LHistoire de la Brasserie Kronenbourg la dynastie des
L’Histoire de la Brasserie Kronenbourg la dynastie des brasseurs HATT L’origine du Faubourg de Cronenbourg ou Kronenburg et le destin des anciennes Brasseries Alsaciennes Richard’s Création Avance manuelle
l’histoire de la bière de Kronenbourg qui houblonne nos soirées depuis 1664 La Brasserie du Canon est située au rez-de-chaussée de l’immeuble au centre de l’image Tout commence en 1664, dans le quartier de la Krutenau La Kronenbourg, c’est avant tout une histoire de famille qui commence en 1664 lorsque Jérôme Hatt IV (1633 -1675) (nom francisé, de son vrai nom Geronimus Hatt) de profession tonnelier et fils du teinturier Jérôme HATT III (1596 -1633) et de Marie GASSNER obtient à 31 ans sa maîtrise de brasseur et s’installe avec sa femme Marguerite HAMM en location Au Canon ( « Zur Carthaunen » en alsacien) pour y créer une bierstub (débit de bière). L’établissement existe encore de nos jours et se situe à l’angle de la rue d’Austerlitz et de la place du Corbeau. Cela marche si bien que 5 ans après, en 1669, le couple Hatt rachète le Canon et devient rapidement une des plus grandes brasseries de la ville. A cette époque Strasbourg était une ville libre de l’empire
La Brasserie du Bas-Rhin ici prise en photo à la fin du XIXème siècle. Le bâtiment existe toujours et il est aujourd’hui occupé par le bar le Café des Anges et le restaurant Le pont aux chats A la mort du fondateur en 1675à l’âge de 42 ans, la relève est assurée par ses fils Jérôme V (1664 -)et Jean (16691730)qui font fructifier l’entreprise notamment en ajoutant à la recette originale des baies de genièvre qui donnent un goût légèrement épicé et qui différencient les bières Hatt (le premier nom de la Kronenbourg) de leurs concurrents. L’entreprise est toujours florissante lorsqu’arrive l’année 1847 où Fréderic-Guillaume Hatt (18201895) rachète un espace plus grand : la Brasserie du Bas-Rhin, anciennement située rue de la Krutenau à Strasbourg. . La production et l’entreprise continuent de croître à tel point que bientôt les murs ne suffisent plus. Et la décision est donc prise de s’installer dans un endroit plus grand.
Vue de la Brasserie de Kronenbourg en 1885 (postérieur sans doute)- Frédéric Guillaume Hatt (1814 -1882) (6ème génération de brasseurs) transfère la brasserie à Cronenbourg, C’est le début de l’essor industriel de la brasserie 1862. . En 1947, Jérôme Hatt rebaptise la bière familiale « Kronenbourg » , en hommage au quartier autour de sa brasserie il adopta le nom du quartier, mais avec une orthographe germanique, . Le quartier de Cronenbourg qui doit son nom au château KRONENBURG ( Bourg à la Couronne ou Château à la couronne ) situé dans le Kronthal ( Kochersberg) C’est le début de l’essor industriel de la brasserie. .
Kronenburg doit son nom au château Kronenburg ( francisé en Cronenbourg) Kroneburri en alsacien château Kronenburg était un château implanté au Kronthal dans l’actuelle commune de Marlenheim (des ruines Vestiges du château Kronenburg sont encore visibles au rocher de Loewenkopf). C’est l’histoire d’une conduite d’eau de 20 kilomètres, qui reliait Argentoratum, nom de Strasbourg à l’époque romaine, à Kuttolsheim au Kochersberg. Cette voie, la route de Mittelhausbergen, est l’un des deux axes structurants du faubourg de l’actuel Cronenbourg. ( Kroneburri en alsacien) appelé également «S’Galjederfel » ( le village du gibet « ‘( voir plus loin ). . A cette époque Cronenbourg ou Kronenburg n’existait pas encore en tant que village. mais en 1349 on parle d’une construction d’une tour de guet à « Kronenburg im Bruch « Mais à cette époque il existait entre le XII e et le XIVe un château de Kronenburg (nom francisé en Cronenbourg. ) La création officielle de Cronenbourg ou Kronenburg en tant que Faubourg de Strasbourg date du 10 novembre 1869. Etymologiquement, Cronenbourg vient de l’allemand «Kronenburg» (le château à la couronne). . Longtemps très peu développé . En 1780 seulement 49 habitants pour 23 maisons, tous des Jardiniers. Au village de Cronenbourg ( Kroneburri) se trouvait une tour de guet hors les murs de Strasbourg (Kronenburgertor) « Le château Kronenburg qui lui avait donné son nom, se situait au nord de la route de Marlenheim à Wasselonne, au lieudit Kronthal (Loewenkopf). Il avait été construit au début du XIIIe siècle par Frédéric II de Hohenstauffen et détruit par les troupes de l’évêque de Strasbourg en 1246. Il est ensuite reconstruit pour surveiller la route menant à Strasbourg, mais à nouveau détruit en 1369. Avec l’implantation de la brasserie HATT, l’arrivée du chemin de fer, les cafés, restaurants et bierstube se multiplient, où viennent boire et danser les Strasbourgeois , attirent une population jeune et active, qui croît rapidement : de 550 habitants en 1866, La première école de Cronenbourg est ouverte rue Neuve en 1882, la population atteint les 5 500 habitants en 1900, les 10 000 habitants en 1936, les 20 000 à la fin du XXe siècle. Le nom d’origine est KRONENBURG ou Kroneburri en alsacien ( en traduction Bourg à la Couronne ou château à la couronne ) Malheureusement , et comme se fut souvent le cas, son nom d’origine a été francisé en Cronenbourg en remplaçant le « K « par un « C »
L’histoire floue de «Cronenbourg ou Kronenburg Carte de Cassini en couleur (, issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle ) Cronenbourg ne figure pas. mais par contre la Porte de Saverne ( Kronenbuger Thor) y figure. La première mention historique de ce faubourg de Strasbourg est identifiée dans un document de 1349 dans lequel les autorités de la ville décident d’édifier une tour de guet extra muros (sous l’actuel croisement du Boulevard Wilson et la rue Georges Wodli). Cette tour est appelée «Turm zu Kronenburg» ou «Kronenburg im Bruch. Lors de l’annexion de la ville libre de Strasbourg au Royaume de France en 1681, la dénomination du Kronenburger Thor avait été francisée en Porte de Saverne. Mais sur cette carte on ne trouve aucune mention d’un village ou d’un hameau du nom de Cronenbourg ou Kronenburg
S’Galjederfelle « village du gibet » Dès 1200 jusqu’en 1262 puis en 1392, la Ville de Strasbourg a installé une potence sur l’ancienne bifurcation desroutes de Mittelhausbergen et Oberhausbergen pour y faire pendre les «vauriens» . La position de la potence ou gibet (Galgen) ainsi qu’une croix des bannis marque la limite de la ville et donne son premier surnom à ce quartier extra-muros. Cette funeste fonction aurait durablement marqué ce faubourg qui est surnommé S’Galjederfel: le village du gibet
L’histoire du Kronenburger Tor En 1374, on réunissait à la ville de Straßburg au moyen de murs et des fossés trois faubourgs , c’est-à-dire , Le faubourg Blanc, le faubourg de Saverne ( Kronenburger Straße avec le marais Kageneck et le marais vert ( der grüne und wüste Bruch) et le faubourg des pierres ‘(Steinstraße) les ouvrages nécessaires pour mettre ces faubourgs en état de défense, furent finis en 1390 Mais transformé en 1532 Cette tour subsista jusqu’en 1870 à l’arrière de la nouvelle porte
Le Kronenburgerthor, appelé également Porte de Saverne ( 1682 à 1870 ) , Magnifiquement décorée, elle fut la plus belle porte de l’enceinte fortifiée de Strasbourg à l’ arrière plan à droite on aperçoit encore l’ancien Kronenburger Thor qui subsistait encore à cette époque. La ville avait alors 9 portes à savoir : la Porte Blanche ( Weißethurm- Thor) La Porte de Saverne (Kronenburger-Thor). La Porte de Pierre (Steinstraßer-Thor) La Porte des Juifs (Juden-Thor)La Porte des Pêcheurs ( Fischer-Thor) La porte Neuve(das Neue Thor), La Porte des Bouchers ( Metzger Thor), La Porte de l’Hôpital ( Spital-Thor ) et la Porte Sainte Elisabeth (Elisabethen-Thor) La porte a été fortement endommagée lors du siège de Strasbourg en 1870. (Rappelons que Strasbourg était enserré dans ses murailles de l'époque Vauban jusqu'en 1870. ), NB: en ancien allemand, Tor s’écrivait Thor avec un « h « )
Kronenburger Tor après 1870 Dès janvier 1871 Guillaume 1 er signa un décret pour un nouveau système défensif autour de Strasbourg. Au printemps 1877, débutèrent les travaux entre la Porte de Pierre, la Porte de Saverne( appelée également Kronenburger. Thor ou s’Kroneburjerthor’ en alsacien ), la Tour Blanche, la Porte de Schirmeck. Une nouvelle enceinte ouvre la ville vers l'extérieur au moyen d'une quinzaine de nouvelles ouvertures, certaines portes reprenant les dénominations des anciens accès, Entre 1876 et 1884, les militaires allemands donnent à la cité élargie une nouvelle enceinte urbaine longue de onze kilomètres et ponctuée par une quinzaine de portes civiles et militaires. ( Enceinte démolie au milieu du 20°siècle) dénominations successives: de 1880 à 1918 Kronenburger Tor et à partir de 1919 francisé en Porte de Saverne mais pour les alsaciens la dénomination n’avait pas changé c’est resté le Kroneburjer Tor
Carte postale du restaurant le «Waldhorn, route de Mittelhausbergen. bim Füllenward am Exes» , datéde 1912. Ce restaurant était le lieu de rendez-vous des jardiniers mais aussi des soldats. (aujourd’hui une pizzeria «Le Portofino chez Gopi)
La Brasserie Hatt en 1933 à Cronenbourg La Brasserie Hatt à Strasbourg-Cronenbourg, installée au milieu des champs ici sur une photo de 1933 Très vite, le marché strasbourgeois ne suffit plus et c’est donc tirées par des locomotives à vapeur que les premières bières Hatt arrivent à Paris à la fin des années 1850. C’est tout de suite un succès et les brasseries alsaciennes prospèrent à Paris et bientôt à Marseille, à Bordeaux, En 1870 : l’Alsace devient allemande, Cronenbourg devient Kronenburg Pour les brasseries alsaciennes, la défaite de 1870 entraine une grosse crise brassicole. Car en même temps que les allemands, leur bière, elle aussi, envahit les tavernes strasbourgeoises. En 1870, la Brasserie Hatt distribue de la bière dans 92 villes françaises. En 1883, les derniers clients français sont uniquement situés à Paris La même année, les Hatt adoptent le brassage avec de la « levure pure » un procédé inventé par Louis Pasteur qui améliore la qualité de la bière et son rendement. Ce qui permet d’augmenter en même temps la qualité et la rentabilité de la bière. Cette stratégie est payante à tel point que, lorsque qu’en 1918 la France gagne la guerre contre l’Allemagne, la production de la Brasserie Hatt est bien supérieure à celle de 1870.
1922 : entrée du marketing dans l’Histoire ( Bière Kronenbourg et Tigre Bock) A la sortie de la grande guerre, Maurice Hatt (1869 -1958) rachète la brasserie Tigre Bock très connue à l’époque. C’est en reprenant ce nom que la brasserie lance une des premières bières qui ne porte pas le nom de son fondateur. C’est un des premiers produits marketing de la brasserie, avec son logo qui attire le regard et son nom facile à retenir. C’est un grand succès qui va définitivement placer la brasserie alsacienne parmi les plus grosses brasseries françaises de l’entre-deux guerre. Le Tigre Bock C’est L’ancêtre de la Kronenbourg a été créé en 1921, c’est une bière blonde de luxe qu’on ne trouve alors que dans les établissements haut de gamme. Aujourd’hui, Kronenbourg renoue avec ses origines en faisant renaitre Tigre Bock, une bière moelleuse aux reflets cuivrés, riche en arômes maltés et fruités.
Philippe Jacques HATT (1787 -1862 Petit fils du fondateur Jean HATT 1720 -1753) Dans cette famille de » brasseurs, Jean HATT (1720 -1753 )petit-fils de Jérôme Hatt fondateur de la brasserie Hatt qui devint ensuite Kronenbourg, fonda en 1746 , la brasserie de l’Espérance rue des Veaux à Strasbourg. L’ancre du clocher de l’église Saint-Guillaume située non loin de là, symbole d'espoir pour les bateliers, donna son nom à la brasserie et à sa bière. Elle fut la première brasserie d'Alsace à s'équiper d'une machine à vapeur en 1842. En 1862, la brasserie est transférée à Schiltigheim, la Cité des Brasseurs, commune voisine de Strasbourg. Plusieurs générations se sont succédés dont Philippe Jacques HATT( 1787 -1862) En 1932, la brasserie se modernise avec une nouvelle salle de brassage, surnommée la « cathédrale » , comprenant six cuves en cuivre, des vitraux et un sol de mosaïques fastueuses. Cette salle, toujours en activité, reste le symbole de la brasserie. En 1964, la brasserie produit 600 000 hectolitres. C’est aussi à cette époque sont menées les premières campagnes de publicité pour la marque Ancre. La bière Ancre est alors exportée dans une cinquantaine de pays. En 1972, Heineken acquiert l'Albra et la brasserie de l’Espérance, En 1980 arrivent les premiers brassins de bière Heineken. L'Espérance est alors l’unique site de production français du groupe et le siège social d’Heineken France SA y est installé. C’étant la triste fin de la Brasserie Alsacienne de l’Espérance
1945 -1970 : après-guerre, trente glorieuses et entrée en jeu du dernier Hatt de la dynastie Durant la guerre, la production de bière chute drastiquement, surtout après le bombardement de l’usine de Cronenbourg le 8 août 1944, qui détruit les caves de gardes et une partie de l’usine ce qui, en 1945, fait chuter la production à un niveau proche de celui de 1845. dès la fin de la guerre, la reconstruction de l’usine est en marche. C’est à ce moment que Jérôme Hatt (1912 -1998) qui, en plus de porter le même prénom que le fondateur de la dynastie, va développer la brasserie à coup d’innovation et de marketing. En 1947, la Brasserie Hatt et sa bière change de nom pour devenir » Kronenbourg » et adopte le damier rouge et blanc sur ses bouteilles, inspiré du blason de la ville de Strasbourg et du drapeau alsacien
Pourquoi Kronenbourg et pas Cronenbourg Jérôme Hatt a fait une opération typiquement alsacienne puisqu’il a mixé la France et l’Allemagne en gardant le meilleur des deux pays : il a remplacé le C par un K pour donner au nom une consonance allemande, déjà gage de qualité à l’époque. Mais tout en gardant le « -bourg » à la fin qui a une prononciation plus facile, plus douce. Car le vrai nom allemand du quartier s’écrivait « Kronenburg » ce qui faisait trop Prussien-casque-àpointe. Donc, avec ce nouveau nom de marque, nous avons la qualité allemande et la beauté de la langue française.
KRONENBOURG ET L’INNOVATION Kronenbourg a révolutionné plusieurs fois les habitudes de consommation de la bière. Dès 1948, la marque démocratise la bière au format individuel en créant la bouteille dite « Steinie » , puis en 1953, elle rend la boisson nomade en introduisant les premières canettes. 10 ans plus tard, Kronenbourg créé le tout premier pack et innove encore en 1983 avec la capsule dévissable. Vous pouvez maintenant consommer votre bière partout, et sans décapsuleur !
KRONENBOURG ET LES LABELS Au cours de son histoire, la bière Kronenbourg a été reconnue à plusieurs reprises. Déjà en 1876, la bière Hatt se distinguait en remportant plusieurs médailles d’or à l’Exposition universelle de Paris. Puis en 1964, Kronenbourg est félicitée pour son savoir faire ancestral par le diplôme « Tradition France » . En 2011, la marque obtient le label « Origine France Garantie » : l’orge provient à 80% du Nord-Est de la France, le houblon est Alsacien et la production 100% française !
KRONENBOURG ET L’ALSACE « Kronenbourg, le grand nom des bières d’Alsace » , tel a été pendant très longtemps le slogan de la marque. Brassée en Alsace et fière de ses origines alsaciennes, la Kronenbourg a hérité de tout le savoir-faire de la première région brassicole de France. D’ailleurs, le logo de la marque s’inspire directement des armoiries de Strasbourg, sa terre natale !
Ouvriers de la Brasserie HATT en 1911 à Kronenburg
En 1963 on ouvre près de Paris le premier hypermarché de France. C’est le début de la société de consommation en France. C’est pour ce marché que le premier « Pack de 6 » est lancé. On se rend plus bien compte aujourd’hui de l’innovation que le pack de 6 en verre perdu représentait à l’époque. Cela voulait dire que pour la première fois, on n’était plus obligé de ramener les bouteilles vides au point de vente une fois la bière consommée. Cet emballage est aussi plus élégant que la bière consignée que les retours à la consigne finissaient par user. C’est un produit parfait pour les grandes surfaces dont la fréquentation va exploser dans les années 1960. La bière devient plus facilement transportable et devient plus sociable. Sa consommation se déplace petit à petit des bars vers le domicile des consommateurs. Et c’est toujours le cas aujourd’hui puisqu’environ 70% de la bière consommée en France est achetée dans les supermarchés.
KRONENBOURG ET L’ENVIRONNEMENT En 1998, Kronenbourg est la première entreprise brassicole au monde à obtenir la certification ISO 14001, gage de sa performance environnementale. Kronenbourg s'engage à respecter la nature qui lui fournit les éléments de ses bières : l'eau, l'orge et le houblon ! Cet engagement est tenu tout au long du cycle de production : sélection locales des matières premières, réduction constante de sa consommation d'eau, traitement des déchets industriels et conception d'emballages durables.
En 1966 : construction de la brasserie Kronenbourg à Obernai L’histoire se répète et la brasserie de Strasbourg-Cronenbourg aussi surnommée « K 1 » arrive à saturation à la fin des années 1960 avec ses 2 millions d’hectolitres de production annuelle. Comme la brasserie du site historique autrefois située au milieu des champs est maintenant encerclée par des habitations, la décision est prise de construire une brasserie-usine ultra moderne dans la périphérie d’Obernai que l’on nommera « K 2 » . L’entreprise est au firmament et les bénéfices gonflent d’année en année. Pourtant, c’est à ce moment-là que Jérôme Hatt, âgé de 60 ans décide de vendre la société
En 1970 : C’est- la fin de la dynastie Hatt, bonjour la mondialisation "Jérôme" Maurice HATT 1912 -1998 Il était le dernier de la dynastie des brasseurs HATT Jérôme Hatt avait coutume de dire dans les années 1960 devant ses salariés : « Moi vivant, jamais je ne vendrai l’entreprise familiale » . Et pourtant, en 1970 après plus de 300 ans dans la famille Hatt, la brasserie change de main pour le groupe BSN « Boussois-Souchon-Neuvesel » (groupe français spécialisé dans les emballages en verre qui deviendra plus tard le groupe Danone) car on lui proposait certainement un bon prix, mais aussi et surtout, suite à un divorce qui se passe mal et qui lui coûte une somme pharamineuse. Car selon un retraité qui y a travaillé dans les années 1970, c’est à cause (ou grâce ? ) à une femme que Jérôme Hatt vend sa brasserie à son fournisseur de verre. Mais la fin de la dynastie Hatt n’empêche en rien la croissance de la brasserie poussée par les grandes surfaces et la publicité.
La fin d’une dynastie de Brasseurs Créateur de la Dynastie des brasseurs HATT en 1664 Fondateur de la Brasserie de l’Espérance 1912 -2013 Le dernier de la Dynastie des brasseurs HATT Le brasseur Kronenbourg, passé en 2008 sous contrôle du danois Carlsberg, puise son origine dans la brasserie fondée par Jérôme Hatt en 1664. Dix générations et trois siècles plus tard, ses descendants étaient jusqu'en 1989 aux commandes de Kronenbourg, alors qu'une autre branche de la famille Hatt dirigeait une autre brasserie alsacienne, celle de L'Espérance, passée sous le contrôle d'Heineken. Trente-six brasseurs de la famille Hatt sur dix générations et plus de trois siècles, de 1664 à 1989, se sont succédés
Villa Hatt à Cronenbourg Villa construite pour la direction de la Brasserie Kronenbourg, en l'occurence le brasseur Jérôme Georges Maurice Hatt en 1896 au n° 70 route d' Oberhausbergen à Cronenbourg Sur une plaque sur la maison, on peut lire « c'est ici qu'est né le 9. 9. 1912 Jérôme Maurice Hatt, président directeur genéral des Brasseries Kronenbourg de 1970 à 1977 » Il était le dernier de la dynastie des brasseurs HATT Jérôme Hatt (1912 -1998), sixième du nom, était le dernier dirigeant familial des Brasseries Kronenbourg
A Strasbourg-Cronenbourg, route d’Oberhausbergen, à la place du site qui a abrité la brasserie Kronenbourg durant presque 150 ans, il se dresse aujourd’hui un mini Super U et un ensemble d’immeubles à l’architecture très discutable. Seule une « Rue Hatt » créée dans le quartier nous rappelle sa riche histoire.
Nouveau quartier des Brasseurs Strasbourg – Cronenbourg Requalification globale de l’ancien site industriel de la Brasserie Kronenbourg, comportant la démolition partielle préalable, la réhabilitation partielle du site historique (restructuration lourde de l’ancienne salle de brassage des Brasseries Kronenbourg). Construction neuve de 385 logements collectifs dont 94 logements locatifs sociaux, d’une surface commerciale et de bureaux, d’un parking souterrain de 300 places et de 47 places de stationnement en extérieur. Mais Kronenbourg n’est plus qu’une petite marque au sein d’un grand groupe, en témoigne l’abandon du site historique du quartier de Cronenbourg, qui est aujourd’hui remplacé par un simple quartier d’habitations. Seule la salle de brassage subsiste. » . Pour un habitant du quartier qui s’est construit autour de sa brasserie, ça fait un petit peu mal au cœur de voir ça
La Brassserie Kronenbourg à Obernai Salle de brassage, brasserie Kronenbourg, Obernai Bureaux La Brassserie Kronenbourg à Obernai a une superficie de 69 hectares et mise en service en mars 1969 c'est le plus grand site brassicole de France et le troisième plus important d'Europe. Équipée de trois salles de brassage, elle produit 7 millions d’hectolitres par an. Elle dispose de 53 tanks de fermentation et 70 tanks de gardes ainsi que 11 lignes de conditionnement capables de produire en moyenne par heure : 410 000 bouteilles, 115 000 boites et 1 200 fûts. En 2016 la brasserie Kronenbourg compte 1 210 salariés dont 800 personnes à Obernai, 160 à Boulogne-Billancourt et 240 commerciaux dans toute la France. Pour l'année 2015, le chiffre d'affaires de Kronenbourg est de 916 millions d'euros, en hausse de 6 %. Kronenbourg réalise environ 40 % de la production nationale de bière et exporte 20 % de sa production, notamment la 1664 qui est commercialisée dans 70 pays et serait la bière française la plus vendue au monde
Kronenbourg depuis 50 ans à Obernai Kronenbourg s’apprête à fêter et 14 et le 15 septembre 2019 ses 50 ans à Obernai La brasserie emploie actuellement plus de 700 salariés à Obernai, auxquels on peut ajouter la centaine de personnes qui travaillent sur le site de la brasserie pour la logistique, mais sont employées par un sous-traitant. Avec une production annuelle de plus de sept millions d’hectolitres ( avec un pic à dix millions d’hectolitres en 1999 ). La brasserie Kronenbourg à Obernai est la plus grande brasserie de France.
Les années 1970 s’enchaînent et la consommation ainsi que les profits ne cessent d’augmenter. Le pic de bénéfices est atteint en 1976 (selon un retraité de la brasserie, les salariés ont touché cette année-là 18 mois de salaire…) suite à une des pires sécheresses que la France ait connu au XXème siècle. Car c’est bien connu, pour se désaltérer rien ne vaut une bière bien fraîche ! Début 1980, le marché de la bière en France a atteint un sommet de consommation qu’il ne dépassera plus jamais par la suite. Le permis à points et les premiers conseils de santé sont passés par là. Kronenbourg choisit donc de diversifier ses marques et lance en 1981 le panaché Force 4 qui, avec 1% d’alcool, sera un immense succès, surtout chez les jeunes.
1990 à 2000 : l’époque des multinationales La consommation de bière baisse en Europe et grâce à l’appui financier du groupe BSN – devenu Danone en 1994, Kronenbourg lance sa bière de luxe, la 1664 à l’étranger et aux Etats-Unis notamment. Et aujourd’hui encore, c’est la 1664 qui est la bière française la plus vendue dans le Monde. Durant les années 1990, la production de bière s’arrête totalement sur le site historique de Cronenbourg et le site d’Obernai devient la plus grosse brasserie d’Europe en volume ! Entre 1999 et 2007 la production baisse de 30% mais c’est plus un changement de société qu’un échec commercial. Les français boivent moins de bières que leurs ainés, voilà tout.
2000 à nos jours : l’avenir se joue dans un groupe En l’an 2000, le groupe Danone se lance dans une stratégie de marque orienté « bien être » et « santé » . On comprend facilement pourquoi Frank Riboud, le PDG du groupe Danone à l’époque, se sépare des brasseries Kronenbourg cette année-là, non sans provoquer quelques ronchonnements provenant des actionnaires du groupe car la bière est et reste très rentable. C’est une entreprise multinationale qui n’a plus grand chose à voir avec l’entreprise locale et familiale dont l’esprit survivait encore dans les années 1960 qui, après être passée dans les mains du groupe Scottish & Newcastle finit entre les mains du groupe Carlsberg, son propriétaire actuel.
Les bières brassées par Kronenbourg à Obernai Kronenbourg 1664 Force 4 Carlsberg Grimbergen Wilfort San Miguel Killkenny Tourtel, Wilfort Kronenbourg a traversé plus de 10 guerres et a changé de pays à 3 reprises en 300 ans. Le vrai patrimoine qu’elle laisse aujourd’hui c’est surtout les 1200 emplois sur le site d’Obernai qui produit à lui seul 40% de la production française de bière. Car c’est dans l’usine construite par les Hatt que l’on produit aujourd’hui toutes les bières du groupe Carlsberg vendues en France (Kronenbourg, 1664, Force 4, Carlsberg, Grimbergen, San Miguel , Killkenny, Tourtel, Wilfort…)
Principales marques du groupe Carlsberg (bière phare du groupe, distribuée dans plus de 140 pays) Tuborg (Internationale) Somersby (Cidre vendu dans plus de 46 pays) 1664 (Internationale) ( Kronenbourg) Grimbergen (Internationale) Holsten (Internationale) Baltika (Russie) Kronenbourg(France) Feldschlösschen (Suisse) Mythos (Grèce) siège de la société Carlsberg à Copenhague. En 2016, le groupe Carlsberg brasse au total 483 bières différentes. La Carlsberg française, brassée par Kronenbourg à Obernai
Le destin des anciennes Brasseries alsaciennes qui étaient la fierté de nos ancêtres Depuis la Première Guerre mondiale plus de 70 brasseries de la région ont disparu ou sont passées sous d’autres enseignes voire d’autres groupes étrangers De nos jours , seul la brasserie Meteor et quelques micro-brasseries sont restées indépendantes et familiales
Avec l’arrivée de Heineken en Alsace c’était le début de la fin des Brasseries Alsaciennes Mais c’était peut-être le prix à payer pour continuer de brasser après 350 ans d’existence HATT. Avec l’arrivée de Heineken en Alsace, tant de brasseries régionales ont disparu ces 20 dernières années (Adelshoffen, Schutzenberger Fischer, Espérance Freysz, Mutzig, Prieur, Gruber , HAGG Ingwiller , Colmar Perle etc. . ). De nos jours, d. AB In. Bev-SABMiller (qui ont fusionné en 2016), Heineken et le groupe Carlsberg – qui se partagent plus de 50% de la consommation mondiale.
l’arrivée du Néerlandais Heineken en France dans les années 1970 Brasserie Heineken Schiltigheim ( ancienne brasserie de l’Espérance faùmille Hatt ) En 1972, Heineken International acquiert l’Alsacienne de Brasserie (Albra) qui compte alors quatre sites de production: la Brasserie de l'Espérance de Schiltigheim, la Brasserie Mutzig , la brasserie Haag d’Ingwiller, la Brasserie de Colmar. Dans la Brasserie de l'Espérance commence la production française de la Heineken en 1980. Cette même année, l’Albra devient Heineken France SA et construit son premier siège social à Schiltigheim, route de Bischwiller dans l’ancienne brasserie de l’ Espérance. Petit à petit Heineken fait son nid en Alsace. En 1996, le Groupe Heineken rachète Brasserie Fischer de Schiltigheim. la Brasserie Adelshoffen, dont Gruber avait déjà été fermé par la Brasserie Fischer en 1965 . Après avoir pris le contrôle de toutes ces brasseries, Heineken commence à fermer ces anciennes brasseries, les unes après les autres. Perle en 1971, Haag Ingwiller en 1972, Colmar en 1975, Mutzig en 1989, Fischer et Adelshoffen en 2009 ( Gruber avait été fermé par le groupe Fischer-Adolshoffen en 1965 ) Heineken France est à la fois brasseur et distributeur avec sa filiale France Boissons depuis 1987 qui en fait le premier distributeur de boissons en France De nos jours, Heineken France se dispute la place de premier brasseur français avec Brasseries Kronenbourg.
La brasserie Meteor à Hochfelden fondée en 1640 par Jean Klein, puis racheté en 1844 par la Famille de brasseurs Strasbourgeoise METZGER. En 1898, cette famille s'allie par mariage à la famille Haag, brasseurs d'Ingwiller ; la brasserie est renommée « Haag-Metzger » . C'est en 1925 que Louis Haag, épaulé par ses deux fils Frédéric et Alfred, rebaptise sa brasserie « Meteor » , patronyme plus porteur sur le marché français. La brasserie est encore aujourd'hui dirigée par cette même famille. HAAG. Elle est la plus ancienne et la seule dernière grande brasserie alsacienne indépendante voire le plus ancien site brassicole de France encore en activité. La brasserie emploie 200 salariés et produit environ 500 000 hectolitres de bière par an, pour une capacité de 600. 000 hl. dont un quart sous forme de fûts. tandis que plus de 70 brasseries de la région ont disparu depuis la Première Guerre mondiale ou ont été rachetées par de grands groupes.
Brasserie Licorne à Saverne Brasserie de tradition, très attachée à la ville de Saverne et à l’Alsace, elle est longtemps restée une entreprise familiale dirigée successivement par les familles Ebener, Schweickhardt, Gerber, Becker et Weber. La brasserie Licorne appartient aujourd’hui au groupe allemand Karlsberg (appelé Karlsbräu en dehors de l'Allemagne). En 2007, la brasserie de Saverne adopte le nom de brasserie Licorne. Elle produit aujourd’hui plus d'un million d'hectolitres par an et emploie 170 personnes
Elsassbier la bière d’Alsace La bière d'Alsace, « Elsassbier » , désigne la bière brassée en Alsace selon une tradition séculaire. Première région brassicole de France, la bière fait partie du patrimoine alsacien. Les quatre brasseries majeures d'Alsace, Kronenbourg, ( Carlsberg) l'Espérance ( Heineken), Licorne ( Karlsberg), Meteor, toutes situées dans le Bas-Rhin, assurent la production de 60 % du volume national de bière (soit près de 11 millions d'hectolitres) et emploient 1 400 salariés pour un chiffre d'affaires de 1, 4 milliard d'euros. Outre cette production industrielle, il existe encore, ou plutôt à nouveau, une production de bière artisanale au sein de microbrasseries et de brasseries artisanales éparpillées sur tout le territoire. Les premières traces écrites d'une activité brassicole à Strasbourg remontent à 961. La plupart des brasseries d'Alsace sont alors gérées par des religieux. En effet les moines disposaient du monopole, accordé par Charlemagne, de la fabrication de la bière. Au XVIe siècle, six brasseries strasbourgeoises produisent 1 300 hectolitres de bière. Au XVIIIe siècle, l'Alsace compte environ 300 brasseries. En 1866, l'Alsace compte 287 brasseries dont 60 rien que pour Strasbourg. En 1918, le retour à la France permet aux brasseurs alsaciens de s'affranchir de la législation allemande particulièrement restrictive quant aux ingrédients utilisés (Reinheitsgebot) En 1964, les brasseries alsaciennes ont produit 4, 2 millions d'hectolitres. Si plusieurs grandes brasseries ont fermé au cours de la seconde moitié du XXe siècle. la fin des années 1990 marque le retour d'une production de bière artisanale au sein de micro-brasseries. En 2014, la région compte 25 brasseries artisanale
Réalisation Richard KOCHER les images et les textes sont du net
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