Le discours dans la conception prototypique Dominika TopaBryniarska
Le discours dans la conception prototypique Dominika Topa-Bryniarska Uniwersytet Śląski
La conception prototypique du discours: • L’auteur de cette approche de l’analyse textuelle, J. -M. Adam (1992), linguiste suisse, voit dans le texte une organisation hiérarchique correspondant à une grandeur décomposable en parties reliées entre elles et reliées au tout qu’elle constituent (Adam, 2001: 28). • Le texte est ainsi considéré comme une structure séquentielle qui comporte un certain nombre de séquences prototypiques ou non – prototypiques de type homogène ou hétérogène.
La conception prototypique du discours: • Graphiquement, les composantes du texte dans la proposition d’Adam pourraient être représentées sous forme du schéma ci-dessous: Macroproposition Propositions Texte Séquence
La conception prototypique du discours: • Le niveau de propositions contient de phrases coordonnées et subordonnées; le niveau de macropropositions se compose d’une ou plusieurs phrases qui ont à accomplir une fonction concrète dépendant du type de texte: la séquence argumentative, par exemple, compte trois macropropositions telles que la thèse, les arguments et la conlusion.
La conception prototypique du discours: • Le niveau de séquences est constitué d’un réseau relationnel hiérarchique de macropropositions. La séquence est le modèle de la structure syntaxique du texte et sert à illustrer les relations syntaxiques entre les différentes parties du celuici. a) la séquence prototypique est définie comme un la séquence prototypique ensemble de macropropositions obligatoires et facultatives caractéristiques d’une séquence donnée.
La conception prototypique du discours: • J. -M. Adam (2001: 30) distingue cinq types de séquences prototypiques: i. Narrative; ii. Descriptive; iii. Argumentative; iv. Explicative; v. Dialogale.
La conception prototypique du discours: b) la séquence non prototypique – est toujours formée de la séquence non prototypique macropropositions obligatoires, mais elle ne doit pas comporter les macropropositions facultatives. De ce fait, il est possible de discerner trois variantes de la séquence non prototypique: • l’omission d’une ou plusieurs macropropositions facultatives; • le changement de l’ordre des macropropositions facultatives; • l’introduction de nouvelles macropropositions non prévues par le modèle prototypique comme, par exemple, la conclusion partielle pour l’argumentation.
La conception prototypique du discours: • Le texte est dit homogène lorsqu’il ne comporte homogène qu’une séquence ou bien lorsqu’il en comporte plus de deux mais elles sont de même type (toutes descriptives, par exemple); • Le texte est dit hétérogène quand il est composé de hétérogène deux ou plusieurs séquences qui alternent – les séquences sont insérées comme p. ex. la présence d’un dialogue dans une narration - ou elles sont mélangées quand l’une des séquences domine sur l’autre (ou les autres): c’est le cas d’un récit qui est p. ex. structuré par les connecteurs argumentatifs.
Séquence argumentative: • Le modèle prototypique de la séquence argumentative se compose de trois macropropositions: thèse, arguments, conclusion: v Thèse – macroproposition facultative, soit celle qui peut être omise dans le modèle non prototypique de la séquence argumentative, a pour fonction d’introduire l’objet de l’argumentation ainsi que sa valorisation (négative ou positive), p. ex. : Le sport est bon pour la santé.
Séquence argumentative v Arguments – macroproposition obligatoire qui a pour objectif d’appuyer la thèse et de prouver qu’elle est bien fondée. v Conclusion – macroproposition facultative sert à récapituler le texte argumentatif en reformulant la thèse.
Séquence narrative • La séquence narrative, dans sa version prototypique compte six macropropositions: v Situation initiale (exposition) – macroproposition facultative, permet de présenter les protagonistes, de tracer le cadre spatio-temporel de la narration et d’indiquer la direction générale dans laquelle la narration va évoluer; v. Noeud de l’action (complication) – macroproposition obligatoire, un vrai élément déclencheur de l’action qui prépare l'avènement de l'intrigue et introduit un certain changement par rapport à l’exposition;
Séquence narrative v Action – macroproposition obligatoire qui a pour objectif de mettre en oeuvre une suite événementielle articulée sur le(s) protagoniste(s), c’est-à-dire elle doit présenter les événements dans leur disposition spatiotemporelle et la relation cause-conséquence; v Résolution de l’action – c’est la dernière des macropropositions obligatoires, elle est responsable de fournir des solutions ou bien des réponses aux questions posées lors de l’exposition et le noeud de l’action. Le noeud de l’action, l’action et la résolution de l’action s’inscrivent dans le processus de mise en intrigue qui constitue le coeur de toute narration.
Séquence narrative v Situation finale (dénouement) – macroproposition facultative qui permet de résumer la mise en intrigue en décrivant les futures péripeties des héros après l’action; v Morale – macroproposition facultative, utilisée pour évaluer et juger (positivement ou négativement) les démarches des protagonistes.
Séquence descriptive • Le prototype de la séquence descriptive est constitué de quatre macropropositions : v Ancrage – macroproposition obligatoire qui introduit l’hyperthème de la description, soit l’objet que l’on va décrire. La fonction de l’ancrage est donc référentielle. Une fois l’objetthème indiqué, c’est au sujet parlant de choisir l’une de deux voies (macropropositions) à suivre, dont chacune est obligatoire:
Séquence descriptive v Aspectualisation – est la plus communément admise comme base de la description (J. -M. Adam, 2001: 89), parce qu’elle permet d’assigner à l’objet de description des propriétés particulières. L’aspectualisation peut prendre la forme d’une aspectualisation propre lorsqu’elle attribue un trait à l’objet qui est consideré comme un tout, p. ex. : Luc un homme costaud et grand;
Séquence descriptive • L’aspectualisation peut être aussi partielle lorsque l’objet de description subit un découpage en parties (effet de synecdoque) et chacune des ces parties est ensuite caractérisée par des propriétés données, p. ex. : Le visage de Luc est un peu rond, mais pas du tout joufflu, ses yeux marrron luisent souvent au soleil.
Séquence descriptive • L’autre procédure de description est la mise en relation qui consiste à placer l’objet décrit dans le temps et dans l’espace et à préciser le type de relation (sociale, biologique, géographique, historique, idéologique, etc. ) qui l’unit à d’autres objets. La description de l’objet à travers cet univers des relations peut s’appuyer sur trois types de procédures:
Séquence descriptive v procédure basée sur la métonymie: Lucie est issue d’une vieille famille de noblesse française; Il est membre de l’Association XY, Elle est pour le mouvement écologiste et proteste contre la peine de mort; v procédure basée sur la métaphore: Luc est un vrai réquin de l’économie; vprocédure basée sur la comparaison: La femme de Luc est parfois têtue comme une mule.
Séquence descriptive v Thématisation - macroproposition facultative qui rend possible l’introduction d’un nouveau objet-thème. Celui-ci est inventé à partir des constituants de l’hyperthème tels que: cadre spatio-temporel, relations entre l’ hyperthème et d’autres objets, etc.
Séquence explicative • Ce type de séquence correspond aux textes qui veulent apporter des réponses à deux questions fondamentales: POURQUOI et COMMENT? . Ceci dit, nous pourrions constater que le texte explicatif regroupe en lui des traces des trois autres textes: informatif, descriptif et argumentatif, mais sa fonction primordiale sera toujours de répondre aux deux questions précedemment posées.
Séquence explicative • Le prototype de l’explication compte quatre macropropositions: v Introduction (schématisation initiale) – macroproposition facultative qui présente le cadre du problème auquel l’auteur du texte veut trouver une solution, p. ex. : Depuis des siècles, l’humanité cherchait un remède miracle contre le vieillissement;
Séquence explicative v Formulation du problème – macroproposition obligatoire dont le rôle est d’exposer une question à solutionner. La formulation peut rêvetir la forme d’une interrogation ou d’une affirmation; v Formulation de la réponse - macroproposition obligatoire dont le caractère est strictement explicative. C’est la seule partie du texte où l’auteur donne des réponses à la question avant formulée. Il peut le faire en adoptant le style de l’argumentation, de la narration, de la description ou bien du dialogue.
Séquence explicative v Conclusion-évaluation- macroproposition facultative où l’auteur du texte livre un jugement/ commentaire personnel sur la solution au problème.
Séquence dialogale • Le dernier des modèles prototypiques englobe toute suite d’énoncés produits à l’oral. Comme l’explique J. -M. Adam (2001: 154): le texte dialogal peut être défini comme une structure hiérarchisée de séquences appelées généralement “échanges”. Deux types de séquences doivent être distinguées: - les séquences phatiques d’ouverture et de clôture, - les séquences transactionnelles constituent le corps de l’interaction et remplissent la fonction communicative (on échange des informations). Ces séquences peuvent être réalisées par une séquence explicative, argumentative, descriptive, dialogale.
Séquence dialogale • L’unité de base de la séquence dialogale et, en même temps, son unité minimale s’appelle échange. L’échange se compose d’au moins deux interventions. Une intervention est définie comme chaque acte de prise de parole d’un locuteur. De ce fait, la séquence dialogale minimale prototypique peut compter seulement deux échanges, p. ex. : A dit: Bonjour, B réponds: Bonjour (séq. phatique d’ouverture). A dit: Au revoir, B réponds: Au revoir (séq. phatique de clôture). Les séquences phatiques d’ouverture et de clôture constituent des macropropositions obligatoires.
Exercices
Exercice 1: A/ Quelle est la séquence réalisée par ce texte publicitaire? Portugal: « Vous aimerez Madère autant que moi » « Je m’appelle Ana et j’habite Madère. Le jardin de l’Atlantique. Le soleil brille toute l’année. La nature y a créé son paradis, baigné du parfum des fleurs et des fruits tropicaux. J’aime mon île aux trésors pour le repos et l’aventure. Vous aussi, laissez-vous captiver par ses sentiers qui mènent au-delà des nuages » .
Exercice 2 B/Précisez la fonction de la macroproposition en gras. De quelle séquence s’agit-il ? Il y avait une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une princesse véritable. Il fit donc un tour de monde pour en trouver une, et, à la vérité, les princesses ne manquaient pas ; mais il ne pouvait jamais s’assurer si c’étaient de véritables princesses […]
Bibliographie: • J. -M. Adam (2001): Les textes: types et prototypes. Récit, description, argumentation, explication et dialogue. Quatrième édition. Paris, Nathan/HER.
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