Mai 68 un mois de violence inoue Il


















































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Mai 68, un mois de violence inouïe Il y a 50 ans, le 3 mai 1968, débutait un mouvement de protestation inédit en France. Un mouvement dont on oublie souvent l'extrême violence. Violence estudiantine, mais aussi policière…Le mouvement gagne également le monde ouvrier et la plupart des catégories de population sur l'ensemble du territoire, constituant le plus important mouvement social de l'histoire de France du XXe siècle.
Entrée en matière. Mai 68 démarre dans la violence. Le pavé des barricades étudiantes en reste le symbole. On se souvient plus de Gilles Tautin, étudiant mort à Flins, que de Pierre Beylot et Henri Blanchet, tués par les CRS à Sochaux. On se souvient aussi de De Gaulle à Baden-Baden et des mouvements de chars en banlieue parisienne. Mais on ignore totalement « l’opération stades » . Le 23 mai, en fin d’après-midi, les hommes du SAC (Service d’Action civique, service d’ordre et véritable police parallèle gaulliste) reçoivent des ordres, et des listes à en-tête de la DST (service de contre-espionnage !). Les ordres : se préparer à cueillir les « rouges » chez eux et à les interner dans des stades. Les listes : 52400 personnes, dans 41 villes, des militants de gauche et d’extrême gauche, parfois des anciens militants, ou de simples abonnés à des revues « contestataires » . Chaque groupe de 5 à 10 barbouzes reçoit pistolets mitrailleurs et pistolets automatiques. Des véhicules sont réquisitionnés : des bus, des camions, des autocars. Prévue initialement pour le 24 mai, « l’opération a été remise de 24 en 24 heures et a été définitivement annulée le 29 mai à 17 heures sur un coup de téléphone du PC de Foccart » …Ce qui est intéressant, c’est que ces faits n’ont été connus que six ans plus tard, révélés d’abord dans le journal Libération du 24 février 1974, puis dans le Canard Enchaîné, le Nouvel Observateur, etc. Une opération stades ? La comparaison s’imposait avec la grande rafle des Juifs en juillet 1942, celle des colonels grecs en 1967, et surtout Pinochet au Chili en septembre 1973.
Il y a 50 ans, via l'occupation de la Sorbonne à partir du 3 mai 1968, débute un mouvement de protestation étudiant, ouvrier, politique et culturel jamais vu. Un mouvement dont on oublie souvent l'extrême violence. Barricades, pavés, mais aussi vandalisme, riposte des CRS et blessés. . . Voici des images fortes de Mai 68. Ici le 6 mai 1968 à Paris, on aperçoit le pare-brise d'une r 16 éclaté lors d'une manifestation étudiante.
Le contexte Pendant ces quelques jours de la fin mai 68, le pouvoir semblait paralysé. Les têtes politiques de l’heure, élus gaullistes, étaient désemparés. La contestation étudiante continuait de plus belle. Tout le pays était maintenant en grève (entre 9 et 10 millions de grévistes). Les paysans s’étaient joints au mouvement, ainsi que des pans entiers de l’appareil d’État : journalistes, fonctionnaires. . . L’armée, composée essentiellement d’appelés, était consignée, considérée comme « peu sûre » . Et la police fatiguait. D’où le voyage, discret lui aussi, le 29 mai, de De Gaulle à Baden-Baden, où il rencontre Massu, « pour s’assurer du moral et de l’état d’esprit des troupes stationnées en Allemagne » (3). À partir du 29 mai, la classe politique dirigeante se ressaisit. Elle organise sa contre-offensive, à sa manière : politicienne. Le SAC reçoit l’ordre de rendre les listes, et de préparer et encadrer la grande manif de droite du 30 mai sur les Champs-Élysées. Une heure avant la manifestation, De Gaulle intervient à la télé. Il annonce la dissolution de l’Assemblée nationale, des élections législatives anticipées, et menace d’utiliser l’article 16 de la Constitution : « Si cette situation de force se maintient, je devrai, pour maintenir la République, prendre, conformément à la Constitution, d’autres voies que le scrutin immédiat du pays » . Bien joué ! Premièrement, contrer l’adversaire sur son propre terrain : la rue. Deuxièmement, l’amener sur le terrain de la bourgeoisie : les élections. En prime, la menace voilée d’une intervention de l’armée. Et ça marche. PCF, CGT, FGDS (avec Mitterrand) et autres partis et organisations de gauche n’auront plus qu’une idée en tête : les élections des 23 et 30 juin. Premièrement, utiliser les « acquis de Grenelle » pour faire reprendre le travail, et deuxièmement « aboutir, au-delà du grand succès revendicatif, à une victoire politique » (George Séguy, secrétaire général de la CGT).
6 mai 1968, rue de l'Éperon, à Paris. À l'intersection de la rue Serpente passants et manifestants se dispersent pour échapper à une charge de police et aux gaz lacrymogènes.
6 mai 1968, boulevard Saint-Germain à Paris. Des gendarmes mobiles emportent un collègue blessé par le jet d'un pavé. Ce jour-là, les affrontements se poursuivent place Saint. Germain-des-Prés jusqu'à 1 h 00 du matin, conduisant à 422 arrestations et faisant près de 600 blessés.
Près du carrefour Mabillon à Paris. Boulevard Saint-Germain, dans un nuage de gaz lacrymogène, cette jeune femme défie les CRS. Abrités "à la romaine" sous leurs boucliers, lesdits CRS vont tenter de s'emparer de la manifestante, mais ils seront empêchés par un déluge de pavés et de projectiles divers lancés par les étudiants.
Boulevard Saint. Michel à Paris. À l'intersection du boulevard Saint. Germain, un gendarme mobile relance un pavé aux étudiants le défiant, durant le premier jour des affrontements violents. En tout, 1 045 civils ont été blessés pendant "le mois des Barricades".
Boulevard Saint-Germain à Paris. Saint Germain, à feu et à sang. Cette jeune fille a reçu de violents coups de matraque. La mâchoire fracturée, elle passera plus d'un mois à l'hôpital. Rue de Lille à Paris. Affiches de Mai 68 sur les murs de l'École des Langues orientales.
Rue des Écoles à Paris. Les premières charges des forces spéciales de la préfecture de Police vont surprendre les étudiants. Il y aura de nombreux blessés. Mais aux lourdes matraques de bois répond rapidement une pluie de pavés lancés avec plus ou moins de brio par les manifestants.
Les chars et les CRS Dès le soir du 30 mai, de curieux mouvements de blindés sont observés en banlieue parisienne. « À Nogentsur-Seine, les chars ont bifurqué sur Bry-sur-Seine, direction Montereau, Fontainebleau, et Saint-Germainen-Laye (camp des Loges) où ils devaient arriver dans la soirée » . D’autre part, « pendant les cinq premiers jours de juin, les interventions de la police sont innombrables, et touchent toutes les grandes villes de France. Sont Visé en priorité : les centres de chèques postaux, les recettes principales, les dépôts d’essence, les relais de l’ORTF, etc. Les syndicats ont donné des consignes de modération : . . . ne pas s’opposer aux interventions de la police » . Il y a au moins deux grandes usines où ces consignes de modération ne seront pas respectées, et qui resteront dans les mémoires : Renault-Flins et Peugeot-Sochaux. Mais c’est autour du mot d’ordre « La lutte continue » . Voici le point de vue adopté par un groupe d’écrivains et d’ouvriers actifs dans le mouvement : « De Gaulle incite à la violence. . . , nous n’entrerons pas dans son jeu. . . , la grève doit continuer » . Point de vue confirmé, des années plus tard, par une ouvrière lors d’un débat sur mai 68 : « Le problème n’était pas de faire la révolution, mais que la CGT ne brade pas la grève. . . » .
Saint-Germain, Paris. Malgré les autopompes, les manifestants, qui ont maintenant renversé les voitures pour se protéger, ripostent avec acharnement. Une compagnie de CRS est un instant débordée. Très vite, les gendarmes mobiles sont à la rescousse. À leur tour, ils renvoient sur les manifestants les pavés que ceux-ci leur avaient expédiés.
Boulevard Saint-Michel à Paris. À la suite d'affrontement entre les manifestants et les forces de l'ordre, la police disperse les manifestants en question avec des jets d'eau.
Dans le Quartier latin à Paris. Les forces de police ont trop longtemps encaissé les projectiles sans avoir le droit de riposter. Quand leurs officiers les libèrent, personne n'échappe à leurs coups. Les victimes jonchent les trottoirs. Celles qui n'ont pas perdu connaissance sont arrêtées sans ménagement.
Boulevard Saint-Germain à Paris. Armé de mousquetons et de pistolets mitrailleurs, un escadron de gendarmes mobiles se prépare à l'affrontement. En dépit de cet équipement guerrier, aucun coup de feu à balle réelle ne sera tiré a Paris pendant toute la durée des événements de mai-juin.
Square Terrasse. Chevtchenko, à Paris. Un étudiant blessé est aidé par des secouristes bénévoles. Les infirmiers et infirmières, souvent des étudiants en médecine, évacuent les blessés les moins graves dans des endroits sûrs pour leur éviter les contrôles policiers, parfois musclés, dans les hôpitaux.
Rue de l'École de médecine, à Paris. Une étudiante blessée lors des affrontements du boulevard Saint-Michel est transportée par des secouristes de fortune. Au boulevard Saint. Germain, les manifestants, qui ont renversé les voitures pour se protéger, ripostent avec acharnement. Bilan de 16 heures d'émeute : 460 étudiants et 205 policiers blessés. Les heurts ont également fait des dégâts matériels.
Dans le Quartier latin à Paris. Le préfet de Police de Paris Maurice Grimaud parle à la presse. Il fait tout pour éviter un bain de sang lors des manifestations de Mai 1 968 : "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière", a-t-il notamment rappelé dans son discours aux forces de police du 29 mai de cette année-là.
Les manifestants arrachent les pavés dans le Quartier latin.
7 mai 1968, place Denfert Rochereau à Paris. Ce jour-là, ils étaient 15 000 à manifester, de Denfert à l'Etoile, menés cette fois-ci par les enseignants de la Sorbonne et de Nanterre.
Boulevard Raspail à Paris. Jeune manifestant pris en charge. Les barricades sont à nouveau élevées sur le boulevard. Des centaines de manifestants sont passés à l'attaque et la riposte des forces de l'ordre est sanglante.
Boulevard Raspail à Paris. Un jeune manifestant gît au sol, inconscient.
Daniel Cohn Bendit participe à la manifestation de 5 000 étudiants groupés devant la Sorbonne close. Le leader du mouvement étudiant n'a alors pas plus de 23 ans.
Rue Gay-Lussac à Paris. Charge de CRS franchissant les barricades érigées par les étudiants pendant la "Nuit des Barricades".
Nuit du 10 au 11 mai 1968, boulevard Saint-Michel à Paris. Ce panneau de cinéma arraché par les étudiants semble avoir été conçu pour cette nuit d'émeute. "Police sur la ville" est un film américain de Don Siegel sorti en 1968, avec comme acteurs principaux Richard Widmark et Henry Fonda.
11 mai 1968 à Paris. La rue Gay Lussac au lendemain matin des émeutes du 10 mai 1968. Bilan officiel de la première nuit des barricades : 367 blessés, dont 4 étudiants et 18 membres des forces de l'ordre dans un état grave.
11 mai 1968, rue Gay-Lussac à Paris. Au lendemain matin d'émeutes où, de Gay-Lussac à Monge, dans tout le quartier du Luxembourg, plus de trente mille manifestants se sont heurtés aux forces de police. Des barricades et voitures calcinées, renversées, saccagées.
Rue Gay Lussac à Paris. Après les affrontements de la veille, les Parisiens tentent de se frayer un chemin au milieu des voitures renversées. Près de 200 véhicules ont été détruits au cours des batailles de rues de la nuit.
Des militaires enlevant une barricade.
13 mai 1968 à Denfert Rochereau. C'est la grève générale. Organisé par les syndicats ouvriers et étudiants, un défilé monstre conduit un million de manifestants de la République à Denfert Rochereau. Cinq heures après le départ des premiers, la place de la République était encore noire de monde.
16 mai 1968 au Palais de l'Élysée à Paris. Le président Charles de Gaulle, lors de la conférence de presse du 16 mai 1968. C'est à l'Élysée qu'il aurait déclaré le 19 mai, d'après Georges Pompidou, l'une des phrases les plus emblématiques de Mai 1968 : "La réforme, oui ! La chienlit, non ! ".
24 mai 1968 à Saint-Germain-des-Prés. Après le discours du président De Gaulle à la télévision, à 20 heures, déçus et insatisfaits, les manifestants commencent à dresser des barricades. Ce soir-là, les bagarres seront violentes et sanglantes.
25 mai 1968 à Paris. La nuit s'achève. Les manifestants, mains sur la tête, seront embarqués pour Beaujon et d'autres bâtiments de police.
Nombreuses ont été les personnalités, nouvelles ou non, à s'engager dans les événements de Mai 68. Ici, Catherine Deneuve arrivant à une réunion des artistes au Théâtre de l'Odéon, devenu un des hauts-lieux de la contestation lors de ces événements, et occupé à partir du 15 mai 1968.
28 mai 1968 dans le Quartier latin. Une station de métro décapitée après les violentes manifestations de la veille.
28 mai 1968 à l'amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne. Malgré une surveillance renforcée aux frontières, Daniel Cohn-Bendit, cheveux teints en noir, est rentré clandestinement d'Allemagne.
30 mai 1968, place de l'Étoile à Paris. Juché au sommet de l'Arc de Triomphe, un militant gaulliste fait claquer un drapeau tricolore frappé de la Croix de Lorraine et du sigle des Comités de défense de la République de Nanterre. En bas, une marée humaine remonte les Champs-Élysées. À l'appel des CDR (Comités de défense de la République) créés les jours précédents, entre 500 000 et 1 million de manifestants défilent de la Concorde a l'Étoile.
Le 30 mai 1968 à Paris. En fin de journée, lors de la grande manifestation gaulliste, les partisans du général de Gaulle et des photographes montés sur le toit de l'Arc de Triomphe, place de l'Étoile. Plus bas, les manifestants scandent "Confiance De Gaulle", "De Gaulle n'est pas seul ! " et "Vidangez la Sorbonne !".
8 juin 1968 à Flins (Yvelines). Un jeune blessé est transporté par les manifestants. Ce jourlà, la violence s'est portée à la campagne. À Flins où l'usine Renault est cernée par des gendarmes mobiles et des CRS, quelques milliers d'étudiants sont allés assister les ouvriers en grève. La bagarre reprend cette fois dans les champs de blé et dans les jardins mêmes des villas d'Élisabethville et d'Aubergenville.
11 juin 1968, rue des Saints-Pères à Paris. Au petit matin, devant l'École de médecine, les passants regardent avec curiosité les dégâts de la nuit et une étudiante assise parmi les débris, qui a passé la nuit sur les barricades.
11 juin 1968, rue de l'Université à Paris. Deux écoliers escaladent une barricade. À droite, sur le rideau de fer de l'antiquaire, le fameux slogan de Mai 68 : "Sous les pavés, la plage". Les écoles primaires sont restées ouvertes pendant tous les événements du mois de mai.
11 juin 1968, rue Saint. Jacques à Paris. Un bulldozer déblaie la grande barricade érigée devant la Sorbonne, occupée par des manifestants qui du haut des toits bombardent les forces de l'ordre à coups de cocktails Molotov.
11 juin 1968, rue Saint-Jacques à Paris. Armés de lancegrenades, les gendarmes mobiles tentent de déloger les manifestants qui, du haut des toits de la Sorbonne, les bombardent à coups de cocktails Molotov.
11 juin 1968 à Saint-Germain-des-Prés à Paris. Une barricade érigée par les étudiants la veille.
16 juin 1968, boulevard Saint-Michel à Paris. Lors d'échauffourées au Quartier latin, une étudiante blessée est évacuée vers la rue de l'École de Médecine.
11 juin 1968 rue Saint-Jacques à Paris. En planque devant le Collège de France, les gendarmes mobiles armés de lancegrenades lacrymogènes tentent de déloger des manifestants qui, du haut des toits de la Sorbonne les bombardent a coup de cocktail Molotov.
En dates 22 mars 1968 Emmenés par Daniel Cohn-Bendit, une centaine d’étudiants occupent les locaux de l’Université de Nanterre. 6 mai 1968 Huit étudiants, dont Cohn-Bendit, comparaissent devant le Conseil de discipline universitaire à la Sorbonne. Manifestations multiples et heurts violents. 13 mai 1968 La Sorbonne est occupée. Puis les Beaux-arts et le Théâtre de l’Odéon 17 mai 1968 Début des grèves malgré l’ambivalence de la CGT. 19 mai 1968 De Gaulle revient de Roumanie: «La réforme oui, la chienlit non. » 21 mai 1968 La France compte dix millions de grévistes. Arrêté d’expulsion contre «l'anarchiste allemand» Daniel Cohn-Bendit. 27 mai 1968 Accords de Grenelle. Le salaire minimum est augmenté de 35%. Tous les salaires sont augmentés de 10%. 16 juin 1968, boulevard Saint-Michel à Paris. Effeuiller la marguerite au lieu de crier "CRS SS !" ? Sous la pluie, ce policier devant la Sorbonne de nouveau fermée ne semble pas totalement convaincu des intentions de la jeune étudiante qui lui fait face. 29 mai 1968 Visite surprise du général de Gaulle à Baden-Baden, QG des forces françaises en Allemagne. 30 mai 1968 Un million de manifestants gaullistes sur les Champs-Elysées. 23 et 30 juin 1968 Elections législatives. Raz de marée gaulliste.
Répression et dissuasion L’État est d’abord une organisation d’hommes en armes, rappelait Lénine dans « L’État et la révolution » . Ce que nous rappelle mai-juin 68, c’est que la meilleure utilisation de cet appareil militaire, pour la bourgeoisie, c’est sa non-utilisation. C’est la dissuasion. Autrement dit la menace qui engendre la peur. Il y a en effet deux violences à l’œuvre en 68. Une violence ouverte, ostensible, dissuasive. Celle des CRS et des flics, avec quelques blindés. Et une violence secrète, discrète, de dernier recours : l’opération stades avec le SAC, et le voyage à Baden-Baden. Les uns, les flics, sont intervenus la plupart du temps sans munitions ; les autres, les « spéciaux » et « parallèles » , n’ont pas reçu l’ordre de réprimer. Finalement, la bourgeoisie s’en est bien tirée. Avec l’aide irremplaçable des réformistes. Ni l’armée stationnée en Allemagne ni les pistolets automatiques des barbouzes n’ont eu à intervenir. Le bâton de la répression ouverte est resté secondaire ; il n’a fait qu’aider la carotte des réformes. Globalement, Grenelle et les législatives ont suffi pour « rétablir l’ordre » , c’est-à-dire le bon fonctionnement du capitalisme. Le problème du pouvoir d’État dans sa réalité crue, militaire, a été peu présent dans les débats de 68, et peu débattu après. Car il pose d’une manière concrète le problème de la révolution et du parti révolutionnaire. En 68, la classe ouvrière n’était pas prête. Elle faisait encore trop confiance aux partis réformistes.
Conclusion. De nos jours n'y a-t-il pas une forte probabilité d'une révolution contre le gouvernement? Et pas seulement des jeunes, mais de la population tout entière, toutes tranches d'âge confondues. Le ras-le-bol ne fait que monter, jusqu'à la goutte d'eau qui fera déborder le vase. On n'en est peut-être pas loin! Entre la grogne des étudiants et la colère des cheminots, le climat d'effervescence sociale qui couve en France réveille manifestement quelques souvenirs. À en croire le sondage You. Gov réalisé pour Le Huff. Post et CNews à l'occasion du cinquantième anniversaire des événements de Mai 68, une majorité de Français espère voir surgir un mouvement comparable en 2018. À la question "Selon vous, un mouvement similaire à celui de Mai 68 est-il nécessaire, ou non, à la France de 2018? ", 52% des personnes interrogées répondent par l'affirmative, dont 24% pensent même que c'est "tout à fait nécessaire". 34% pensent le contraire et 14% ne se prononcent pas. Édifiant , n’est-ce pas? Voilà, ce diaporama se termine ici, dans l’espoir qu’il vous a été utile et informatif. Réalisation Créa. DF à l’occasion du cinquantenaire de mai 68
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