydation photochimique des vapeurs de solvants chlorés par les rayons U. V. V. L. E. = 0, 1 ppm soit 0, 4 mg / m 3. T+ Les vapeurs de phosgène peuvent être responsables d’irritation respiratoire avec parfois O. A. P. retardé (6 à 72 heures) en cas de fortes concentrations.
LA PHASE PARTICULAIRE
La phase particulaire est constituée de fumées et de poussières inhalables. Le diamètre des particules contenues dans les fumées de soudage est compris entre 0, 1μm et 1µm, donc susceptible d’atteindre les alvéoles pulmonaires. Le niveau d’empoussièrement peut être très élevé et atteindre plusieurs dizaines de mg/m 3.
Les poussières présentes dans les fumées de soudage proviennent: du métal de base. du métal d’apport. des électrodes utilisées. des enrobages ou des flux éventuels. de revêtements divers: galvanisation, peinture anticorrosion… des résidus d’impuretés sur les pièces à souder. Elles sont constituées d’oxydes divers.
OXYDE DE FER (Fe 2 O 3)
Les poussières d’oxyde de fer (Fe 2 O 3) sont les principaux polluants des fumées de soudage. Selon le type d’électrode, notamment A, O ou R, on peut trouver de 50 à 60% de Fe 2 O 3. L’inhalation de fumées riches en Fe 2 O 3 provoque une irritation des bronches avec toux et expectoration. Elle peut entraîner au bout de 10 à 15 ans d’exposition une pneumopathie de surcharge appelée sidérose reconnue en maladie professionnelle dans le cadre du tableau n° 44 du Régime Général de Sécurité Sociale: affections consécutives à l’inhalation de poussières ou de fumées d’oxydes de fer.
SIDEROSE La sidérose est rare chez les soudeurs. S. F. le plus souvent absents; E. F. R. : normale Radiographie pulmonaire: miliaire à grains fins, prédominante aux bases. T. D. M. : hyperdensités interstitielles et /ou images emphysémateuses. Pas d’évolution fibrosante sauf lorsque des particules siliceuses sont présentes également (certaines électrodes peuvent contenir jusqu’à 20% de silice) provoquant une sidéro-silicose.
OXYDE DE ZINC (Zn. O)
OXYDE DE ZINC (Zn. O) Lors du soudage et de l’oxycoupage de tôles galvanisées, il y a production d’oxyde de zinc. V. M. E. = 5 mg/m 3 pour les fumées. L’inhalation de vapeurs et fumées d’oxyde de zinc, notamment en milieu confiné, peut être responsable d’un épisode de fièvre des métaux.
FIEVRE DES METAUX Les symptômes apparaissent 4 à 8 heures après l’exposition, le plus souvent en fin de journée, parfois avec un délai pouvant aller jusqu’à 24 heures. Ils peuvent survenir aussi bien dès la première opération de soudage, qu’au bout de plusieurs semaines ou mois de travail. Une brutale sensation de malaise général avec asthénie, nausées et céphalées précède l’installation d’une hyperthermie parfois importante (40°C -41°C) avec frissons et myalgies diffuses. La fièvre s’accompagne constamment d’une irritation trachéale avec toux, oppression thoracique et d’un goût métallique dans la bouche
FIEVRE DES METAUX L’auscultation est normale dans la majorité des cas; rarement, il existe des râles crépitants fins aux bases. Le tableau cède spontanément au bout de quelques heures avec d’abondantes sueurs, parfois une polyurie. Le sujet est habituellement guéri le lendemain matin ou se plaint d’une asthénie résiduelle. La N. F. peut montrer une hyperleucocytose. La radiographie pulmonaire et l’E. F. R. sont normales. La répétition des expositions induit une tolérance avec disparition progressive des accès fébriles. Il n’y a pas, en principe, d’effet à long terme sur la fonction respiratoire. Dans certains cas, cependant, les manifestations cliniques sont d’évolution sur plusieurs jours ou plusieurs semaines et s’accompagnent d’images radiologiques interstitielles et d’un T. V. O. à l’E. F. R.
CHROME
Le chrome élémentaire entre dans la composition de l’acier inoxydable: chrome: 11% - 30%, nickel: 8% - 22%, carbone: ≤ 5%. La teneur en chrome hexavalent (Cr 6) des fumées de soudage est très variable: le soudage T. I. G. est le moins polluant, le soudage à l’arc à l’électrode enrobée sur acier inoxydable produit les fumées les plus riches en Cr 6 (jusqu’à 0, 3 mg / m 3)
L’inhalation répétée de vapeurs et de poussières de chrome est responsable d’irritation de la sphère O. R. L. : rhinite avec épistaxis, pharyngite, laryngite avec parfois installation progressive d’une bronchite chronique. Un asthme accompagné d’une rhinite peut être observé : les crises surviennent au travail ou sont retardées; elles peuvent réaliser des équivalents mineurs: toux avec oppression thoracique
Au niveau rénal, une atteinte tubulaire infra-clinique réversible peut être retrouvée chez les soudeurs sur alliages chromés. Un cas de néphropathie interstitielle chronique a été rapporté chez un soudeur fortement exposé à des fumées riches en Cr 6 lors de plasmacoupage d’aciers inoxydables. Des dermatoses aéroportées (visage, cou et avantbras) irritatives ou plus rarement par sensibilisation sont possibles avec les fumées riches en Cr 6 et en nickel
Les soudeurs, dans leur ensemble, présentent un excès faible, mais significatif, de cancers bronchopulmonaires. Les fumées de soudage figurent dans le groupe 2 B du C. I. R. C. (cancérogènes possibles pour l’homme). Le pouvoir cancérogène est attribué au Cr 6 et aux sels insolubles de nickel dans les fumées provenant du soudage sur acier inoxydable. Dans certaines études récentes, le risque de cancer broncho-pulmonaire ne serait pas supérieur. Une augmentation faible de l’incidence des tumeurs nasales et sinusiennes est signalée chez les soudeurs sur acier inoxydable.
OXYDES DE NICKEL (Ni. O, Ni. O 2, Ni 2 O 3)
Lors du soudage sur acier inoxydable, les alliages de nickel et les métaux nickelés, il y a production, dans les fumées de soudage, d’oxydes de nickel. Le soudage M. I. G. et M. A. G. sont à l’origine des fumées les plus riches en oxydes de nickel. Outre les manifestations pathologiques décrites avec le chrome, l’inhalation de fumées d’oxydes de nickel peut être à l’origine d’irritation bronchopulmonaire et de fièvre des métaux.
OXYDES DE MANGANESE (Mn. O, Mn. O 2)
Les oxydes de manganèse sont souvent des constituants essentiels des fumées de soudage à l’arc avec certaines électrodes enrobées de type acide (A) ou oxydant (O) qui peuvent contenir jusqu’à 25% de Mn. O. Peu de signes cliniques typiques sont observés chez les soudeurs: une irritation des bronches voire une pneumonie sans caractère particulier peuvent, cependant, apparaître en cas d’expositions à de fortes concentrations.
PLOMB
Chez les plombiers - chauffagistes, le risque d’intoxication lors du brasage des tuyaux avec un alliage étain - plomb apporté en baguette est théoriquement nul. La température de fusion d’un alliage étain - plomb courant (60% de plomb) est comprise entre 180°C et 200°C; or la température de fusion du plomb (point eutectique) est de 327°C, nettement en dessous de la température de vaporisation du plomb (500°C).
Il en est de même lors du soudage d’éléments en plomb (arêtiers, entablements…) en couverture sur les monuments historiques. Il s’agit d’un assemblage par soudage homogène avec un petit chalumeau oxy-acétylènique. Les parties à souder sont chauffés jusqu’au point de fusion du plomb métal (327°C) et liées entre elles par un fil de plomb. Lors de ces travaux, le risque d’intoxication par voie digestive (mains souillées) ne doit pas être négligé.
Le risque majeur d’intoxication au plomb est représenté par les opérations d’oxycoupage de métaux recouverts de revêtements anti corrosion à base de dérivés minéraux du plomb (Pb. O 4, Pb. Cr. O 4…). La flamme du chalumeau peut atteindre une température de l’ordre de 3 000°C, donc bien supérieure à la température de vaporisation du plomb (500°C). Le risque existe, également, mais à un moindre degré, lors de l’oxycoupage de tuyaux d’adduction d’eau en plomb.
OXYDE DE CADMIUM (Cd. O)
Une exposition au cadmium est possible lors du soudage ou de l’oxycoupage d’alliages cadmiés et lors du brasage fort à l’argent des colonnes de gaz (plombiers agréés G. D. F. ) avec des alliages quaternaires (argent, cuivre, zinc, cadmium). Lors de ce procédé, le rôle du cadmium, dont la teneur est comprise entre 8 et 26% selon la norme A. F. N. O. R. N. F. 81 – 361, est d’abaisser la température de fusion.
L’inhalation de fumées et de vapeurs de Cd. O, à concentration modérée peut être à l’origine de fièvre des métaux, d’autant qu’une exposition à l’oxyde de zinc est souvent associée lors du soudage ou de l’oxycoupage de tôles cadmiées ou galvanisées. L’inhalation de fumées concentrées de Cd. O, lors du soudage d’alliages cadmiés en milieu confiné peut provoquer une pneumopathie sévère, volontiers retardée de 4 à 24 heures. De façon exceptionnelle, elle peut se compliquer d’une intoxication systémique avec atteinte hépatique (cytolyse) et rénale (nécrose corticale).
L’inhalation prolongée de fumées et de poussières de Cd. O peut entraîner une rhinite atrophique avec anosmie et l’installation progressive d’une bronchite chronique. Le cadmium et ses composés sont classés en catégorie 2 par l’Union Européenne (assimilable à des substances cancérogènes pour l’homme) et dans le groupe 1 du C. I. R. C. (cancérogène avéré pour l’homme). Le tableau n° 61 des maladies professionnelles du Régime Général de Sécurité Sociale répare les affections provoquées par le cadmium et ses composés.
OXYDE D’ALUMINIUM ALUMINE (Al 2 O 3)
Le soudage à l’arc et l’oxycoupage de l’aluminium ou d’alliages à base d’aluminium génèrent des fumées de Al 2 O 3 V. M. E. = 10 mg / m 3. Les affections broncho-pulmonaires dues aux poussières ou fumées d’aluminium et de ses composés sont très rares et ne surviennent qu’en cas d’exposition prolongée à des concentrations importantes: il s’agit de fibrose interstitielle diffuse et d’emphysème localisé.
Un syndrome psycho-organique avec altération des fonctions cognitives, trouble dépressif, incoordination motrice lors des mouvements fins voire léger tremblement intentionnel ou trouble de l’équilibre a été rapporté après des expositions de plus de 10 ans chez des soudeurs.
AUTRES POLLUANTS
Beaucoup d’autres polluants sont présents dans les fumées de soudage: antimoine, baryum, béryllium, cobalt, cuivre, étain, magnésium, molybdène, titane, vanadium… Ils peuvent être responsables, à des degrés divers, d’irritation des V. A. S. , de pathologies respiratoires aigues ou chroniques, de simple pneumopathie de surcharge ou de fièvre des métaux. Aux effets toxiques de chacun d’entre eux, s’ajoutent les effets combinés des mélanges composant les fumées de soudage (phénomène de synergie ou d’interaction) avec, en théorie, de multiples possibilités d’intoxication.
TOXICITE DES GAZ UTILISES
ACETYLENE (C 2 H 2)
L’acétylène est un gaz incolore, à peine plus léger que l’air. Très inflammable et instable sous pression. Comprimé, il peut se décomposer et exploser sous le seul effet d’un choc, d’une élévation de la pression ou au contact de certains alliages. Odeur très forte et caractéristique. Dépresseur du S. N. C. : céphalées, vertiges, nausées, incoordination motrice voire perte de connaissance.
PROPANE (C 3 H 8) Hydrocarbure saturé linéaire de la famille des alcanes. Gaz inflammable, plus lourd que l’air (densité de vapeur: 1, 5). Risque d’asphyxie par privation d’O 2 ou d’explosion en cas d’accumulation dans les points bas.
OXYGENE (O 2) L’air contient 21% d’O 2. Gaz incolore, comburant. Un excès d’O 2 dans l’air ambiant (> 25%) augmente le risque d’incendie: les corps gras (graisses, huile…) peuvent s’enflammer spontanément. Chacun des gaz combustibles (acétylène, butane, propane) forme avec l’O 2 un mélange inflammable; de faibles proportions de gaz suffisent pour provoquer une explosion au contact d’une flamme ou d’une étincelle.
ARGON (Ar) – HELIUM (He) Gaz inertes (gaz rares), incolores, inodores et ininflammables. L’argon est plus lourd que l’air (densité de vapeur: 1, 38); l’hélium est beaucoup plus léger que l’air (densité de vapeur: 0, 14). Gaz asphyxiants à haute concentration (soudage à l’arc M. I. G. , T. I. G. , plasma en milieu confiné (cuves, réservoirs…), risque d’asphyxie par privation d’O 2. Au dessous de 18% d’O 2 dans l’air ambiant : asthénie, céphalées, tachycardie, hyperventilation réactionnelle…
HYDROGENE (H 2) Gaz incolore, extrêmement inflammable, très léger (densité de vapeur: 0, 07). Réagit facilement en présence d’autres substances chimiques avec risque d’inflammabilité et d’explosion. A concentration élevée, il peut provoquer une perte de connaissance voire une asphyxie par baisse de la teneur en O 2.
DIOXYDE DE CARBONE (CO 2) = gaz carbonique = anhydride carbonique Gaz incolore, inodore, ininflammable, plus lourd que l’air (densité de vapeur: 1, 53). V. M. E. = 5 000 ppm; V. L. E. = 30 000 ppm. A forte concentration, le CO 2 est un gaz asphyxiant qui peut entraîner la mort. L’importance des effets observés dépend de la concentration de CO 2 dans l’atmosphère :
≥ 4% de CO 2: augmentation de la fréquence respiratoire et dyspnée chez certains sujets. ≥ 5% de CO 2: céphalées, sensations vertigineuses, tachycardie et élévation de la T. A. 10% de CO 2: troubles visuels, tremblements, HTA et perte de connaissance chez certaines personnes. 20% de CO 2: possibilités de troubles graves d’apparition rapide: dépression respiratoire, convulsions, coma et mort.
AZOTE (N 2) Gaz inerte, incolore, inodore, ininflammable, légèrement plus léger que l’air. Peut être utilisé pour le plasma-coupage. Comme les autres gaz inertes, peut entraîner une asphyxie en se substituant à l’O 2.
Lors du soudage à l’arc sous protection gazeuse, les gaz sont utilisés: soit purs. soit sous forme de mélanges ce qui permet une plus grande stabilité de l’arc: -) ATAL 5, FERROMAXX 7: argon + CO 2. -) CARGAL 2: argon (97%) + O 2 (3%). -) NOXAL: argon + H 2. -) NERTAL: argon + hélium. -) ARCAL 11: argon + hélium + H 2. -) ARCAL 21: argon + hélium + CO 2. -) ARCAL 129: argon+ hélium + CO 2 + H 2.
RAYONNEMENTS NON IONISANTS
Qu’il s’agisse de soudage à l’arc à l’électrode enrobée ou sous protection gazeuse, le soudeur est exposé au rayonnement de l’arc électrique, du bain de fusion, et du pourtour de ce dernier. Le rayonnement visible, particulièrement intense, se prolonge dans l’ultra-violet (U. V. ) et dans l’infrarouge (I. R. ). L’exposition est beaucoup moindre avec le soudage oxyacétylènique.
LUMIERE VISIBLE La longueur d’onde (λ) de la lumière visible est comprise entre 400 et 780 nanomètres (nm). 1 nm. = 10 -9 m. En raison des rayonnements visibles de forte intensité, l’iris de l’œil peut éprouver des difficultés à se contracter suffisamment ou assez rapidement pour réduire la quantité de lumière parvenant à la rétine, d’où un éblouissement temporaire et une fatigue oculaire. Des lésions rétiniennes ont été rapportées avec de très fortes intensités lumineuses.
RAYONNEMENT ULTRA VIOLET (U. V. ) λ = 100 à 400 nm Les rayons U. V. sont classés cancérogènes probables (groupe 2 A) par le C. I. R. C. depuis 1992 (2 B auparavant) On distingue les : U. V. C. (λ: 100 à 280 nm. ) les plus dangereux, U. V. B. (λ: 280 à 320 nm. ), U. V. A. (λ: 320 à 400 nm. ).
Les yeux sont plus sensibles aux rayons U. V. de longueur d’onde comprise entre 210 et 320 nm. L’absorption maximale, pour la cornée, survient autour de 280 nm: risque de lésion de l’épithélium superficiel provoquant une kérato-conjonctivite désignée sous le nom de « coup d’arc » avec impression de « sable » dans les yeux, larmoiement, rougeur conjonctivale, œdème des paupières et photophobie. La guérison sans séquelles est habituelle; cependant, si l’exposition est prolongée, les lésions peuvent aller jusqu’à une ulcération de la cornée.
Les rayons U. V. de longueur d’onde comprise entre 300 et 400 nm. peuvent pénétrer la cornée est être absorbés par le cristallin avec possibilité de cataracte. Ils peuvent également être responsables d’érythème avec rougeur de la peau voire de brûlures cutanées.
RAYONNEMENT INFRAROUGE (I. R. ) Les rayons I. R. de longueur d’onde comprise entre 780 nm. et 1 µm. (micromètre = 10 -6 m. ) sont des rayonnements thermiques qui véhiculent la chaleur avec risque, également, d’opacité cristallinienne et de cataracte. L’exposition au rayonnement U. V. et I. R. est très importante dans les procédés M. I. G. et T. I. G. , lors du soudage et du découpage plasma.
CHAMPS ELECTROMAGNETIQUES Tout équipement électrique créé dans son voisinage un champ électromagnétique qui se propage sous la forme de rayonnements non ionisants. Le soudage électrique, nécessitant des courants d’intensité très élevés, représente une source importante d’ondes électromagnétiques de basse fréquence (< 100 k. Hz).
EFFETS DIRECTS A COURT TERME Les principaux effets sont une stimulation électrique du système nerveux. Chez des personnes exposées à un champ électromagnétique > 5 – 10 m. T, il peut être constaté une perception visuelle de taches lumineuses appelés magnétophopsphènes sans danger mais pouvant perturber l’attention.
EFFETS A LONG TERME Les champs électromagnétiques sont classés par le C. I. R. C. dans le groupe 2 B (cancérogènes possibles) : augmentation des leucémies chez les enfants exposés à proximité de lignes haute-tension montrée dans certaines études épidémiologiques. Cependant de nombreuses études ne permettent pas de confirmer la causalité des champs électromagnétiques dans l’association observée. Pas de preuve scientifique quant aux conséquences d’une exposition faible et régulière.
EFFETS INDIRECTS mouvements incontrôlés. risques d’accidents du travail: - projection d’objets ferromagnétiques - déclenchement d’une explosion ou d’un incendie. dysfonctionnements de systèmes électroniques ou électromécaniques.
EFFETS PARTICULIERS Dysfonctionnement des implants actifs: stimulateurs cardiaques, défibrillateurs, prothèses auditives, pompes à insuline… Rares en pratique.
Directive européenne 2004/40/CE du 29 Avril 2004 V. L. E. (Valeur Limite d’Exposition): en deçà, en principe, pas d’effet connu sur la santé. V. D. A. (Valeur Déclenchant l’Action): en cas de dépassement, mise en œuvre de mesures de prévention et signalisation adéquate des lieux de travail. Dépassement possible des V. L. E. , notamment lorsque les soudeurs portent, pour des raisons pratiques, les câbles d’alimentation du matériel sur l’épaule.
RAYONNEMENTS IONISANTS Afin d’optimiser les caractéristiques de l’arc électrique, dans le procédé de soudage T. I. G. , les électrodes réfractaires en tungstène sont dopées, le plus souvent, avec de l’oxyde de thorium (Th. O 2). Cette technique est également, utilisée pour le soudage et le découpage plasma. L’utilisation d’une couleur (rouge) et d’un code normalisé permet de repérer ces électrodes en tungstène thorié (WT 20: 1, 7 à 2, 2% de Th. O 2).
Le thorium, nombre de masse 232, est un radioélément classé cancérogène du groupe 1 par le C. I. R. C. Il se décompose spontanément en thorium 228 qui est un émetteur α, rayonnement fortement ionisant pour les milieux qu’il traverse. Un risque de contamination interne est possible par inhalation des fumées de soudage et lors des opérations d’affûtage des électrodes. Le cérium (nombre de masse 144) ou le lanthane (nombre de masse 140) qui dopent certaines électrodes en tungstène sont, eux, des émetteurs β ou γ.
AUTRES RISQUES
CORPS ETRANGERS OCULAIRES
Lors du piquage du laitier, notamment lors du soudage à l’arc à l’électrode enrobée, des éclats chauds et pointus peuvent engendrer des lésions oculaires dont les conséquences, avec la formation de cicatrices se traduisent, à la longue, par une baisse plus ou moins importante de l’acuité visuelle.
ELECTRISATION - ELECTROCUTION
Le risque d’accident électrique est rare mais peut être très grave. Les tensions et courants utilisés pour le soudage à l’arc mettent en jeu des énergies importantes. L’accident électrique peut, aussi, être lié aux pièces nues sous tension: pièces à souder, raccords, pinces porte-électrode… Le risque est accru chez les soudeurs qui travaillent dans des enceintes conductrices (cuves, réservoirs, milieux humides…) avec un rôle aggravant de la transpiration.
BRUIT
En dehors du soudage à l’arc plasma, du plasma -coupage et du gougeage où le niveau sonore peut être très élevé (120 d. BA), en raison de l’effet de tuyère, le soudage augmente peu le niveau sonore au poste de travail, à condition, toutefois, que les paramètres de soudage soient bien réglés. Il est à noter que les tâches annexes au soudage (martelage, burinage, piquage, polissage, ébarbage et meulage) élèvent très nettement l’ambiance sonore des ateliers.
RISQUE AMIANTE
L’exposition à l’amiante a pu être très importante, il y a quelques années, lors des travaux de soudage, compte tenu de l’utilisation, par les plombiers, de plaques d’amiante avec une face aluminisée comme bouclier thermique, pour protéger les murs lors du soudage de tuyauteries en place et, également, du fait de l’utilisation de vêtements ignifugés en amiante (gants, tabliers…)
Ces types de matériel et d’équipement ne sont plus utilisés depuis l’interdiction de l’amiante le 1 er Janvier 1997, mais les soudeurs et les plombiers qui ont été antérieurement exposés doivent être toujours surveillés pour le risque amiante compte tenu du caractère retardé (plusieurs décennies) des pathologies en rapport avec ce type d’exposition.