Infirmit Motrice Crbrale M MAZZUCA CHU de Nice
Infirmité Motrice Cérébrale M. MAZZUCA CHU de Nice Dr. Ch. RICHELME Service de Neuropédiatrie
Généralités (1) I. M. C. (Dr TARDIEU) : invalidité motrice non évolutive liée à des lésions cérébrales cicatricielles fixées entraînant un handicap définitif avec conservation de capacités intellectuelles. N. B. Les lésions cérébrales sont non évolutives, cependant, les déficit moteurs évoluent avec la croissance de l’enfant.
Généralités (2) n Polyhandicap : association d’un déficit moteur avec des déficiences intellectuelles n Cerebral palsy : déficit non évolutif associant des anomalies motrices et posturales secondaires à une lésion cérébrale survenue pendant les premières années de la vie
Généralités (3) – 20 -30 000 personnes atteintes en France Déficit Retard Autres moteur mental déficiences Cerebral Palsy +/+++ 0 / +++ +/- IMC +/+++ 0/ +/- polyhandicap +/+++ +/- +/++++ +/- Déficience mentale
OMS(1) – Déficience : toute perte de substance ou altération d’une structure ou fonction psychologique, physiologique ou anatomique. Temporaire ou définitive. (Aspect lésionnel)
OMS(2) – Incapacité : toute réduction (due à une déficience) partielle ou totale de la capacité d’accomplir une activité d’une façon ou d’une autre dans les limites considérées comme normales pour un être humain. (aspect fonctionnel) – Désavantage : résulte pour un individu donné d’une déficience ou d’une incapacité qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal. (aspect situationnel)
Épidémiologie(1) n Prévalence de l’IMC : – 2, 67 / 1000 – 1, 12 / 1000 (sans les malformations du SNC et les handicaps moteurs) n Cause retrouvée dans 60% des cas – 10 -12% causes post-natales : séquellaires – 75 -80% causes prénatales : vasculaires, chromosomiques, génétiques, métaboliques… – 3 -10 % causes périnatales : anoxo-ischémie, inflammation, hypoglycémie, ictère nucléaire…
Épidémiologie(2) n Malgré les progrès de la médecine, le nombre d’IMC reste stable en France : – Les lésions pré- et périnatales sont souvent méconnues – Amélioration de la survie des grands prématurés – Anoxie cérébrale périnatale, pourtant : • Amélioration de la surveillance des accouchements • Diminution du temps de travail • Augmentation du nombre de césariennes
Clinique
Clinique : généralités n L’age de mise en évidence des déficits moteurs dépend de : – L’age normal du développement de la motricité volontaire – L’étiologie : • Souffrance cérébrale majeure : découverte rapide • Souffrance peu importante : diagnostique précoce plus difficile
Avant 4 mois n Grande difficulté à affirmer une IMC, signes évocateurs : – Hypotonie axiale (retard dans la tenue de tête). – Hypertonie des membres inférieurs (enfant tenu sous les aisselles). – Synergie oculo-céphalique. n Vigilance devant tout enfant à risque.
A 4 mois (1) n Bébé peu actif n Tendance à garder la tête en hyperextension (en décubitus dorsal et assis), ne relève pas la tête (en décubitus ventral), ne dégage pas les avant bras.
A 4 mois (2) n Au niveau des membres supérieurs : préhension pauvre des objets, tendance à garder les membres en chandelier, mains peu ouvertes n Au niveau des membres inférieurs : hyperextension, jambes croisées au niveau des chevilles, pieds en équin n Persistance des réflexes archaïques
Entre 4 et 12 mois (1) n Anomalies du tonus – Hypotonie axiale – Hypertonie périphérique n Signes d’irritation pyramidale – Signe de Babinski – Hyperéflexie ostéo-tendineuse – Trépidations épileptoïdes pieds
Entre 4 et 12 mois (2) n Absence d’équilibre n Absence de mouvements volontaires n Schémas moteurs anormaux en hyperextension
ETIOLOGIES 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. Prématurité Anoxo-ischémie Anomalies prénatales Anomalies biochimiques Causes génétiques Causes environnementales Infections
1. Prématurité n Nouveau né avant terme (< 37 SA), ne dépend pas du terme • Le risque augmente quand le poids de naissance est faible • Hypotrophie : NN à terme mais retard de développement intra-utérin • Association prématurité et hypotrophie +++
2. Asphyxie périnatale n Soit chez le NN à terme • Soit chez le prématuré Critères 1. Score d’Apgar faible 2. Dépression neurologique • Hypotonie, aréactivité 3. Liquide amniotique méconial 4. Anomalie du rythme cardiaque fœtal
Score d’Apgar mesuré à 1’, 5’ et 10’ de vie 0 1 2 Tonus hypotonique flexion tonique Respiration absente gaspes régulière Coloration pâle bleue rose Rythme cardiaque Réflexes absents < 100 BPM grimaces >100 BPM cri-toux
L’anoxie cérébrale du nouveau né à terme Critères de gravité de l’encéphalopathie anoxo-ischémique selon SARNAT et SARNAT modifiés par AMIEL Stade 1(mineur) n Troubles modérés du tonus avec hyperexcitabilité n Conscience et réflexes primaires normaux n Alimentation orale possible
Stade 2 (modéré) n Troubles du tonus. n Dépression de la conscience et des réflexes primaires n Crises isolées possibles Stade 3 (sévère) n État léthargique ou comateux n État de mal convulsif et tracé intercritique perturbé
En pratique, classification d’utilisation difficile car : Les traitement médicamenteux rendent difficiles une évaluation clinique et électrique objective Les frontières entre crise isolée et état de mal convulsif est difficile à établir de part le caractère clinique peu spectaculaire de l’épilepsie chez le nouveau-né.
La gravité du tableau clinique initial selon la classification de SARNAT et SARNAT modifiée par AMIEL : * Stade I d’EAI : Études concordantes en faveur d’un pronostic favorable * Stade II et III d’EAI : Résultats plus hétérogènes St I EAI St III EAI % Décès 0% 5% 75% - 55% % handicaps 0% 21% 25% - 6%
Autres critères : n La sévérité de la SFA initiale (score d’Apgar) n L’étiologie de la SFA (données expérimentales) n Le siège des lésions ++++ n La durée de l’EAI +/n Les crises graves et longues ++ n Le coma précoce +++ APGAR 0 -3 % Décès 1 min 3% 10 min 18% 15 min 48% % IMC 1% 5% 9%
Chez le prématuré n Examen clinique peu contributif n Échographie transfontanellaire – Hémorragies – Ischémie n EEG Grande fragilité vasculaire
3. anomalies périnatales n Accidents vasculaires prénataux Souffrance fœtale aiguë
4. Anomalies biochimiques Post natal n Hypoglycémie / enfant macrosome et prématuré (mère diabétique) n Ictère nucléaire avant ou après la naissance par incompatibilité rhésus
5. Causes génétiques n Peu retrouvées sauf dans certaines ataxies
6. Causes environnementales n Alcoolisme n Irradiations n Intoxications accidentelles
7. Infections n Congénitales ou prénatales – Rubéole – Toxoplasmose – Méningite – Encéphalite herpétique
Formes Cliniques
A. Formes avec spasticité 1. Hémiplégie cérébrale infantile 2. Diplégie spastique 3. Tétraplégie
1. Hémiplégie cérébrale infantile n 1/3 des cas n Clinique – Déficit moteur hémi corporel / lésion cérébrale de l’aire motrice controlatérale (ischémique par thrombose de l’artère sylvienne)
1. Hémiplégie cérébrale infantile
1. Hémiplégie cérébrale infantile
1. Hémiplégie cérébrale infantile
1. Hémiplégie cérébrale infantile n Survenue en période – Prénatale dans 2/3 des cas – Postnatale, rare syndrome : hémi convulsions, hémiplégie – Grossesse normale et accouchement normal le plus souvent, parfois saignement du deuxième trimestre
2. Diplégie spastique, Syndrome de LITTLE n 30% des cas n Atteinte des 2 membres inférieurs n Étiologies – Prématurité – Faible poids de naissance – Accouchement dystocique – Souffrance fœtale aiguë
2. Diplégie spastique
3. Tétraplégie n 10% des cas n Nouveau-né à terme et accouchement difficile
B. Formes sans spasticité • Formes extrapyramidales • Ataxie congénitale
1. Formes extrapyramidales n 20% des cas n Atteinte des noyaux gris centraux
1. Formes extrapyramidales n Étiologies – Asphyxie périnatale – Ictère nucléaire n Clinique – Troubles du tonus – Difficultés de déglutition – Mouvements choréo-athétosiques plus tardivement
1. Formes extrapyramidales
1. Formes extrapyramidales
2. Ataxie congénitale n Atteinte du cervelet le plus souvent d’origine génétique n Clinique – Nouveau-né hypotonique – Puis ROT amples et pendulaires – Ataxie du tronc en position assise – Dysmétrie – Pas de paralysie
COMPLICATIONS
1. Hémiplégie cérébrale infantile n Hypertonie et raideur – Déformations des membres • Membre supérieur – Flessum du coude – Rétraction palmaire • Membre inférieur – Rétraction des adducteurs – Flessum du genou – Varus pied-équin
1. Hémiplégie cérébrale infantile n Déformations ostéo-articulaires – Progressive par différence de croissance entre les deux hémicorps n Déformations importantes aux répercussions – Bassin oblique par différence de croissance – Retentissement sur la statique : scoliose aggravée par l’hypertonie du tronc – Hypertonie des adducteurs et obliquité du bassin favorisent la luxation de la hanche
1. Hémiplégie cérébrale infantile n Épilepsie – Liée à la lésion cérébrale – Très fréquente 1/3 à 2/3 des cas – Très précoce, survient pendant les premières années de la vie – Mais il existe des anomalies EEG plus souvent qu’une épilepsie
1. Hémiplégie cérébrale infantile n Troubles des praxies et des gnosies – Dans le cas des déficit moteur initiaux, il s’y associe des troubles du schéma corporel et de l’hémichamps visuel (strabisme) n Retard mental – Modéré mais présent dans 1/3 à ½ des cas – Sévère si associé à une épilepsie ou/et à un trouble de la croissance cérébrale (PC)
1. Hémiplégie cérébrale infantile n Troubles du comportement – Dans les formes acquises, aphasie avec difficultés d’apprentissage secondaire – Dans les formes anténatales, pas d’aphasie, l’aire du langage se développe après la naissance
2. Diplégie spastique n Déformations ostéo-articulaires – Moindres puisque atteinte bilatérale – Défaut de croissance – Rétraction des membres inférieurs et déformations en conséquence – Risque majeur de luxation de la hanche – Déformation du rachis : cyphose et hyperlordose
2. Diplégie spastique n Atteinte bucco-faciale – Difficultés pour la tétée et hypersalivation – Plus tardivement, difficultés pour le langage n Atteinte vésico-sphinctérienne – Incontinence – Constipation n Épilepsie – Rare
2. Diplégie spastique n Atteinte ophtalmologique – 70 à 85 % des cas – +/- Grave : • Hypermétropie • Astigmatisme • Cécité – Retentissement scolaire – Asymétrie visuo-manuelle
3. Tétraplégie spastique n Déficit moteur Enfant grabataire n Déficit intellectuel grave n Compréhension assez bonne – Troubles ophtalmologiques – Déformations ostéo-articulaires – Épilepsie – Syndrome pseudo-bulbaire
4. Choréo-athétose n Grande hypotonie généralisée avec spasmes entraînant des déformations ostéo-articulaires n Apraxie bucco-lingo-faciale (Pb. Alimentation et communication) n Mouvements anormaux déclenchés par les émotions n Écriture déficitaire
5. Ataxie congénitale n Grands infirmes moteurs avec important troubles statiques et cinétiques n Retard mental fréquent n Difficultés scolaires
Examens paracliniques
Intérêt des examens paracliniques n Visualisation des lésions cérébrales par IRM et scanner n Radio ostéo-articulaires n EEG n Consultations ophtalmologiques n Surveillance digestive (troubles de déglutition et reflux gastro-oesophagien) n Évaluation neuro-psychologique et cognitive
Traitement Sphère digestive 1. • Troubles nutritionnels • Difficultés alimentaires • Reflux gastro-oesophagien, oesophagite • Fausses routes et surinfections bronchiques • Solutions • Nutrition entérale (sonde nasogastrique et gastrostomie) • Intervention anti-reflux chirurgicale
Traitement Sphère ostéo-articulaire 2. • Lutte contre la spasticité • Toxine botulique (local) • Médication anti-spastique par voie intra -thécale (général)
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