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Day Créations réflexives 2013 Défilement manuel

Day Créations réflexives 2013 Défilement manuel

Avec son plumage iridescent complètement noir, la corneille d’Amérique n’est pas particulièrement photogénique. Et

Avec son plumage iridescent complètement noir, la corneille d’Amérique n’est pas particulièrement photogénique. Et son cri rauque et puissant (on dit que la corneille criaille) a de quoi mettre les nerfs en boule, surtout aux petites heures du matin. Au Canada, on retrouve la corneille d’Amérique de Terre-Neuve jusqu’à la Colombie-Britannique, et ce tant en ville que dans les campagnes. Elle est tellement bien adaptée aux écarts de température canadiens qu’il lui arrive de ne pas migrer vers le sud l’hiver venu. Cet oiseau, qui peut vivre une vingtaine d’années, peut donc être observé à longueur d’année. La corneille est monogame. La femelle peut pondre jusqu’à une demi-douzaine d’œufs durant la période de nidification qui s’étend de mars à juin. Il arrive que la «famille» se compose du couple et jusqu’à une quinzaine d’individus provenant des saisons de reproductions précédentes, puisque ces oiseaux ne se reproduisent pas avant l’âge de 4 ou 5 ans. Tous ensemble, ils défendent leur territoire, construisent le nid et élèvent les oisillons. La corneille d’Amérique exploite de très nombreux types d’habitats, dont les milieux boisés, les marais et les rivages. Elle se nourrit d’insectes, de crustacés, de mollusques, de poissons, de petits mammifères, de fruits, de graines, de charognes, de déchets. Elle peut aussi piller d’autres nids. À la campagne, les corneilles ne sont pas appréciées des agriculteurs en raison des dommages qu’elles peuvent causer aux cultures; dans certaines régions, on a même tenté de les éliminer en les abattant ou en les empoisonnant. Or, ces oiseaux ne causent pas que des dégâts : ils rendent aussi service à l’environnement en éliminant insectes et rapaces. Selon Birdlife International, il y avait 31 millions de corneilles d’Amérique en 2004. Elles sont protégées par la Loi sur la convention des oiseaux migrateurs.

Voilà pour le «côté scientifique» de la corneille d’Amérique. On en retient surtout que

Voilà pour le «côté scientifique» de la corneille d’Amérique. On en retient surtout que ce n’est pas un oiseau particulièrement agréable à regarder ni à écouter. À Miguasha, le rivage de la baie des Chaleurs et la proximité du petit marais (marais que je vous ai présenté en 2010 dans une série de cinq diaporamas) favorisent évidemment la présence des corneilles d’Amérique, qui viennent s’y nourrir. De mon dernier séjour à Miguasha, j’ai ramené quelques dizaines de photos de corneilles d’Amérique. Je dois dire que je m’interrogeais parfois sur la pertinence et l’intérêt de prendre tous ces clichés. En tout cas, je voyais alors difficilement comment je pourrais intégrer à un diaporama ces photos d’un oiseau si peu photogénique. Puis à mon retour à Montréal, je me suis souvenu que deux de nos grands poètes québécois avaient jugé cette corneille si mal aimée pourtant digne d’être le sujet d’un poème. En 1966, sur son premier microsillon, le poète chansonnier Georges Dor nous avait offert «La corneille» , qu’il avait comparée (quelle belle expression!) à une «colombe en deuil» . Et en 1970, dans son recueil de poésie «L’homme rapaillé» , le poète Gaston Miron avait lui aussi composé un poème intitulé «La Corneille» - «Corneille, ma noire, opaque et envoûtante, venue posséder ta saison et ta descendance, …» , écrivait-il. Poème récemment mis en musique par Gilles Bélanger et interprété par Michel Faubert sur le CD «Douze hommes rapaillés» . Et c’est ainsi qu’à partir de photos dont je voyais à l’origine peu l’utilité, vous arrivent deux diaporamas où la corneille devient poésie. Voici le second. Réginald

Corneille, ma noire Corneille qui me saoules Opaque et envoûtante Venue pour posséder ta

Corneille, ma noire Corneille qui me saoules Opaque et envoûtante Venue pour posséder ta saison et ta descendance Déjà l’été goûte un soleil de mûres Déjà tu conjoins en ton vol la terre et l’espace Corneille ma moire Corneille, ma noire Jusqu’en ma moelle Au plus bas de l’air de même qu’en sa hauteur Et dans le profond des champs et des clôtures S’éveille dans ton appel l’intimité prochaine Du grand corps brûlant de juillet Corneille, ma noire Jusqu’en ma moelle Parmi l’avril friselis Tu me fais prendre la femme que j’aime Du même croassement rauque et souverain Dans l’immémoriale et la réciproque Secousse de nos corps Corneille ma noire Avec l’alcool des chaleurs nouvelles La peau s’écarquille et tu me rends bric-à-brac Bric-à-brac sur mon air sauvage et fou braque Dans tous les coins et recoins de moi-même J’ai mille animaux et plantes par la tête Mon sang dans l’air remue comme une haleine Corneille, ma noire Jusqu’en ma moelle Parmi l’avril friselis Gaston Miron (1928 -1996)

Pour écouter la pièce musicale jusqu’à la fin, ne pas cliquer Poème Gaston Miron,

Pour écouter la pièce musicale jusqu’à la fin, ne pas cliquer Poème Gaston Miron, «La corneille» «L’homme rapaillé» , (1970) Musique Gilles Bélanger Interprétation Michel Faubert Documentation Wikipédia Photographies R. Day Conception R. Day Janvier 2013 Mes diaporamas sont hébergés sur le site : http: //www. imagileonation. com/