LES EFFETS BIOLOGIQUES RAYONNEMENTS IONISANTS Dr MRANI ZENTAR
LES EFFETS BIOLOGIQUES RAYONNEMENTS IONISANTS Dr MRANI ZENTAR ALAE Dr BASRAOUI
PLAN INTRODUCTION GENERALITES SUR LES RAYONNEMENTS IONISANTS EFFETS DES RAYONNEMENTS IONISANTS LES DIFFÉRENTS TYPES D’ACTION DES RAYONNEMENTS IONISANTS RADIOPROTECTION CONCLUSION
INTRODUCTION RADIOBIOLOGIE « étude scientifique des effets biologiques des rayonnements ionisants sur les êtres vivants » Importance primordiale La radioprotection individuelle, du public et de l’environnement Comprendre et prévoir les effets des RI en radiothérapie
INTRODUCTION Effets des rayonnements ionisants Caractéristiques du RI Composition de l'organisme Type Energie Parcours Type cellulaire Tissu Sujet Différents modes d'irradiation Dose Débit de dose
GENERALITES SUR LES RAYONNEMENTS IONISANTS LES DIFFERENTS TYPES DE RAYONNEMENTS IONISANTS CARACTERISTIQUES DES RAYONNEMENTS IONISANTS NOTION DE DOSIMETRIE
LES DIFFERENTS TYPES DE RAYONNEMENTS IONISANTS
LES DIFFERENTS TYPES DE RAYONNEMENTS IONISANTS Rayonnements a Rayonnements b Rayonnements neutroniques Rayonnements X et g
CARACTERISTIQUES DES RAYONNEMENTS IONISANTS Air Eau, Tissus Alpha (α) 10 cm Quelques μm β 1 m 1 mm X, Gamma ≥ 10 ou 100 m 10 aine cm Neutrons ≥ 10 ou 100 m 10 aine cm Parcours directement lié au transfert linéique d'énergie (TLE)
CARACTERISTIQUES DES RAYONNEMENTS IONISANTS Schéma du parcours des différents rayonnements, en fonction de leur nature et du mode d'irradiation
CARACTERISTIQUES DES RAYONNEMENTS IONISANTS DANGER RELATIF Alpha Parcours court Beta Faible parcours X, Gamma Source de danger Neutrons Source de danger Irradiation externe 0 Sans danger 0+ +++ Contamination externe 0 Sans danger +++ Danger Peau: brûlures ++ Contamination interne +++ Source inhalée ou absorbée ++ ++ Efficacité des rayonnements ionisants
Notions de dosimétrie Dose absorbée Dose équivalente Dose efficace
Dose absorbée Ø La dose absorbée D correspond à l’énergie déposée par le rayonnement ionisant par unité de masse. Ø D = d. E / dm : J. kg-1 = Gray : Gy => la dose absorbée dépend de la nature du rayonnement ionisant considéré et de la nature des tissus irradiés Ø Les doses absorbées: variables selon les applications: • 0, 2 m. Gy : RX dentaire - 1 m. Gy : cliché thorax • 2 Gy: séance de radiothérapie - +++k. Gy: ionisation des aliments
Dose absorbée Ø Une D de 1 Gy provenant d‘une source b ne produira pas les mêmes effets biologiques qu‘une D de 1 Gy provenant d‘une source a! (Notion d’Efficacité biologique Relative: EBR ) Ø D’où nécessité d’introduire un autre paramètre!
Dose équivalente Ø En radioprotection, pour tenir compte de la nocivité propre des différents RI, on applique à D un facteur de pondération WR lié à la qualité du RI : HT = WR. DTR Ø HT : Dose équivalente à l'organe T irradié ne se mesure pas, il se calcule. Ø HT compare des doses délivrées par des RI différents. Ø Unité HT : Sievert (Sv); 1 Sv = 100 Rems (ancienne unité) ü DTR: Dose moyenne dans l'organe T due au rayonnement R en Gy ü WR : Facteur de pondération radiologique, s'applique à la dose moyenne reçue par le tissu ou l’organe irradié.
Dose équivalente Ø Donc WR dépend du type et de l‘énergie du RI. Ø Mais WR est indépendant de la nature du tissu ou de l'organe irradié Ø Wr = Facteur de qualité caractérisant le RI, Wr = 1 pour les X, les g, et les b, Wr = 5 à 20 pour les neutrons en fonction de leur énergie, Wr = 20 pour les a.
Dose efficace Ø La dose équivalente à un organe HT, affectée de WT, devient pour l'organisme entier : personne : la dose efficace. Ø Dose HT à un organe ⇒ dose efficace E HT. WT = E ü HT : Dose équivalente à l'organe T en Sv ü E : Dose efficace en Sv ü WT : : Facteur de pondération tissulaire , WT est lié à la nature du tissu ou de l'organe exposé, donc à la radiosensibilité de l'organe. Ø WT : est indépendant de la nature du RI. (Bien distinguer WR et WT !)
Dose efficace Tissu ou organe Facteur de pondération pour les tissus WT Gonades 0, 20 Moelle osseuse 0, 12 Colon 0, 12 Poumon 0, 12 Estomac 0, 12 Vessie 0, 05 Sein 0, 05 Foie 0, 05 Œsophage 0, 05 Thyroïde 0, 05 Peau 0, 01 Surface des os 0, 01 Autres tissus ou organes 0, 05 Les valeurs des facteurs de pondération WT pour les tissus retenues par la CIPR 60
Dose efficace Ø Le sujet qui a reçu une dose équivalente HT à un organe, soit une dose efficace E=HT. WT, subit un détriment égal à celui qu'il aurait subi s'il avait reçu une dose équivalente à l'organisme entier. Ø Le niveau du préjudice ou détriment est le même que l'irradiation ait lieu à l'organisme entier ou qu'elle ait été partielle
Dose efficace Exemple : Ø Si une personne reçoit une HT de 100 m. Sv à la thyroïde (WT = 0, 05), il a reçu une dose efficace E = 5 m. Sv. Ø Cela signifie qu'il subit le même niveau de détriment que s'il avait reçu une dose équivalente à l'organisme entier de 5 m. Sv
Notions de dosimétrie Relation entre dose absorbée, dose équivalente et dose efficace (CIPR 73)
Notions de dosimétrie
EFFETS DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Action des rayonnements sur la matière vivante succession des phénomènes IRRADIATION 0 10 -15 s EXCITATION, IONISATION 10 -5 s Formation de radicaux, produits moléculaires Seconde Atteinte des molécules vitales Minute Lésions de l'ADN et autres molécules impliquées dans l'expression et la transmission du patrimoine génétique : histones Méthylations… jour, semaine Mort cellulaire Année descendance Cancérisation Mutation génétique
Les différents types d’action des rayonnements ionisants Action chimique et moléculaire Action physique Effets cellulaires Effets tissulaires et sur l’organisme entier
Action physique Ø L’interaction des rayonnements ionisants avec la matière provoque des phénomènes physiques, que la matière soit inerte ou vivante. Ø Les processus ultérieurs tels les phénomènes radiochimiques, cellulaires ou tissulaires n’existent que pour les tissus vivants. Ø Le phénomène physique élémentaire, qui est rare sur la matière vivante, est amplifié de façon considérable par les phénomènes biologiques caractéristiques du tissu vivant.
Action physique Ionisation Excitation Transfert thermique EI ˃˃˃ EL* EI ˃ EL EI ˂ EL *EI: Energie incidente *EL: Energie de liaison
Action chimique et moléculaire Effets directs Effets indirects Cytoplasme Membrane cytoplasmique Radiolyse de l’eau Noyau Lésion moléculaire
Effets directs Ø Les molécules ionisées ou excitées, sont très instables. Ø Elles perdent leur excédant d’énergie par : ü émission d’un photon de fluorescence avec retour à l’état fondamental ü rupture de liaison chimique covalente et destruction de molécules d’intérêt biologique Conséquences biologiques sont importantes pour l’ADN qui assure une fonction vitale.
Effets indirects Radiolyse de l’eau
Effets indirects Phénomène d'excitation: Ø Les niveaux énergétiques des électrons sont modifiés Ø Entraîne la rupture d'une liaison covalente Ø Chaque radical emportant avec lui son électron célibataire. Ø Ces radicaux libres sont très réactifs, OH· étant un puissant oxydant et H· un puissant réducteur. Réactions chimiques sur des molécules voisines
Effets indirects Mécanisme d'ionisation: Ø un électron est arraché à l'influence du noyau d'un des constituants de la molécule d'eau Ø Rupture d'une liaison covalente Ø L'apparition d'un radical libre OH· et d'un ion H+.
Effets indirects Ø L'électron arraché, lorsqu'il a perdu son énergie, s'associe à une molécule d'eau provoquant sa dissociation en un radical libre H· et un ion OH-. Apparition de deux radicaux libres H· et OH· (les ions H+ et OH- participant à la dissociation ionique de l'eau).
RADIOLYSE DE L’EAU Recombinaison des radicaux libre
RADIOLYSE DE L’EAU Ces radicaux libres peuvent également agir sur les macro-molécules constituant la cellule et les modifier:
Action chimique et moléculaire Effets directs Effets indirects Cytoplasme Membrane cytoplasmique Radiolyse de l’eau Noyau Lésion moléculaire
LÉSIONS CYTOPLASMIQUES Lésions des protéines: ü Peu importantes, elles sont dues aux radicaux hydroxyles. ü Elles sont à l'origine de déstabilisation de l'architecture cellulaire Les mitochondries : ü Les cellules plus riches en mitochondries sont les moins radiosensibles. Perturbation du fonctionnement cellulaire
LÉSIONS MEMBRANAIRES Ø Le phénomène de peroxydation: ü L'altération des propriétés chimiques des acides gras des membranes ü Provoquer des dysfonctionnements des récepteurs membranaires et des systèmes de transport des canaux ioniques. Ø Pour des doses de radiations élevées: ü Perturbation du fonctionnement cellulaire se traduisant a l’echelle tissulaire par des phénomènes inflammatoires. Ø De très fortes doses peuvent provoquer la mort cellulaire et des nécroses tissulaires.
LÉSIONS NUCLÉAIRES LÉSIONS DE L’ADN MUTATIONS LÉSIONS CHROMOSOMIQUES
LÉSIONS NUCLÉAIRES Ø L’ADN : Cible critique des RI à cause de : ü sa sensibilité ü son rôle capital assurant la reproduction et la synthèse protéique ü Altérations provoquées : troubles de réplication et de transcription Ø Mort cellulaire: Dose nécessaire 100 fois plus faible au noyau / membranes. Ø Taux de survie/dose: Inversement proportionnel à la quantité d'ADN du noyau.
LÉSIONS NUCLÉAIRES Principales lésions de l’ADN: Ø Rupture de la double chaîne : cassure simultanée des deux brins. Si la lésion est face à face, elle est irréparable: mort cellulaire d’emblée Ø Rupture simple chaîne: 1 brin: cassé, réparé sauf si lésions s’accumulent.
LÉSIONS NUCLÉAIRES Ø Altération des bases : lésions uni ou bilatérales: destruction ou modification des bases à l’origine de mutation. Thymine est plus sensible. Ø Altération des sucres : avec libération d’une base Ø Modification de la structure d’ADN: par pontages (crosslinks) entre : ü les deux brins d’ADN (pontage ADN-ADN), ü un brin et une protéine (pontage ADN-protéine) ü ou par enjambements des chaînes d’ADN.
LÉSIONS NUCLÉAIRES Mécanismes d’actions des RI sur l’ADN
LÉSIONS NUCLÉAIRES Expression biologique des lésions de l’ADN: Ø La plupart des lésions de l’ADN n’ont pas d’expression biologique pour 2 raisons: ü les différentes régions de la chaîne d’ADN ne sont pas codantes pour environ 90% des gènes ne s’expriment pas. ü la plupart des lésions sont réparables. Il existe des mécanismes de réparation efficaces de l’ADN
MÉCANISMES DE RÉPARATION DE L’ADN EXCISION RESYNTHÈSE RECOMBINAISON POST-RÉPLICATIVE RÉPARATION SOS OU MUTAGÈNE RÉPARATION DES RUPTURES DOUBLES BRINS
EXCISION RESYNTHÈSE C’est le mécanisme prépondérant, il a lieu sur les chaînes d’ADN qui ne sont pas en réplication: ü reconnaissance de la lésion par une endonucléase, ü excision du segment lésé par une exonucléase, ü synthèse d’un nouveau fragment par une ADN polymérase en prenant le brin intact comme modèle, ü ligation du brin resynthétisé à la chaîne d’ADN par une ligase. la réparation est fidèle.
RECOMBINAISON POST-RÉPLICATIVE Ce mécanisme survient quand les cellules sont en phase S. ü L’ADN polymérase ne reconnaît pas la lésion et ne peut pas répliquer le fragment lésé => brèche, ü cette brèche est comblée par le transfert du segment d’ADN correspondant provenant de l’autre brin de la chaîne mère intacte ; ü cette deuxième brèche est réparée par resynthèse et la lésion par excision resynthèse la réparation est fidèle.
RÉPARATION SOS (SAVE OUR SYNTHESIS) OU MUTAGÈNE Ø Ce mécanisme ne fonctionne pas en permanence, il est induit dans certaines conditions pathologiques (ex: irradiation). Ø Synthèse d’une protéine particulière ( Rec. A) levant l’inhibition de la réplication des fragments lésés. Ø La réplication de l’ADN peut se poursuivre mais la lésion n’est pas remplacée par la structure saine correspondante Apparition d’une mutation
RÉPARATION DES RUPTURES DOUBLES BRINS Ø Par recombinaison entre brin d’ADN lésé et l'autre ADN supposé sain. Ø Mécanismes mal précisés Ø Réparations pouvant être fautives
MÉCANISMES DE RÉPARATION DE L’ADN Ces mécanismes de réparations peuvent néanmoins être insuffisants: Ø En particulier lorsque le nombre de lésions à réparer est très important (saturation des systèmes enzymatiques), notamment en cas d’irradiations fortes à débit élevé, Ø La réparation est fautive: le brin réparé n’est pas la copie fidèle du brin intact, Apparition possible de mutations, malgré les systèmes de réparation.
LÉSIONS NUCLÉAIRES
LÉSIONS NUCLÉAIRES LÉSIONS DE L’ADN MUTATIONS LÉSIONS CHROMOSOMIQUES
MUTATIONS Ø Dans certains cas les RI sont responsables de lésions chromosomiques non létales pouvant conférer à la cellule mutée de nouvelles propriétés. Ø Certaines mutations touchant une cellule somatique peuvent être responsable de développement de cancers. Proto-oncogène initiation = mutation Oncogène (prolifération infinie, immortalité) , 200 sont connus promotion (sélection clonale, instabilité chromosomique. . . ) Tumeur
MUTATIONS Ø Ce processus de transformation maligne est très complexe et très long (certaines étapes ne surviennent qu’après de nombreux cycles de division, mise en jeu de nombreux facteurs hormonaux, enzymatiques et immunologiques favorisant ou inhibant ce processus). Ø Si la mutation touche une cellule germinative elle peut être transmise à la descendance et être responsable d’anomalies héréditaires
LÉSIONS CHROMOSOMIQUES Ø La plupart des lésions provoquées sur l’ADN par les RI ne sont pas directement observables. Ø Dans certains cas elle peuvent se traduire par des anomalies structurales visibles au microscope quand se forment les chromosomes : délétions, translocations, chromosomes en anneau, chromosomes dicentriques (2 centromères).
LÉSIONS CHROMOSOMIQUES Ø L’apparition de chromosomes dicentriques est spécifique d’une irradiation et permet d’apprécier la dose reçue par un sujet irradié: ü observation des lymphocytes en métaphase: 2 Gy => 20% de dicentriques 1 Gy => 8% de dicentriques 0. 5 Gy => 2% de dicentriques < 0. 25 Gy => non mesurable.
Les différents types d’action des rayonnements ionisants Action chimique et moléculaire Action physique Effets cellulaires Effets tissulaires et sur l’organisme entier
EFFETS DES RI AU NIVEAU CELLULAIRE Ø Les effets des RI au niveau cellulaire peuvent s’exprimer par une: ü Modification du cycle cellulaire (allongement, retard mitose), ü Réduction de l'espérance de vie. Ø Les effets cellulaires concernent : ü Modifications létales de l'ADN : mort cellulaire, ü Modifications viables de l'ADN : • mutations, • transformations, • Cancérisation
EFFETS DES RI AU NIVEAU CELLULAIRE Ø Mort cellulaire immédiate: ü Ne survient que pour des doses d’irradiation extrêmement importantes de l’ordre de quelques centaines de Gy ü Il s’agit d’un arrêt des fonctions cellulaires et cytolyse par nécrose cellulaire ü Sauf pour les lymphocytes et ovocytes qui sont détruits pour des doses moindres (de l'ordre du Gy). ü Rare
EFFETS DES RI AU NIVEAU CELLULAIRE Ø Mort cellulaire différé ü Les cellules irradiées continuent de fonctionner mais perdent la capacité de se multiplier (aberrations chromosomiques) ü La mort cellulaire survient après un temps variable dépendant de la vitesse de renouvellement cellulaire. ü Autant plus précoce que les cellules ont un haut pouvoir de prolifération: cellules souches de la moelle osseuse, cellules intestinales, cellules de la peau, cellules cancéreuses.
EFFETS DES RI AU NIVEAU CELLULAIRE Ø Retard de la mitose ü Lorsque la dose de RI est relativement faible ( qq dizaines de m. Gy) il n’y a pas de mort cellulaire mais éventuellement uniquement un retard de mitose de quelques heures (allongement de la phase G 2 ou de la phase S) =>synchronisation partielle du cycle des cellules irradiées. Ø La restauration cellulaire ü Dans les premières heures qui suivent une irradiation, les cellules peuvent réparer une partie des dommages causés. Les cellules saines sont capables de réparer leurs lésions beaucoup plus rapidement que les cellules cancéreuses.
FACTEURS DE SENSIBILITÉ CELLULAIRE Plusieurs facteurs, certains sont liés au rayonnement lui-même, d'autres à la cellule : Ø Le type de rayonnement : ü Les photons ou rayonnements bêta sont moins radiotoxiques pour la cellule que des particules lourdes (protons, neutrons ou rayonnements alpha par exemple). ü L'énergie des radiations et en particulier le transfert linéique d'énergie intervient également. Ø Le débit de dose : une même dose délivrée pendant un temps très court ou bien étalée dans le temps n'aura pas les mêmes effets. Ø Le type de cellules intervient, notamment son stade de différenciation et son activité mitotique. Ø La présence plus ou moins importante d'oxygène dans le cytoplasme.
Les effets cellulaires des rayonnements ionisants
Les différents types d’action des rayonnements ionisants Action chimique et moléculaire Action physique Effets cellulaires Effets tissulaires et sur l’organisme entier
LES EFFETS TISSULAIRES DES RAYONNEMENTS IONISANTS EFFETS DÉTERMINISTES EFFETS STOCHASTIQUES
EFFETS DÉTERMINISTES Ø Ils apparaissent au-delà d’une dose seuil dont la valeur est généralement connue pour une lésion donnée. Ø Si la dose est inférieure au seuil, le nombre de cellules détruites est trop faible pour que l’effet soit apparent. Ø Une fois que le seuil de dose est atteint, ils apparaissent de façon obligatoire. Ø Au-dessus du seuil, la gravité de l’effet dépend de la dose reçue.
EFFETS DÉTERMINISTES Après irradiations globales aiguës Ø Phase prodromique: Apparition de signes cliniques non spécifiques dont la nature et la précocité d’apparition dépendent de la dose reçue. ü Asthénie, signe précoce (0 à 8 h), s’observe dans 30% des cas à 1. 5 Gy et 60 à 70% des cas à 2 Gy, ü Céphalées, signe précoce (0 à 8 h), > 50% des cas à 2 Gy, ü Nausées et vomissements, signe un peu plus tardif, ü Erythème précoce, apparaissant dans les 24 h au-delà de 6 Gy, pouvant persister 15 j. ü Diarrhée, hypertension et hyperthermie : signes apparaissant pour des doses plus élevées (> 7 Gy). Ces symptômes disparaissent après quelques heures ou quelques jours laissant place à une phase de latence pouvant durer jusqu’à 3 semaines
EFFETS DÉTERMINISTES Après irradiations globales aiguës Ø Phase clinique ü Syndrome hématopoïétique: dose > 1 Gy ü Syndrome digestif: dose > 7 Gy ü Syndrome neurovasculaire: dose > 40 -50 Gy
EFFETS DÉTERMINISTES L’évolution de la courbe des leucocytes circulants permet une évaluation précoce de la dose absorbée: la pente de décroissance est proportionnelle à la dose. Conséquences d’une diminution des cellules circulantes : Granulopénie => infections Thrombopénie => hémorragies Anémie => pâleur cutanéo-muqueuse, asthénie, dyspnée. . .
EFFETS DÉTERMINISTES Après irradiations globales aiguës Ø Phase clinique ü Syndrome hématopoïétique: dose > 1 Gy ü Syndrome digestif: lié à la destruction de l’épithélium intestinal, entraînant: • ulcérations digestives => infections (mort en 2 à 3 semaines), • déséquilibre hydro-électrolytique (mort par déshydratation en quelques jours pour une dose > 10 Gy). ü Syndrome neurovasculaire: dose > 40 -50 Gy • désorientation, détresse respiratoire, convulsions, coma. • décès en 48 h.
EFFETS DÉTERMINISTES Les effets précoces des irradiations cutanées localisées (accidentelles). Brûlures radio-induites: Ø Il existe une phase prodromique associant érythème et paresthésies suivi d’une phase de latence de quelques jours à 3 semaines. Ø Phase d’état: ü érythème, dose > 3 Gy, ü épidermite sèche, dose > 5 Gy, ü épidermite exudative, dose de 12 à 20 Gy, ü nécrose, dose > 25 Gy, elle peut être précoce ou tardive: réapparition possible d’une nécrose 6 à 18 mois après l’irradiation, après une phase de guérison apparente, secondaire à des lésions vasculaires (fibrose).
EFFETS DÉTERMINISTES Les effets tardifs des irradiations cutanées localisées La Fibrose: Ø La fibrose survient des mois ou des années après une irradiation > 12 Gy. ü fibrose active à densité cellulaire élevée et comportant de nombreux foyers inflammatoires ü riche en fibroblastes hyperactifs sécrétant des substances biologiquement actives (enzymes de dégradation, facteurs sance) nt de fibrose
EFFETS DÉTERMINISTES
EFFETS DÉTERMINISTES
LES EFFETS TISSULAIRES DES RAYONNEMENTS IONISANTS EFFETS DÉTERMINISTES EFFETS STOCHASTIQUES
EFFETS STOCHASTIQUES Ø Effets pathologiques tardifs des rayonnements ionisants Ø Absence de dose seuil Ø Ils ne sont pas spécifiques des rayonnement ionisants Ø Leur gravité est constante et ne dépendent pas de la dose Ø Leur probabilité d’apparition augmente avec la dose reçu et le temps
EFFETS STOCHASTIQUES Ø Ils sont liés aux irradiations de faible dose: ü Hétérogénéité de la dose a l’échelle cellulaire ü Compétition entre lésion et réparation ü Stimulation de mécanisme de défense Ø Importance de débit de dose
EFFETS STOCHASTIQUES
EFFETS STOCHASTIQUE
RADIOPROTECTION 1. Principe de responsabilité: – Responsabilité des exploitants pour la sûreté des installations nucléaires, – Responsabilité des fournisseurs de sources radioactives – Responsabilité des employeurs, – Responsabilité du médecin réalisant l’exposition – Responsabilité des pollueurs 2. Justification de l’exposition: – Évaluation des risques et des bénéfices attendus – Prescription médicale motivée obligatoire – Le médecin spécialiste est le seul responsable de l’exposition du patient et a le droit de refuser de faire l’examen
RADIOPROTECTION 3. Principe de limitation des doses: – < aux doses réglementaires (sauf exposition médicale) 4. Principe d’optimisation (ALARA) : l’exposition doit toujours être la plus faible possible Bulletin officiel n° 4540 -3 Chaâbane 1418 (4 -12 -1997)
RADIOPROTECTION Ø Disposer de locaux adéquats et agencés selon les normes Ø Utiliser un équipement adapté : maitrisé par un personnel qualifié Ø Assurer l’entretien de l’équipement et le contrôler périodiquement Ø Respecter les consignes de radioprotection par le personnel et par le public ü Porter de blouses et de gants par le personnel. ü Identification des préparations de sources ü Interdire de boire, manger, fumer en zone contrôlée. . ; Ø Informer le patient et l’entourage fréquentant les lieux d’imagerie médicale Ø Rôle de la PCR: Personne Compétente en Radioprotection+++
CONCLUSION Ø Les radiographies seraient responsables de: ü 0, 6% des cancers au Royaume Uni (700 / an) ü 0, 9% des cancers aux USA (6000 / an) ü 3 % des cancers au Japon (7600 / an) Ø Besoins de la radioprotection ü Nécessitent une quantification précise des risques ü Très faibles doses / très faibles débits de dose ü Qui prenne en compte l’évolution des connaissances
BIBLIOGRAPHIE § « Notions de radiobiologie et de radiopathologie » : cours de l’INSTN -2008 JB. Fleutot : Enseignant à l'INSTN et à l'AIEA (radiobiologie)- Spécialiste, inspecteur en radioprotection et conseiller médical de l'Autorité de Sûreté Nucléaire de Défense (France). Enseignant et membre du conseil pédagogique du mastère européen de radioprotection • « Eléments de radioprotection » . JB. Fleutot- INSTN -2009 • Rapport sur les travaux de la 54ème session de l’UNSCEAR, 2006, supplément N° 46. • Risk of cancer from X-ray dagnostic: estimates for UK and 14 other countries. Lancet 2004
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