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Exploiter les images en Gigapixels avec Art Project La Forge (cyclopes modernes), Adolph Von Menzel, 1875 (158 x 254), Alte Nationalgalerie, Berlin Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé
Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé Adolph Menzel The Iron Rolling Mill (Modern Cyclopes) 1872 -1875 Lien hypertexte vers Google Art Project en cliquant cicontre: La Forge (cyclopes modernes), Adolph Von Menzel, 1875 (158 x 254), Alte Nationalgalerie, Berlin Retour diapositive précédente)
Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé CONTEXTE: la seconde révolution industrielle en Europe Dans les années précédant le premier conflit mondial, la plus grande nation industrielle d’Europe est sans conteste l’Allemagne, unifiée sous l’autorité de la monarchie prussienne depuis le 18 janvier 1871, suite à sa victoire sur un Napoléon III déclinant. La France et surtout la Grande-Bretagne avaient pourtant accompli les premières leur révolution industrielle, dès la fin du XVIIIe siècle, puis entamé leur seconde révolution industrielle au milieu du XIXe siècle. La force de l’Allemagne réside alors autant dans l’abondance de ses mines de charbon et de fer, en Silésie ou dans la Ruhr, que dans l’esprit d’initiative de grands industriels comme Krupp (sidérurgie) ou Borsig (machines à vapeur). La modernisation accélérée du pays favorise son enrichissement global et nourrit sa natalité. Elle provoque surtout une mutation radicale des conditions de vie et de travail de millions d’hommes et de femmes quittent en masse les campagnes pour aller s’embaucher dans les usines et s’entasser dans les faubourgs des grandes villes. ANALYSE: Au cœur de la forge C’est l’époque où se fait connaître Adolf Menzel (1815 -1905), illustrateur qui employait à merveille la gravure dans les années 1840 ; il est très vite reconnu par la Prusse puis par l’Empire et obtient de nombreuses distinctions et commandes de peintures à l’huile. La Forge est l’une de ses œuvres les plus remarquées, à juste titre. En dépit de l’apparente confusion d’une scène plongée dans la pénombre, la composition est en réalité rigoureuse. Les lignes horizontales et verticales qui la structurent délimitent les scènes pour en faciliter la compréhension. L’arrondi de la grande roue du moulin, au point de fuite, est repris par les petites roues à droite, la pince grande ouverte, et surtout imité par les bras des forgerons du premier plan. L’écho de cette forme suggère le mouvement rotatif, mécanique, auquel se plient les ouvriers et contribue à la dynamique générale de l’œuvre. Le centre du tableau correspondant au métal en fusion semble attirer à lui ceux qui le façonnent. Le reste de la peinture, décrite dans une palette sombre, présente des personnages qui tous tournent le dos à l’action et s’affairent à autre chose. Le souci du détail est poussé à l’extrême : outils, costumes, gestes et même émotions semblent saisis sur le vif. INTERPRETATION: Des machines au service de l’homme ou l’homme asservi par la machine ? Ce naturalisme plonge le spectateur au cœur de l’action. Si l’œil s’en tenait à la scène centrale, et que l’on filait la métaphore mythologique, on pourrait y voir un groupe de Vulcain domptant le feu et le métal, géants modernes forgeant l’industrie et donc la puissance allemandes. Mais le sous-titre donné par Menzel indique les parties marginales ont toute leur importance. Aveuglés par le feu et condamnés à vivre dans une caverne où le manque d’air le dispute à la saleté et à la chaleur, les ouvriers sont enchaînés à leur machine. Ils ne peuvent s’en éloigner de beaucoup, bloqués symboliquement par les barres métalliques verticales qui rappellent les barreaux de prison, et obligés de manger sur place. Ils apparaissent prématurément usés, et en quelque sorte déshumanisés par la machine, les rythmes de travail, la longueur des journées, la massification et la répétitivité des tâches. C’est sans doute le prix à payer pour la formidable révolution industrielle allemande, que Menzel célèbre tout en révélant incidemment les conditions de travail et de vie des ouvriers de l’époque moderne. Alexandre SUMPF
Place de l’étude dans les programmes Niveau enseigné possible Thématiques du programme Notions-clefs de cette thématique Mise en œuvre demandée par le programme Mise en œuvre ou supports d’études conseillés par les fiches-ressources L’étude d’un tel tableau permet non seulement de décrire les techniques de production (machinisme, sources d’énergie, usine, sidérurgie) mais aussi les conditions de travail des ouvriers. Cette analyse de tableau peut s’inscrire soit dans une étude de cas, soit dans la mise en perspective concernant la leçon sur l’âge industriel. Possibilité de s’appuyer sur plusieurs exemples pour décrire le processus d’industrialisation et de croissance. L’étude de quelques œuvres picturales ou de toute autre nature peut être utilisée pour illustrer le processus d’industrialisation et de croissance. De tels documents peuvent aussi donner lieu à des « accroches » intéressantes. Processus d’industrialisation 4ème L’Europe et le monde au XIXè siècle Dont L’ Europe de la révolution industrielle 1 e « Croissance et mondialisation depuis 1850 Croissance et mondialisation Mutations des sociétés (1ère L / ES) Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé Transformation des paysages, des villes et des campagnes Transformation de la société (essor du salariat et condition ouvrière notamment) Croissance économique Industrialisation Bouleversements économiques et sociaux
ent n m e cu Do roche cc d’a 1ère Quelle image le peintre donne-t-il de la puissance industrielle d’un État comme l’Empire allemand dans la dernière partie du XIXè siècle? Quelle critique sociale est néanmoins sous-jacente dans cette œuvre ? Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé Production industrielle Usine, machinisme, sidérurgie, Condition ouvrière Critique sociale, tensions sociales Savoir décrire et interpréter une œuvre d’art Pouvoir replacer une œuvre dans son contexte et faire preuve d’esprit critique
Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé
Le questionnement Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé Cliquer sur le clipart pour voir les suggestions de réponse proposées
Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé
• Il s’agit d’une usine sidérurgique. On y produit de l’acier notamment pour le chemin de fer. • Elle semble immense. Or tout l’espace est occupé par les machines et partout les ouvriers s’activent. • Le gris et le noir contrastent avec l’éclat orangé et lumineux du métal en fusion. • Au centre du tableau, une pièce en métal incandescente, retenue et ajustée par les ouvriers, est en train d’être écrasée par de gros cylindres. C’est le laminage. • Menzel a représenté les différentes tâches et étapes de la journée des hommes. Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé • Très nombreuses, les machines occupent tout l’espace et « enferment » littéralement les hommes. Les poulies verticales sont comme des barreaux qui structurent l’espace du tableau. • Menzel a représenté la production d’un rail: à gauche, une « boule de magma » chauffée à blanc. Au centre, la pièce en fusion subit l’étape du laminage. A droite, les forgerons s’apprêtent à la façonner. • La grande roue, les roues plus petites, les charrettes, le mouvement des pinces et celui des bras des ouvriers: tout suggère le mouvement rotatif, et rapide qui s’impose à tous pour tenir la cadence. Se reporter aux consignes données
Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé
• Les innombrables ouvriers sont postés et travaillent en équipe. • Leurs visages en sueur et leurs gestes trahissent l’intensité de l’effort et la pénibilité de la tâche. Ils paraissent prématurément usés. • La façon dont ils sont vêtus et chaussés montre la modestie de leur condition. • Au 1 er plan, sur la droite, des ouvriers prennent la pause et se restaurent. Une jeune femme, seule présence féminine et seul lien avec l’extérieur, est venue leur apporter des victuailles. • A gauche, des ouvriers qui ont achevé leur travail, font leur toilette. Leurs corps robustes montrent la dureté d’un travail physique. • A l’arrière plan, à gauche, se profile contre la lueur d’un four, la silhouette d’un inspecteur du travail, reconnaissable à son allure. Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé • L’atmosphère étouffante du tableau suggère l’absence d’aération ainsi que la chaleur du lieu. • Les hommes sont exposés au bruit assourdissant, aux risques de projection, à des températures élevées. Ils ne portent aucune protection particulière. • Le travail est éreintant et répétitif. Les hommes semblent enchaînés à leurs machines tels des esclaves modernes, sacrifiés sur l’autel du progrès. A travers la représentation d’une vaste usine sidérurgique située en Silésie, l’artiste loue la formidable puissance industrielle de son pays tout en révélant incidemment les pénibles conditions de travail et de vie des ouvriers de son époque. Se reporter aux consignes données
Nicolas Monod, Lycée Ribeaupierre, Ribeauvillé