La Ville de Max Weber et de Georg
La Ville de Max Weber et de Georg Simmel • La ville est le lieu où le jeu social peut s'observer de manière la plus visible et parfois sur des temporalités assez courtes. • La ville pour Weber (1864 -1920) • La ville: un objet sociologique • La ville comme organisation politique et administrative pour Weber…. 1
Weber «idéaltype de la ville» • L'angle d'attaque de Max Weber, dans La ville en particulier, est de décrire une typologie sociologique, qui vise à poser des jalons de compréhension des organisations sociales. Appliquée à la ville, cette démarche «idéaltypique» revient à différencier les cités à travers le temps et l'espace du point de vue de l'organisation politique et administrative. • Max Weber, le sociologue allemand «explique l'avènement d'une structure politico-administrative régissant un territoire, l'émergence d'une économie politique, de la bureaucratie et de la bourgeoisie urbaine» A travers cette typologie, Max Weber dégage quatre grands facteurs de cohésion urbaine, permettant à la ville de «faire société» : 2
• • La ville de Weber L'économie, tout d'abord, raison première de l'agglomération des activités autour d'un foyer urbain –c'est l'origine même du mot marché et de son fonctionnement, satisfaisant ainsi les besoins d'un bassin de population et d'emplois en produits industriels et articles de ménage–, la sécurité également –selon Weber, la cité occidentale correspond à l'idéal-type de la villeforteresse– la liberté –la cité médiévale, en région germanique en particulier, est bien souvent «une ville libre» qui se défait du droit féodal, propre aux campagnes–, la fraternisation, comme l'exprime le mot de citoyen, qui correspond à une certaine forme de sociabilité urbaine, créant des droits et des devoirs, notamment celui de défendre la cité et de créer par conséquent une alliance entre les différentes classes sociales disposées à cette protection commune. 3
La ville de Weber • La sociologie wébérienne, appliquée à la ville à travers les âges et les cultures, démontre ainsi, l'importance des «liens d'interdépendance qui se constituent entre les individus pour gérer ensemble les bénéfices qu'ils retirent d'être en ville : sécurité, emploi, concurrence et mise en valeur des compétences» . • Cette gestion collective ne peut être efficace, du point de vue politique et administratif, mais aussi et surtout sur le plan social et économique, que si la cohésion sociale est réelle, afin d'aboutir à un véritable bénéfice collectif 4
GEORG SIMMEL 1858 -1918 Sociologie des formes sociaux • …la ville comme imaginaire social et mode de vie (chez Simmel, une philosophie du phénomène social urbain). • . 5
Interaction social • Les relations réciproques entre les hommes sont à l’origine des phénomènes sociaux. • Les interactions produisent des phénomènes que Simmel nomme “formes de la socialisation”… • - Les formes de socialisation sont des formes d’interaction qui mettent les individus en relation, et cette mise en relation est en même temps une mise en société. Ex: le repas est une forme sociale qui met en interaction des individus qui ont faim… 6
Contenu/Forme • Exemple pour le contenu/forme: la notion d’habiter. • D’abord il y a un contenu de socialisation, l’obligation de se loger. • Ce besoin physique prend une forme particulière. Cette forme socialise le contenu parce qu’elle existe à la fois indépendamment des hommes qui vont la mettre en œuvre mais aussi par les hommes qui ont prise dessus et peuvent la modifier sans cesse. Cette forme d’action réciproque pourrait être appelé “habiter”. • En ce sens “habiter” est quelque chose qui touche à l’etre social et qui dépasse l’individu, puisqu’on peut le penser comme forme de socialisation. En ce sens, une étude sociologique de l’habiter serait 7 possible.
Une sociologie spatiale • Une analyse sur la détermination spatiale de la société en examinant la construction spatial du social (comment les formes spatiales, telles que les frontières, la proximité, structurent les interactions sociales? ) • et construction sociale du spatial (comment les interactions sociales s’expriment-elles symboliquement dans les formes spatiales? ). 8
étranger • Ce contexte de la sociologie spatiale explique l’importance que les catégories spatiales jouent dans l’analyse psychosociologique de l’étranger comme une forme sociologique structurant les interactions entre les membres du groupe et ceux qui s’installent au sein du groupe. 1) L’étranger est celui qui bouge sans bouger. Capable d’importer des idées et des marchandises de l’une dans l’autre. Privé de terre il apparait comme marchand (ex: Juifs) • 2) Capacité d’objectivité dans ce mélange de distance et d’engagement caractérisant le bon sociologue selon Elias. • L’étranger est plus libre, pratiquement et théoriquement; capable d’objectiver les rapports et les situations… Ces qualités qui font de l’étranger un bon confident et un bon juge. 9
L’étranger • L’Étranger de Simmel, est l’individu qui décide de rester, mais qui n’a pas abandonné sa liberté de mouvement. Il est toujours un voyageur potentiel avec des attaches ailleurs. Toutefois, Simmel se garde bien de définir l’Étranger seulement par sa mobilité spatiale : « le rapport à l’espace n’est que d’un côté la condition, et de l’autre le symbole des rapports aux hommes » • Ce n’est donc pas le rapport à l’espace qui est déterminant dans l’analyse de Simmel, mais plutôt les interactions entre les individus et les groupes. L’Étranger se trouve dans la position paradoxale d’être à la fois membre du groupe majoritaire et extérieur au groupe. Dans les termes de Simmel, il est à la fois « proche » et « lointain » , ses relations avec le groupe majoritaire oscillant entre proximité et distance. 10
Naissance de l’individu • 2 changements sociaux vont de pair au 19 e siècle: l’urbanisation et l’individualisme. • Dans la ville nous trouvons l’individu moderne. • La ville géant (métropole) rend anonyme et affranchit l’individu. L’urbanisation conduit à l’individualisation. • Dans ses études sur la sociabilité Simmel s’intéresse aux appartenances sociales des individus. 11
• Les communautés traditionnelles sont composées de la juxtaposition de communautés paysannes, séparées géographiquement les unes des autres. • Chaque communauté villageoise est composée de cercles d’appartenance petits et emboités. Tout individu, relève ainsi de sa famille, de sa paroisse, de son village, de son seigneur. • Le passage à un monde urbain transforme la sociabilité. Les intérêts se multiplient et l’on peut associer à chaque intérêt un cercle social. 12
Cercles sociaux et individus • • Les cercles sociaux subissent une triple transformation: -leur nombre s’accroit (le nombre d’intéret) -leur taille augmente (ils sont plus nombreux) -leur articulation se transforme (ils sont de moins en moins emboités) 13
Urbanisation et individu • 2 conséquences d’urbanisation • Positive: l’individualisme pensée sur le mode de l’affranchissement vis-à-vis des communautés. • Négative: l’exclusion de toute appartenance sociale. 14
Métropole Berlin de Simmel: société moderne, complexe, centré sur l’économie monétaire et sur l’individu. 1) Modernité libère l’individu de la communauté. 2) Cette émancipation s’effectue au prix d’un relâchement des liens sociaux plus fragmenté et impersonnelle. 3) Processus de socialisation de l’individu s’effectue au fil de relations sociales plus segmentaires dans une succession de milieux sociaux spécialisé (travail, famille, école) 15
Métropole • • • Métropoles (1903), l’univers composé d’étranger, inconnus. Berlin en 1870 826, 000 en 1894 1. 667. 000 habitants. Diversité de comportement et des modes de vie. L’individuation, l’intellectualité Superficialité dans les rapports entre citadins. L’urbanisation est processus de transformation des rapports à l’espace qui affectent la ville et les campagnes (moyen de transport, communication) Ainsi certains quartiers peuvent fonctionner comme des milieux non urbanisés alors que certains village ont une logique urbanisée. • Le caractère intellectualiste du psychisme citadin/sensibilité et les rapports affectifs de la petite ville. • Intellectualité comme protection de la subjectivité contre la violence de la grande ville. • La grandeur affective du territoire et du nombre d’hommes mais aussi cosmopolitisme font grande ville le siège de la liberté personnelle. 16
Métropoles et mentalité • Ce qu'il développe dans sa conférence publiée en 1903, parfois traduite sous le titre Métropoles et mentalité, relève du lien entre les caractéristiques des grandes villes et les dispositions de l'individu –ou, l'influence de la société urbaine sur le psychisme du citadin. • À la différences des bourgades de province, où se développent des relations affectives de voisinage, Simmel remarque les métropoles sont le règne de l'anonymat (il parle d'une «impersonnalité des échanges» ), permettant à l'individu de dépersonnaliser ses liens avec les autres citadins, construisant ses relations à partir de ses intérêts. En ce sens, Simmel rejoint Weber en considérant que la (grande) ville est le «lieu du marché, de l'économie monétaire, de la division du travail et de la spécialisation des tâches professionnelles» . 17
Métropoles et mentalités • Pour lui, l'anonymat de la grande ville a pour conséquence de créer un processus de «désocialisation» du citadin, l'obligeant à s’inscrire dans un nouveau groupe d'appartenance, d'une nature différente de son groupe d'origine, sur le plan familial ou religieux, notamment. • Selon Simmel, cette situation est bénéfique car l'élargissement de son cercle social et son attitude de réserve –il parle d'ailleurs du «caractère blasé du citadin» – accroissent la liberté individuelle du citadin. 18
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