La canne sucre La canne sucre est une



























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La canne à sucre.
La canne à sucre est une herbe géante tropicale de la famille des graminées, dont la tige a la particularité de stocker un sucre cristallisable, le saccharose. La transformation industrielle de ses tiges en sucre et en rhum est sa principale utilisation. Mais l’imposante masse végétale de cette plante est également convertible en énergie — combustible, charbon, biocarburant — et constitue aussi un véritable réservoir de molécules pour l’industrie chimique.
La canne à sucre est originaire de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Elle a suivi les migrations des habitants des régions de l’océan Pacifique pour atteindre l’Océanie, le Sud-Est asiatique, la Chine du Sud et la vallée de l’Indus en Inde. Mais c’est en Inde que toute l’histoire du sucre a commencé… On pense que les Indiens savaient extraire le sucre de canne et fabriquer des liqueurs alcooliques à partir du jus de canne il y a déjà 5000 ans. Les caravaniers sillonnaient l’Orient et l’Asie Mineure pour vendre le sucre sous la forme de pains cristallisés : c’était à la fois une épice, un produit de luxe et un médicament.
Un plant de canne est une touffe de 5 à 20 tiges dressées, les « talles » , de 2 à 5 m de haut et 2 à 4 cm de diamètre. Les champs de cannes nécessitent beaucoup d'eau, environ 13 000 à 15 000 m 3 par h et par an avec des systèmes d'irrigation peu performants. La canne à sucre était jusqu'au début du XIXe siècle la seule source importante de sucre et représente encore, au XXIe siècle, 70 à 80 % de la production de sucre. Avec un volume annuel de production supérieur à 1, 9 milliard de tonnes (matière fraîche), soit environ 570 millions de tonnes (matière sèche), c'est une des principales plantes cultivées au niveau mondial.
C’est une plante vivace, qui repousse après chaque récolte. Après cinq ou six « repousses » , les vieux plants sont arrachés et une « canne vierge » est replantée. La canne à sucre se multiplie par bouturage de portions de tiges que l’on enterre horizontalement. Au fil de la croissance, le sucre s’accumule dans les tiges jusqu’à un maximum appelé « maturité » : c’est le moment optimal pour la récolte. La récolte consiste à couper les tiges en laissant la partie basse, la « souche » , pour permettre à la plante de repousser. La coupe se fait traditionnellement à la main, à l’aide d’une machette, ce qui nécessite une main-d’œuvre importante. C’est une opération difficile, car la tige de canne est dure, les feuilles sont coupantes, la chaleur est forte et les insectes pullulent ! C’est pourquoi la coupe mécanique est de plus en plus utilisée. Un homme peut couper 3 à 5 tonnes de tiges par jour, alors qu’une coupeusetronçonneuse peut récolter jusqu’à 60 tonnes de tiges par heure !
Traditionnellement, les champs de canne à sucre sont brûlés afin de faire fuir les serpents et autres animaux venimeux, et faciliter l'accès des coupeurs à des champs éclaircis et des tiges de cannes débarrassées de leurs feuilles mortes. Ces feux spectaculaires brûlent intensément et s'éteignent très rapidement.
Dans certaines régions, c’est par exemple le cas de la Réunion, la culture de la canne à sucre joue un rôle dans l’aménagement du territoire et contribue à la qualité du paysage et à l’attractivité touristique.
Coupe manuelle et à l’ancienne.
On a beaucoup employé de noirs venus d’Afrique et dans des conditions esclavagiste.
Une fois coupées, les tiges doivent être apportées à l’usine dans les deux jours, car la teneur en sucre baisse rapidement. La récolte est donc une étape capitale. Elle demande beaucoup d’organisation dans l’approvisionnement des usines qui élaborent le sucre, le rhum, le carburant éthanol et bien d’autres produits.
La récolte de la canne à sucre peut être mécanisée, divers types d'appareils existent, depuis la petite faucheuse mécanique autotractée jusqu'à du matériel lourd. Ces grosses machines à couper la canne présentent généralement de deux à quatre fuseaux en hélices qui attrapent les rangées de tiges de cannes. Le bas et le haut des tiges sont coupés et les cannes sont portées par un tapis roulant vers le côté où elles sont déposées dans un camion. Les cannes coupées par ces machines se dégradent plus rapidement qu'avec des coupeurs manuels, et doivent être rapidement transportés à l'usine. Ce type d'exploitation permet la récolte rapide de grande quantité de canne, et réduit le coût de main d’œuvre dans les pays où les salaires horaires sont élevés Détail de l’avant d’une coupeuse.
Récolte mécanisée.
Plus de cent pays font pousser de la canne à sucre, pour un total de 271 000 km 2 de surface exploitée. Les vingt plus importants pays producteurs ont récolté 1 218 millions de tonnes en 2003, soit 91 % du total. Les plus gros producteurs sont le Brésil, l'Inde et la Chine. Le plus important producteur de sucre de canne européen est le groupe Tereos. La culture de la canne à sucre a connu de nombreux pics et crises au cours de son histoire (abolition de l'esclavage, propagation de maladies et parasites, développement de la betterave sucrière, etc. ), mais aussi un fort regain d'intérêt depuis le développement récent des biocarburants. La canne à sucre fut introduite dans les Antilles par Christophe Colomb lors de son second voyage en 1493, où grâce au climat favorable sa culture a rapidement prospéré. Cette culture qui nécessite une abondante main d'œuvre a alimenté le trafic des esclaves en provenance d'Afrique puis, une fois l'abolition de l'esclavage prononcée, le recours à l'engagisme.
L’extraction du saccharose, le sucre contenu dans les tiges, consiste à l’isoler des autres constituants de la plante. A l’entrée de l’usine, chaque chargement de tiges de canne est pesé et la richesse en sucre est analysée. Les tiges sont ensuite pulvérisées sous la forme de fibres grossières par un défibreur à marteaux. Pour extraire le jus, les fibres sont simultanément arrosées à l’eau chaude et pressées dans un moulin à cylindres. Le résidu fibreux de l’extraction du jus est la bagasse, qui peut être utilisée comme combustible dans des chaudières pour la production d’électricité. Le jus est chauffé, décanté et filtré après ajout de chaux, puis concentré par chauffage. On obtient un « sirop » purifié de ses impuretés « non sucrées » , les écumes, utilisées comme engrais. Chauffé dans un cuiseur, le sirop se transforme en masse cuite contenant un liquide sirupeux, la liqueur mère, et les cristaux de sucre. Cette masse cuite va encore subir deux cuissons alternées avec des périodes de malaxage et de centrifugation pour obtenir le maximum de cristaux de saccharose. Ces cristaux sont ensuite évacués vers les séchoirs. Les premiers sucres obtenus sont des sucres roux de différentes qualités. Le sucre blanc provient du raffinage du sucre roux refondu, décoloré et filtré avant d’être cristallisé et séché. Les sucres sont ensuite stockés dans des silos étanches.
Depuis des millénaires, la culture de la canne à sucre rime avec boissons fermentées. Le rhum tel que nous le connaissons est né dans la Caraïbe et au Brésil au XVIIe siècle. Les rhums traditionnels sont obtenus par fermentation de la mélasse, ce sont les « rhums industriels » , ou par fermentation du jus de canne, ce sont alors les « rhums agricoles » . Le résidu de cristallisation est la mélasse, liquide sucré riche en substances minérales et organiques, qui peut être transférée en distillerie pour la fabrication du rhum.
Fabrication du sucre : cuites et centrifuges dans la sucrerie de Bois-Rouge, La Réunion.
L’alcool parachève ses arômes pendant les étapes de maturation ou de vieillissement. Additionné d’eau de source jusqu’à l’obtention du degré voulu, l’alcool est brassé quelques semaines dans des foudres de stockage en acier inoxydable : les rhums blancs sont prêts.
Trois Rivières est une distillerie martiniquaise dont l’histoire commence en 1660 avec l’achat d’un immense domaine dans le sud de la Martinique par Nicolas Fouquet. Changeant plusieurs fois de propriétaire, le domaine accueille à la fin des années 1700 trois unités de production sucrière. En 1785, Trois Rivières ajoute aux activités sucrières la confection de rhum. En 1905, Amédée Aubery achète le domaine Trois Rivières et le modernise. Les années 50 voient un autre changement de propriétaire avec l’arrivée des Marraud, également exploitants de la marque Duquesne. En Guadeloupe, à partir d’une tonne de tiges de canne, on obtient 85 à 120 litres de rhum agricole à 55 °.
Usine sucrière du Galion en Martinique.
Transport des cannes vers la sucrerie de l'usine de Beaufonds de St Benoît , île de la Réunion.
Méthode semi-industrielle du broyage des cannes.
Pressoir , encore plus ancien et artisanal.
Vendeurs de jus de canne.
Texte et Photos viennent du net. Musique : Di Bao. Février 2020.
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