Rien quune ombre Pome de Robert Serge Hanna
Rien qu’une ombre Poème de Robert Serge Hanna
Rien qu’une ombre Toi, qui pour moi n’as jamais eu que le visage d’une ombre, où te caches-tu mon père, depuis si longtemps ?
Rien qu’une ombre Le vieux bonhomme devenu n’est encore qu’un enfant blessé quand il pense, avec émotion, à celui qui n’est jamais venu. Il n’en connaît pas la raison, il ne la connaîtra jamais. Pas de lettre, pas de photo et pas le moindre souvenir. Un grand vide et un silence soulignés par une absence.
Rien qu’une ombre A qui pouvais-je bien penser en ce jour anniversaire ? A toi qu’en secret j’espérais. Quand le ciel de ma jeunesse prenait des couleurs d’orage, le cœur serré, souvent meurtri, sur mon traversin de papier, on m’avait dit : « il voyage » . Tu m’avais pourtant oublié. Je ne savais pas, je t’attendais. .
Rien qu’une ombre Marchant au lit de la rivière sans en connaître le fond, au risque de me perdre dans la vase d’un simple trou d’eau, quand le destin marquait le pas, personne pour me tenir la main. J’avançais comme un aveugle cherchant de ma vie le chemin. Accumulant les méprises je ne savais rien, j’espérais. .
Rien qu’une ombre Toi, qui pour moi n’as jamais eu que le visage d’une ombre, où te caches-tu mon père, depuis si longtemps ?
Rien qu’une ombre Ma porte est restée ouverte. Les occasions n’ont pas manqué où tu aurais pu la pousser. Tu te serais mis à table et nous aurions pu partager le peu que nous avions ensemble. Je ne t’aurais rien demandé. Aucune justification… Mais il était écrit sans doute que tu ne devais paraître.
Rien qu’une ombre Toi qui ne viendras jamais plus, tu m’as manqué si tu savais… Je n’ai jamais pu comprendre. Je ne savais rien, je pleurais. Sans pour autant te connaître je t’ai aimé en silence. Comme seul un enfant peut le faire. Si tu savais comme je t’ai aimé, si tu savais … Où que tu sois tu reviendrais
Rien qu’une ombre Aujourd’hui neuf décembre 07, nous fêtons mes soixante dix ans. Je n’ai pas soufflé la bougie. Car cette lumière qui brillait j’ai supposé un instant que ce pouvait bien être toi. Après tout, si tu existes tu dois bien être quelque part ? Où te caches-tu mon père ? J’ose encore espérer.
Rien qu’une ombre Poème de : Robert Serge Hanna© Hanna Trame musicale de : André Gagnon : Soir d’Hiver
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