La Souffrance au travail nest pas une fatalit

























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La Souffrance au travail n’est pas une fatalité Du 12 au 20 octobre 2012 une campagne nationale de la FNATH Réunion d’information organisée par la FNATH, association des accidentés de la vie
SOUFFRIR AU TRAVAIL N’EST PAS UNE FATALITÉ ! • Une campagne nationale de la FNATH du 12 au 20 octobre 2012 • Une réunion d’information pour: - montrer que la souffrance au travail nous concerne tous; - expliquer les différentes formes et les atteintes à la santé; - sortir de l’isolement les personnes concernées; - informer sur les obligations de son employeur, sur les acteurs; - donner des exemples; - proposer une mobilisation citoyenne dans la durée.
Pourquoi se mobiliser? Des effets sur la santé Source d’épanouissement en général, le travail peut être source de souffrances multiples. l l troubles psychiques (troubles du sommeil, anxiété, dépression), atteintes cardiovasculaires (hypertension artérielle, infarctus, …), troubles du métabolisme (comportement alimentaire, diabète…), troubles musculo-squelettiques favorisés par le stress. Les TMS, qui ont explosé ces dernières années, représentent la première cause de maladie professionnelle.
Pourquoi se mobiliser? Des chiffres inquiétants l l l l 45% des actifs disent devoir « toujours » ou « souvent » « penser à trop de choses à la fois » 40% des salariés se disent stressés; 33% des actifs estiment que leur travail n’est que parfois ou jamais reconnu à sa juste valeur; 33% des actifs estiment qu’ils doivent « parfois faire des choses dans leur travail qu’ils désapprouvent » ; 23% des actifs estiment qu’on leur demande « toujours » ou « souvent » une quantité de travail excessive; 23% des actifs disent avoir peur de perdre leur emploi 17% des actifs déclarent être l’objet d’un comportement systématiquement hostile dans leur travail ; 8, 9% des actifs déclarent être confrontés à un déni de reconnaissance de leur travail
Souffrance au travail : des causes diverses l les exigences du travail : quantité de travail, pression temporelle, difficultés de conciliation travail et hors travail; l les exigences émotionnelles : contact avec la souffrance, tensions avec le public, devoir cacher ses émotions, peur au travail ; l le manque d’autonomie et de marges de manœuvre : la possibilité d’employer ses compétences et de donner son avis ou d’exprimer ses attentes contribuent à préserver, voire à favoriser, la santé ; l l le manque de soutien social de la part des collègues et de la hiérarchie ainsi que le manque de reconnaissance des efforts et du travail ; les conflits de valeurs : ne pas avoir les moyens de faire un travail de qualité, devoir faire des choses que l’on désapprouve comme par exemple des ventes abusives ou réaliser des licenciements… ; l l’insécurité de l’emploi et des salaires. Pour aller plus loin, précisions les notions de harcèlement, stress, épuisement professionnel, violence
Le harcèlement moral l 3 conditions l l des agissements répétés ces agissements, intentionnels ou non, occasionnent une dégradation des conditions de travail, cette dégradation est susceptible de causer un dommage au salarié Différentes formes l l critiques incessantes, sarcasmes répétés, humiliations, insultes… « mise au placard » , refus de communication, conditions de travail dégradantes… privation de travail ou une charge de travail excessive … Harcèlement par un supérieur hiérarchique ou par un collègue Attention : ne pas confondre avec un exercice normal des pouvoirs de l’employeur (pouvoir d’organisation, de contrôle, pouvoir disciplinaire. . )
L’épuisement professionnel l Appelé aussi « burn out » l Différentes manifestations l l épuisement physique, mental, émotionnel Désintérêt profond pour le contenu de son travail Dépréciation des ses propres résultats D’abord repéré dans les professions d’aide, de soin ou de formation (médecins, infirmiers, enseignants, travailleurs sociaux…), il peut concerner l’ensemble des professions.
Le stress au travail l Résultat sur les individus de leur incapacité à répondre aux contraintes qui leur sont faites. l Les effets du stress pour l’organisme sont à la fois physiques, émotionnels, intellectuels et comportementaux; l Le stress entraîne un coût important pour la société et pour l’entreprise: l l pathologies à prendre en charge, arrêts de travail Absentéisme, accidents du travail… Le stress coûte 3 milliards d’euros
La violence au travail l Elle se définit comme toute action, tout incident ou comportement qui s’écarte d’une attitude raisonnable, par lesquels, une personne est attaquée, menacée, lésée ou blessée, dans le cadre ou du fait direct de son travail. l On distingue: l la violence interne : entre les travailleurs ou du fait du responsable hiérarchique. L’organisation du travail peut aussi en être la cause. l la violence externe : entre les travailleurs et d’autres personnes présentes sur le lieu de travail (clients, public) : actes d’incivilités, insultes, menaces, agressions physiques ou psychologiques.
Quelles sont les obligations de l’employeur? l L’employeur doit prendre les mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. l L’employeur peut agir: l sur les changements du travail : anticiper les impacts des projets sur les conditions de travail, revenir sur un changement mal vécu, construire les projets de l’entreprise avec les salariés, l sur les contraintes du travail : redonner des marges de manœuvre, permettre des phases de récupération, réguler la charge de travail, clarifier et soutenir le rôle de l’encadrement, l sur les conflits de valeurs : faciliter l’équilibre entre travail et vie de hors travail, travailler sur les critères d’évaluation, élaborer une stratégie de reconnaissance et de rémunération, l agir sur les relations et les comportements : améliorer l’intégration de l’individu dans le collectif, développer les fonctions de soutien dans le management, … Les risques psychosociaux ont un impact sur l’entreprise : absentéisme, taux élevé de rotation du personnel, non-respect des horaires, problèmes de discipline, réduction de la productivité, augmentation des accidents du travail…
Souffrance au travail : êtes-vous concerné? l Vous avez peur sur le chemin du travail, vous tremblez, vous avez un poids sur la poitrine. l Vous pleurez dans votre voiture ou aux toilettes… l Vous sentez votre emploi en danger, vous êtes sur le qui-vive au travail l Vous passez votre temps à vous justifier. Vous perdez confiance en vous et en vos compétences professionnelles. l Vous avez des problèmes de mémoire et de concentration l Vous maigrissez ou vous grossissez, vous êtes plus souvent malade: eczéma, gastrites, problèmes gynécologiques, … l Vous vous sentez harcelé, en souffrance au travail : vous sentez seuls, incompris, vous ne savez plus quoi faire. Ces symptômes sont spécifiques aux situations de souffrance au travail
Que faire? l Faire un historique de la situation : indiquant la date d’entrée dans l’entreprise le moment où la situation a commencé à se dégrader avec les dates et les faits qui se sont produits. l Ne restez pas isolés. N’hésitez pas à contacter les interlocuteurs qui peuvent vous accompagner et vous soutenir : dans votre entreprise ou hors de votre entreprise.
A qui pouvez-vous adresser? Au sein de l’entreprise Votre employeur : vous pouvez lui écrire l l l pour qu’il fasse cesser cette situation, pour que votre état soit déclaré en accident du travail pour informer l’inspecteur du travail en le mettant en copie Les délégués du personnel Acteurs du dialogue social de votre entreprise pour améliorer de façon continue les conditions de travail et préserver la santé de chaque employé, ils peuvent : l vous défendre lors des réunions mensuelles avec votre employeur, l vous contacter à votre poste de travail pour évaluer concrètement votre problème, l saisir l’inspection du travail de toutes les plaintes et observations relatives à l’application de la réglementation concernant notamment les conditions de travail.
A qui pouvez-vous adresser? Au sein de l’entreprise Le médecin du travail est soumis au secret médical. Vous pouvez demander à le rencontrer quand vous le souhaitez… l l Il s’assure que les conditions de travail respectent la santé des salariés Il conseille l’employeur et les salariés pour les alerter sur les risques pour la santé Il propose des solutions de prévention et d’amélioration des conditions de travail Il peut interpeller la Direction, l’entreprise, le CHSCT… Le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) C’est l’instance représentative du personnel chargée des questions de sécurité et de santé dans l’entreprise. Présent dans toutes les entreprises de + 50 salariés, l l l il analyse les risques pour la santé et la sécurité au travail il enquête et propose des actions de prévention sous certaines conditions, il requiert l’avis d’experts extérieurs et dispose d’un droit d’alerte.
A qui pouvez-vous adresser? En-dehors de l’entreprise Le médecin traitant peut vous mettre en arrêt de travail, ce qui peut être indispensable pour éviter que votre état devienne chronique : il constitue un temps nécessaire pour vous reposer, prendre le temps de comprendre ce qui vous arrive et réfléchir à l’avenir. L’inspecteur du travail, chargé de vérifier l’application de la réglementation, notamment en matière de santé et de sécurité, doit: l l l contrôler que le droit du travail est rigoureusement appliqué, conseiller et informer les employeurs, les salariés et les représentants du personnel sur leurs droits et obligations, visiter l’entreprise pour enquêter sur le terrain, interroger les salariés, consulter les documents et au besoin faire appel à des organismes agréés pour vérifier l’état des locaux, du matériel et réaliser des prélèvements. Ses constats peuvent donner lieu à des observations, des mises en demeure de se conformer à la réglementation, ou encore à la saisine du juge des référés pour obtenir la suspension d’une activité dangereuse.
A qui pouvez-vous adresser? En-dehors de l’entreprise Le Médiateur a pour mission de tenter de mettre fin au conflit en rapprochant les parties et en leur soumettant des propositions. l l La procédure de médiation peut être mise en œuvre par la personne qui s’estime victime ou par la personne mise en cause; Le choix du médiateur fait l’objet d’un accord entre les parties. Des consultations spécialisées sont organisées dans des centres hospitaliers par des psychologues du travail La FNATH vous informe sur vos droits, vous aide à identifier les différents acteurs et vous défend pour : l l faire reconnaître le caractère professionnel de votre accident ou de votre maladie, juger de l’opportunité des démarches à entreprendre et vous orienter vous aider lorsque vous êtes confrontés à une situation d’inaptitude au travail ou d’inaptitude médicale, gérer un litige avec votre employeur, votre CPAM
Comment continuer à travailler? l Si l’arrêt maladie, le traitement et la discussion sur le travail vous ont permis d’envisager sereinement la reprise : l l Si vous avez perdu confiance dans votre environnement professionnel proche mais vous souhaitez reprendre: l l Après qu’il ait été procédé de bonne foi aux modifications nécessaires par l’intervention des acteurs de l’entreprise : la parenthèse sombre se referme ! Le médecin du travail peut préconiser une mutation Si vous avez perdu totalement confiance dans votre entreprise, et qu’un retour est impensable et anxiogène, plusieurs possibilités: l l l Une rupture conventionnelle Inaptitude médicale au poste Inaptitude au travail
La FNATH les a accompagnés Quelques témoignages Exemple 1 : une rupture du contrat de travail Les faits l Une jeune femme victime de harcèlement par un de ses supérieurs hiérarchiques l Dans un état critique = malade, épuisée, en arrêt depuis plusieurs semaines l Travaille au sein d’une entreprise qui n’a pas de DP… Procédure l En souffrance psychologique, elle bénéficie d’un soutien par le biais d’une consultation Souffrance et Travail l C’est ensuite avec le médecin du travail qu’elle envisage finalement une rupture du contrat de travail. l Plusieurs choix : inaptitude ou rupture conventionnelle? l Mais la salariée ne se sentait pas capable d’assurer les entretiens nécessaires à une rupture conventionnelle- trop fragilisée
l La rupture conventionnelle permet (depuis 2008) la rupture du contrat de travail après un accord amiable entre l’employeur et le salarié, et répond à une procédure formelle avec plusieurs entretiens et une assistance possible. Intérêt : permet d’être bénéficiaire des allocations chômage, contrairement à la démission. l l En parallèle, le médecin du travail a sollicité l’entreprise sur cette problématique l’entreprise a donc contacté la salariée pour prendre des nouvelles de son état de santé Cet échange a permis de débloquer la situation elle a pu se rendre aux entretiens La rupture conventionnelle a pu avoir lieu On voit ici l’importance: de redonner confiance en soi aux victimes du travail, du soutien psychologique (fondamental) de l’intervention du médecin du travail auprès de la Direction.
Témoignages Exemple 2 : les délégués du personnel se mobilisent Les faits l Une jeune femme, victime du harcèlement d’un supérieur hiérarchique, présente une souffrance psychologique caractérisée l Elle est elle-même déléguée du personnel au sein de son entreprise l En arrêt depuis plusieurs semaines soutien apporté par Souffrance et Travail La Procédure l l l une rencontre avec ses collègues pour savoir comment redresser la situation. Travail en collaboration avec le médecin du travail et le CHSCT Face à une situation de harcèlement qui se généralisait avec d’autres employés les collègues ont mis en œuvre le droit d’alerte
La Direction a réagi immédiatement devant ce mouvement collectif: sanction du cadre en cause prise de position officielle par mail à l’ensemble des salariés, l l l En parallèle: les délégués du personnel ont décidé de développer l’information des salariés sur ces questions en affichant des documents et en provoquant des débats au sein de l’entreprise On voit ici l’importance du soutien psychologique encore une fois de la mobilisation des DP et des collègues de la réaction adéquate de la Direction
Témoignages Exemple 3 : un parcours du combattant Les faits l l l Andrée, 55 ans, fait un remplacement à un poste de direction pendant six mois. Elle espère obtenir ce poste définitivement, mais n’a eu aucune réponse. Elle a subi de nombreuses vexations de la part de son entourage professionnel. Andrée est ensuite tombée malade. Le poste qu’elle convoitait lui est refusé. Son bureau est occupé par la personne nommée pour la remplacer. Andrée demande des explications : son chef de service l’a agressée et lui a ordonné de s’installer dans le couloir en attendant que la situation se débloque. Craquage nerveux d’Andrée qui s’est retrouvée en arrêt de travail en mars 2007 sur conseil du médecin du travail et prescription de son médecin traitant.
Témoignages La procédure l l L’assurance maladie a refusé la prise en charge de l’accident de service. La FNATH a contesté cette décision devant le TASS, qui a confirmé la décision de la CPAM. La FNATH a saisi la cour d’appel et a continué à soutenir Andrée pendant toute la durée de la procédure. Il est en effet très difficile de passer de tribunal en tribunal et de commission en commission ; le plaignant peut se sentir seul contre tous et s’interroger sur la légitimité de son combat. La cour d’appel a finalement donné raison à Andrée : elle a estimé qu’il n’était pas nécessaire de recher si elle avait été victime de harcèlement moral ou non. Les conditions de travail qui avaient conduit à l’entretien au cours duquel elle avait fait un malaise et qui avaient entraîné un arrêt de travail, suffisaient à justifier qu’Andrée soit reconnue en « accident du travail » . Après ces épreuves, Andrée a retrouvé le sourire et est fière d’être allée au bout de son combat, ainsi que d’avoir obtenu gain de cause.
Participez au réseau de vigilance un réseau citoyen l du 12 au 20 octobre la FNATH organise une campagne nationale pour prévenir la souffrance au travail l Une mobilisation dans la durée : inscrivez-vous sur reseauvigilance. org Reseauvigilance. org, un espace d’information On peut trouver des informations sur la souffrance au travail, sur les moyens de les prévenir, sur les droits des travailleurs, les acteurs à contacter. Reseauvigilance. org, un espace d’expression On peut laisser des témoignages. Reseauvigilance. org, un espace d’alerte On peut signaler un comportement dangereux ou une situation préoccupante Reseauvigilance. org, un espace de mobilisation et d’action On peut s’engager en devenant bénévole du réseau de vigilance ou webacteur en diffusant autour de soi les consignes de sécurité, en transmettant l’information envoyée par le réseau vigilance, en sensibilisant les personnes à ces risques…
Merci pour votre attention. Pour en savoir plus: fnath. org reseauvigilance. org